1 Mort sur le terrain de pétanque
Tod auf dem Bouleplatz
Nîmes. Huit heures du matin. Le soleil brille fort sur la
place »La Boule des Oliviers«
Nîmes. Acht Uhr morgens. Die Sonne scheint aus voller
Kraft auf den Bouleplatz »La Boule des Oliviers«.
C’est là où les habitants lancent leurs boules comme si
leur vie en dépendait. Et en fait, c’est encore vrai
aujourd’hui.
Dort werfen die Einheimischen ihre Boulekugeln, als
würde ihr Leben davon abhängen. Und in der Tat stimmt
das heute sogar.
Le commissaire Alain Lambert observe le corps étendu
entre deux boules de pétanque.
Kommissar Alain Lambert betrachtet den leblosen
Körper, der ausgestreckt zwischen zwei Boulekugeln
liegt.
»Des espadrilles«, murmure Lambert en tapotant avec
son pied la chaussure légère de la victime.
»Espadrilles«, murmelt Lambert, indem er mit dem Fuß
einen der leichten Sommerschuhe des Opfers antippt.
»Seul un Parisien porterait ça pour jouer à la
pétanque.«
»Nur ein»Pariser würde sowas zum Boulespielen
tragen.«
»Ou un mort«, répond sèchement la capitaine Lucie
Morel en lui tendant une tasse de café.
»Oder ein Toter«, erwidert Capitaine Lucie Morel
trocken, wobei sie ihm einen Becher mit Kaffee reicht.
»Il s’appelle Paul Delmas. Il a cinquante-huit ans. Il est
retraité, il a récemment emménagé. Avant-hier, il s’est
disputé avec la moitié du groupe de pétanque. On dit
qu’il trichait.«
»Er heißt Paul Delmas. Er ist 58 Jahre alt. Er ist Rentner
und neu zugezogen. Er hat sich vorgestern mit der halben
Boulegruppe gestritten. Man sagt, er habe gemogelt.«
»Tricher? À la pétanque?«, demande Lambert.
»Comment ça va marcher?«
»Mogeln? Beim Boulspiel?«, fragt Lambert. »Wie soll das
denn gehen?«
»Il utilisait une boule magnétique. Il avait une
télécommande dans sa poche.«
»Er hat eine magnetische Kugel benutzt. Er hatte eine
Fernbedienung in seiner Hosentasche.«
Lambert siffle entre ses dents. »C’est presque
admirable. Et hier, ils l’ont tué à coups de boule?«
Lambert pfeift durch die Zähne. »Das ist fast
bewundernswert. Und gestern haben sie ihn dann
totgekugelt?«
Lucie montre le front de la victime. »Fracture du crâne.
On dirait que quelqu’un lui a lancé une boule
directement à la tête. Très fort.«
Lucie deutet auf die Stirn des Opfers. »Schädelbruch. Es
sieht so aus, als hätte ihm jemand eine Kugel direkt an
den Kopf geworfen. Sehr fest.«
»Voilà qui est très français.«
»Das ist sehr französisch.«
À l’ombre des platanes, se réunit le groupe de joueurs:
huit retraités en polos rayés, chacun avec ses propres
boules, qu’ils traitent comme des petits enfants.
Im Schatten der Platanen versammelt sich die
Boulegruppe: acht Rentner in gestreiften Polohemden,
jeder mit seinen eigenen Kugeln, die sie behandeln wie
Babys.
Lambert croise les bras. »Bien. Qui parmi vous voulait
sauter à la gorge de Monsieur Delmas?«
Lambert verschränkt die Arme. »Gut, wer von Ihnen
wollte Monsieur Delmas an die Gurgel?«
Madame Claudine, une dame aux cheveux roses et une
cigarette au coin de la bouche, crie: »Il a sali notre jeu.
Avec sa technologie!«
Madame Claudine, eine Dame mit rosa Haar und
Zigarette im Mundwinkel, schreit: »Er hat unser Spiel
beschmutzt. Mit seiner Technologie!«
Un gros homme avec un béret lève la main. »C’est pas
moi. J’étais avec ma femme. Elle a de l’arthrose. Je dois
la frotter tous les matins.«
Ein dicker Mann mit Baskenmütze hebt die Hand. »Ich
war’s nicht. Ich war bei meiner Frau. Sie hat Arthrose. Ich
muss sie jeden Morgen einreiben.«
»S’il vous plaît, pas plus de détails«, dit Lucie,
grimaçante.
