: Damien Dubois-Siobud
: Lila, Linou et Nous
: Books on Demand
: 9782322527816
: 1
: CHF 5.20
:
: Kinderbücher bis 11 Jahre
: French
: 100
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
Après un parcours professionnel trop riche en déracinements de contrées du Grand Ouest de la France et de la proche Europe, l'auteur décrit l'univers changeant d'une chatte d'environ huit mois qu'il faudra apprivoiser. Sauvée d'un monde noir, elle a vécu des nuits isolées en campagne, loin des caresses. Son adoption en donnera le ton et la musique. Damien Dubois-Siobud mélange et confond le monde animal et le monde humain et retrace une partie renaissante ou douloureuse de sa propre vie, rythmée par les réconforts de ces animaux qui remplacent l'enfant qu'il n'a pas. Linou et Lila donnent toute la chaleur à cet univers confortable des chats et d'une sale de séjour à l'approche de l'hiver. Le monde du jouet, du commerce tel qu'il aurait pu être, du sentiment, de l'empathie et de la conviction s'assimilent sans faire dans le suspense, mais dans la poésie. Agrémenté d'humour comme d'observations, les personnages se côtoient et se frôlent comme cela se déroule au sein de ce foyer sans tumulte. Damien Dubois-Siobud a voulu rédiger un texte à l'image de sa santé, mûrie comme les gens authentiques de son département de naissance. Sa fin en soi est de faire que ce livre vous apprivoise pour toucher du doigt le doux poil du chat.

Par le premier roman"Linou, Lila et nous" remanié en"Lila, Linou et Nous", l'auteur, Damien Dubois, alias Damien DUBOIS-SIOBUD, veut investir un nouveau nom, nouveau point de départ des récits à vennir. Il sait que son budget et sa santé pauvres n'enlèvent rien à la richesse de son vécu, dont il fait profiter ses lecteurs au fil de ses fictions et de ses témoignages. Pour lui,"les histoires de la vie, si elles sont bien racontées, sont à elles seules des romans". C'est pourquoi il jongle entre humour, légèreté et sincérité pour nous livrer à vif des épisodes de sa vie.

Chapitre II


Les gens de base
aussi importants que les autres

Deux amis Facebook

J‘ai rencontré deux amis sur Facebook. Il y a peu nous discutions à propos d‘une image et les échanges ont été riches :

« Gilles, toi qui as peut-être été vacciné et peut avoir souffert des conséquences (sclérose en plaques, surmenage et fragilité, notamment hypersensibilité et sensibilité auxlumens…) tu as vu ce titre d‘affiche :"Pas destress, pas de bombe, pas de sans-abri, pas de crime ni prison, pas de malbouffe, pas de dette externe, pas de pollution, pas de pauvreté… et certaines personnes osent appeler ces peuples… des sauvages !" Tu sais, Gilles, j‘ai lu que la France, avec EDF, construit des barrages en Amazonie pour fournir de l‘énergie électrique du Brésil, je suppose. Ça me fait peur, nous sommes comme des prédateurs sur ces peuples d‘Amazonie. J‘ai parfois honte de nous. Rassure-toi, pas de toi !

Là, je pense, d‘après l‘image, que c‘est en Afrique, mais de la même manière, nous n‘avons rien à y faire. Un ami africain, Agrius, parle de"transferts" comme si nos échanges de savoirs étaient des passages obligés. Amitiés à tous les deux.

Agrius Messi Ambomo : Oui, en quelque sorte, Amusant musée, tout lien de communication comporte consciemment et inconsciemment l‘acte de transfert interactif.

Gilles Salomon : Ils vont encore détruire des forêts...

Amusant musée : Oui, hélas, Gilles, et les gens qui en vivaient. En fait, leur habitat, ce qui veut dire pour nous que ce serait maison et travail (et moyen de transport, car un jour viendra où il leur en faudra un, et là, ils s‘en passent). C‘est tout ce qui faisait l‘harmonie de leur vie, si c‘est ce que tu veux dire, car quand on leur fait du mal, on se fait du mal à nous-mêmes. Ce sont d‘abord leurs forêts, avant d‘être les poumons de la Terre. Nous"consommons" beaucoup trop de forêts, avons des terres en jachère, c‘est bien, mais peu de forêts renaissantes (je trouve, ou du moins, je n‘en vois que peu la couleur). À l‘époque du développement durable, nous ne le faisons ni chez nous ni chez les autres. Nous ne sommes vraiment pas un modèle en Occident… Et tout le monde se fait avoir par les lumières de nos villes, qui fascinent, mais consomment, consument... les forêts.

Je veux d‘ailleurs figer cet échange, car c‘est trop grave. Même à l‘instant, je consume sur l‘ordinateur, ça me paraît une évidence, même si cela chauffe ma maison en automne.

