Nous en sommes venus à croire qu’une Puissance supérieure à nous-mêmes pouvait nous rendre la raison.
Le principe spirituel fondamental introduit dans la Deuxième Étape, lequel suggère qu’il existe une Puissance supérieure à nous-mêmes, offre l’espoir de recouvrer la raison, que nous vivions ou non au contact de l’alcoolisme en phase active. La Deuxième Étape réaffirme que nous sommes peut-être impuissants, mais que nous ne sommes pas sans ressource et que nous ne sommes pas seuls. Pour nombre d’entre nous, l’idée d’une Puissance supérieure à nous-mêmes est difficile à comprendre. Certains croient au début que nous parlons d’une entité religieuse. Ce n’est pas le cas. Nous parlons d’une Puissance aimante, tendre et compatissante Qui nous guide et nous aide à faire face aux conséquences de la maladie de l’alcoolisme.
En réfléchissant à la Deuxième Étape, il est souvent utile de nous rappeler que « nous en sommes venus à croire » est écrit au passé. Comme toutes les Étapes, la Deuxième Étape nous parle de l’expérience de ceux qui nous ont précédés et nous démontre qu’avec le temps, nous pouvons trouver les réponses à nos propres dilemmes. Peu d’entre nous avons assisté à notre première réunion avec la ferme conviction qu’il y avait une Puissance supérieure à nous-mêmes pouvant améliorer notre vie. S’il en était ainsi, pourquoi étions-nous si malheureux et si confus ? Cette croyance se développe à mesure que notre esprit s’ouvre suffisamment pour considérer qu’une ressource spirituelle pourrait nous aider à résoudre nos problèmes. Nous écoutons les autres parler de leur expérience et nous voulons ce qu’ils ont : la paix, la sérénité, le bonheur, la foi et la joie. Plusieurs membres, bien que remplis de doutes, sont prêts à explorer d’autres possibilités. La volonté d’écouter et de considérer une alternative que d’autres ont essayée — même une Puissance Supérieure — est la clé de la Deuxième Étape.
Avec la Deuxième Étape et le soutien d’une fraternité aimante, nous apprenons graduellement à reconnaître et à accepter notre part de responsabilité dans le mal familial de l’alcoolisme. L’amour et l’acceptation que nous trouvons dans Al-Anon nous aident à apprendre à nous aimer et à nous accepter avec toutes nos imperfections.
L’acceptation de la Deuxième Étape est essentielle pour mettre en pratique les autres Étapes d’Al-Anon. Trébucher sur la Deuxième Étape et passer aux autres indique un manque d’acceptation de la Première Étape. Plusieurs membres éprouvent de la difficulté lorsqu’ils commencent à travailler cette Étape en vue de leur rétablissement personnel. Assister aux réunions n’est qu’un début; en plus de notre groupe, nous avons besoin d’être guidés par un parrain ou une marraine. La sagesse des membres qui nous ont précédés dans l’étude et la pratique de ces Étapes est essentielle pour comprendre pleinement les réponses et les directives de nature spirituelle dont nous allons faire l’expérience. Avoir confiance en notre groupe et en notre parrain ou marraine est vraiment un tremplin pour accepter une Puissance supérieure à nous-mêmes.
Pour ceux qui croient en Dieu au moment de leur adhésion à Al-Anon, la Deuxième Étape est peut-être une idée à laquelle ils souscrivent volontiers; nous tourner vers un Dieu connu afin d’obtenir de l’aide pour résoudre nos problèmes sera rassurant et facile à comprendre. D’autres parmi nous ont peut-être développé une crainte de Dieu et ont de la difficulté à se voir demander l’aide d’un Dieu Qui punit.
Quelques-uns parmi nous rejettent la religion sous toutes ses formes et se qualifient d’agnostiques ou d’athées. Il est important de nous faire dire que nous sommes tous les bienvenus dans Al-Anon, que nous pratiquions une religion en particulier ou que nous n’en pratiquions aucune. Cependant, en abordant la Deuxième Étape, nous avons peut-être le sentiment qu’une idéologie de groupe apparaîtra et que nous serons forcés de nous y conformer ou de partir. Au contraire, les membres du groupe nous incitent à définir notre propre perception d’une Puissance Supérieure et nous en venons à croire qu’une telle Puissance pourrait exister et nous venir en aide.
