Michel Dufrénoy avait suivi la foule ; simple goutte d’eau de ce fleuve que la rupture de ses barrages changeait en torrent. Son animation se calmait. Le champion de la poésie latine devenait un jeune homme timide au milieu de cette cohue joyeuse ; il se sentait seul, étranger, et comme isolé dans le vide. Où ses condisciples s’avançaient d’un pas rapide, il allait lentement, avec hésitation, plus orphelin encore dans cette réunion de parents satisfaits ; il paraissait regretter son travail, son collège, son professeur. Sans père ni mère, il lui fallait rentrer dans une famille qui ne pouvait le comprendre, assuré d’être mal reçu avec son prix de vers latins.
« Enfin, se dit-il, du courage ! Je supporterai stoïquement leur mauvaise humeur ! Mon oncle est un homme positif, ma tante une femme pratique, mon cousin un garçon spéculatif. Mes idées et moi, nous serons mal vus au logis, mais