»Bitte keine weiteren Details«, sagt Lucie, indem sie ihr
Gesicht verzieht.
Un autre murmure: »Je l’ai vu. Henri a visé. Je le jure!«
Ein anderer murmelt: »Ich hab’s gesehen. Henri hat
gezielt. Ich schwör’s!«
»Moi? Tu es malade? Je porte des lunettes à quatre
dioptries! Je distingue à peine le cochonnet!«
»Ich? Spinnst du! Ich trag eine Brille mit 4 Dioptrien! Ich
kann kaum das Cochonnet erkennen.«
Lambert intervient: »Très bien. Vous avez tous un motif.
Et l’alibi d’Armand-l’Arthrose est aussi troué qu’un
gruyère.«
Lambert unterbricht: »Gut, gut. Also: Sie haben alle ein
Motiv. Und das Alibi von Arthrose-Armand ist so löchrig
wie Schweizer Käse.«
De retour sur la scène du crime, Lucie inspecte les
boules. L’une d’elles est posée à l’écart, elle brille plus
que les autres.
Zurück am Tatort inspiziert Lucie die Kugeln. Eine liegt
abseits, sie glänzt mehr als die anderen.
»Celle-ci… Ce n’est pas…?« Elle la soulève, un petit clac
métallique se fait entendre.
»Die hier... ist das nicht...?« Sie hebt sie auf. Man hört ein
kleines Klackgeräusch.
»C’est encore une boule magnétique. Mais cette fois, ce
n’est pas la boule de Delmas.«
» Das ist wieder eine Magnetkugel. Aber diesmal ist es
nicht die Kugel von Delmas.«
»Quelqu’un a fabriqué sa propre boule?«, demande
Lambert.
»Jemand hat seine eigene Kugel hergestellt?«, fragt
Lambert.
»Ou quelqu’un a utilisé sa boule pour le battre avec ses
propres armes.«
»Oder jemand hat seine Kugel benutzt, um ihn mit seinen
eigenen Waffen zu schlagen.«
Lambert sourit. »Une enquête sans internet, IA et ADN.
Comme dans le bon vieux temps.«
Lambert lächelt. »Eine Ermittlung ganz ohne Internet, KI
und DNA. Wie in der guten alten Zeit.«
Lucie lève la boule à la lumière. Une gravure apparaît:
»Claudine«.
Lucie hebt die Kugel gegen das Licht. Es erscheint eine
Gravur: »Claudine«.
»Elle a dit qu’elle le méprisait«, se rappelle Lambert.
»Sie sagte, sie habe ihn verachtet«, erinnert sich
Lambert.
»Elle a dit aussi qu’elle ne visait jamais juste. Peut-être
qu’elle s’est trompée.«
»Sie sagte auch, sie würde nie genau zielen. Vielleicht hat
sie sich geirrt.«
Claudine est assise au commissariat, les bras croisés.
Lambert lui tend une tasse de café. »Désolé, on n’a pas
de pastis.«
Claudine sitzt mit verschränkten Armen im Kommissariat.
Lambert reicht ihr eine Tasse Kaffee. »Es tut mir leid. Wir
haben keinen Pastis.«
Elle hausse les épaules. »Je ne l’ai pas tué. Je lui ai juste
donné un petit coup.
Sie zuckt mit den Schultern. »Ich hab ihn nicht
umgebracht. Ich hab ihm nur einen leichten Schlag
versetzt.
Il m’a traité de vieille sorcière cancéreuse parce que
j’avais critiqué sa boule truquée.«
Er hat michalte krebskranke Hexe genannt, weil ich seine
gezinkte Kugel kritisiert habe.«
»Et ensuite?«
»Und dann?«
»Il est tombé. J’ai cru qu’il faisait du théâtre. Il exagérait
toujours tout.«
»Er ist umgefallen. Ich dachte, er spielt Theater. Er
übertrieb immer alles.«
Lucie entre.
Lucie kommt herein.
»La médecine légale dit: Il a eu une crise cardiaque. La
fracture du crâne est venue de la chute. Il s’est
probablement tellement énervé après le coup que son
coeur s’est...