En commençant à comprendre la Deuxième Étape, nous apprenons que nous avons le choix. Si nous faisions un sondage auprès des membres de n’importe quel groupe Al-Anon au monde, chacun répondrait différemment avec sa propre définition d’une Puissance Supérieure. Si nous repoussons l’idée de « Dieu » comme notre Puissance Supérieure, nous pouvons commencer en pensant au groupe comme à une puissance supérieure à nous-mêmes. Dans le groupe, nous rencontrons des gens comme nous, qui affrontent nombre de problèmes similaires aux nôtres et qui trouvent des solutions innovatrices auxquelles nous n’avions pas pensé, ou qui adoptent des attitudes qui, dans des situations semblables, rendent leur vie plus tolérable. Nous estimons que plusieurs têtes valent mieux qu’une et nous mettons à profit la sagesse collective du groupe.
Si nous sommes aux prises avec tout concept d’une Puissance Supérieure, nous pouvons commencer à agir « comme si ». En réfléchissant aux périodes plus sereines ou plus paisibles de notre vie, nous commençons à apprécier le moment présent. Le slogan « un jour à la fois » prend un sens nouveau alors que nous nous engageons à lire chaque jour une page des livresAl-Anon un jour à la fois, Alateen — un jour à la fois ouLe Courage de changer. Guidés par notre parrain ou notre marraine, ou par le groupe, nous commençons à prier ou à méditer, même si nous n’avons pas une idée précise de l’entité à laquelle nous adressons nos prières. Nous commençons à agir non seulement comme si nous croyions en une Puissance Supérieure, mais aussi comme si nous étions aimés et soutenus. Certains membres disent qu’autrefois, ils craignaient le Dieu en Lequel ils croyaient et que maintenant, ils parlent à un Dieu d’amour. La Prière de Sérénité, souvent récitée au cours des réunions, est une prière universelle qui aide de nombreux membres à établir des rapports avec Dieu tel qu’ils Le conçoivent.
La Prière de Sérénité
Mon Dieu, donnez-moi la sérénité
d’accepter les choses que je ne puis changer,
le courage de changer les choses que je peux
et la sagesse d’en connaître la différence.
Quelles que soient notre foi ou nos croyances, quelle que soit notre définition de Dieu ou d’une Puissance Supérieure, nous commençons à désirer l’amélioration de notre santé mentale. Ainsi motivés, nous aspirons à une Puissance supérieure à nous-mêmes pour nous aider dans notre cheminement. Au cours de la Première Étape, nous avons appris que nous n’avions pas causé la maladie de l’alcoolisme, que nous ne pouvions ni la contrôler ni en arrêter le cours. La Deuxième Étape nous offre une option : la santé mentale. En gardant à l’esprit cette nouvelle perspective, nous commençons vraiment à connaître cet espoir dont tant de membres parlent.
La santé mentale peut être définie de bien des manières. Certains disent qu’ils n’achètent plus d’alcool pour l’alcoolique. D’autres nous font part qu’ils s’éclipsent durant les situations orageuses. Quelques-uns affirment qu’ils désamorcent les disputes en disant simplement : « Tu as peut-être raison. » Prendre un bain moussant ou s’octroyer une journée de ski peut offrir une nouvelle perspective de la situation. Graduellement et avec reconnaissance, nous développons une foi en une Puissance Supérieure. Nous commençons à reconnaître que notre ancien comportement, s’il réapparaît, ne durera pas nécessairement aussi longtemps qu’auparavant.
Existe-t-il un lien entre la foi et une Puissance Supérieure ? La foi fait partie de notre vie de tous les jours. Lorsque nous nous levons le matin, nous croyons que la lumière du jour brillera quand nous ouvrirons les rideaux. Lorsque nous quittons la maison le matin, nous croyons que le moteur de la voiture démarrera, que les autres conducteurs resteront de leur côté de la route et que...