Amusant musée : Tu sais, nous avons adopté une chatte de huit mois qui couchait dehors. J‘ai le sentiment que pour elle, nous sommes des sauvages, même après deux nuits à la maison. Ma femme, qui est impatiente, et moi craignions qu‘elle grandisse en manque de contact avec l‘Humain. Nous avons essayé de la prendre, mais l‘avons effrayée. À nous de lui laisser du temps pour venir vers nous. Il y avait un léger progrès, nous sommes allés trop vite. L‘enfant sauvage qui a été adopté est, je crois, mort jeune (d‘après le film, peut-être de François Truffaut, basé sur une histoire vraie, que j‘ai vu très jeune et qui se passe sans doute début XXe siècle ou fin XIXe). À nous de ne pas être les sauvages. Pourtant, il faut que le lave-linge tourne pour du blanc ! Nous laisserons à Linou le temps de se réhabituer à ce que cette chatte a peut-être oublié : quelques bruits d‘un foyer. »

Mais quand on veut, on peut

« Une exposition ludique présente de multiples gestes de la vie quotidienne pour économiser l‘énergie à la maison (chauffage, eau chaude, réfrigérateur, appareils électriques, cuisson…) Sur un temps d‘environ une heure, un animateur donnera des conseils pratiques ainsi que des astuces et présentera du matériel économe (mousseur, lampe, programmateur, sablier de douche…)

La section Conseil social des familles de La Flèche soutient cette opération et donne rendez-vous à ses adhérents, sympathisants, ainsi qu‘à toutes les personnes intéressées pour participer à ces échanges. »

J‘ai retenu de cette journée qu‘en moyenne, entre le foyer gros consommateur et celui économe en électricité EDF — car il y a maintenant aussi Veolia… ce qui fait qu‘EDF reste et doit rester le sage —, il y a trente-cinq pour cent de variation. Un vrai écologiste devrait ainsi économiser plus du tiers de ses dépenses en énergie. Thérèse et son mari, Maurice, qui ont invité l‘entreprise d‘électricité pour cette entrevue, comme dit le conseiller d‘EDF, sont des champions en matière d‘économie d‘énergie : congélateur A++, peut-être pas de sèche-linge donc pas besoin de condensation… Ils nettoient bien à l‘aspirateur les échangeurs de chaleur pour ne pas se couper, n‘ont pas de glace en guise de givre dans les frigos… où ils décongèlent leurs aliments plutôt qu‘au micro-ondes, trop énergivore dans cette fonction…

Le lave-vaisselle A+ est bien suffisant pour un foyer de deux personnes, comme nous, sans moyens : la fonction économie du lave-vaisselle représente dix-huit pour cent d‘eau et vingt-cinq pour cent d‘électricité en moins. Il existe des interrupteurs de veille pour, par exemple, éteindre complètement les halogènes et les LED (ou témoins de veille)… Le fer à repasser consomme moins que les plaques : les plaques de mille deux cents ou mille trois cents watts, sur une journée, ça doit en faire, des kilowattheures ! D‘où l‘intérêt de programmer une baisse de température aux heures de cuisson.

Personnellement, pour nos chats, nous passerons aux plaques à induction, qui ne les blesseront pas. La VMC nous permet de fonctionner en vase clos pour que Linou soit moins tentée de sortir, cela lui évitera de se faire opérer, et on laissera sortir Lila quand elle en aura marre de la gamine…

Nous avons déjà hérité de deux chats noirs, un vétéran, Baguera, au poil dru et qui supportait les conséquences d‘une morsure de chien au crâne, et Gentil, peut-être le grand-père de Linou, mais que nous avons dû faire piquer et enterrer dans notre petit bois avec de la chaux. Il avait le SIDA des chats et une autre maladie transmissible et heureusement, notre Lila a toujours gardé ses distances. Si jamais Linou est la petite-fille de Gentil, elle peut être une porteuse saine.

Thérèse et Maurice sont de vrais experts en matière d‘économie : ils sont restés à l‘EJP (effacement jour de pointe) et s‘ils arrêtaient, cela en serait fini de l‘économie d‘argent. Il vaut mieux comme eux, être de jeunes retraités pour pouvoir quitter son logement vingt-deux jours par an à des dates qui sont de moins en moins en plein hiver pour baisser le coût du kilowattheure à sept centimes, au lieu de dix ou onze. Je pense que quand les voyages en Allemagne ou dans le Sud s‘arrêteront, ils seront obligés de lâcher ce tarif, car ils paieront très cher ces vingt-deux jours, autrement. À leur place, je n‘abandonnerais pas l‘EJP, quitte à vivre les vingt-deux jours dans un hôtel quelconque.

Pour continuer mon activité, la prochaine fois que je changerai, je passerai à un écran plasma, c‘est plus économique en électricité, surtout que le serveur de Didier, gérant de mes sites, est déjà très gros consommateur d‘énergie.

Mieux vaut se concentrer sur nos chats : au moins, eux, ils réchauffent la maison et nos cœurs… Ils sont bons pour notre sécurité aussi, car ils nous préviennent, avec les mouvements d‘air ou à l‘œil, du moindre aléa qui survient. D‘ailleurs, quand Baguera et Gentil voulaient sortir, l‘un faisait comprendre à l‘autre qu‘il était censé rester. Comme dit une amie de Christiane, madame Le Maître, « c‘est qui, le maître, ici ?! »

Je repense cependant à nos deux chats noirs venus de leur propre chef, Gentil, mangeant la crème fraîche à la cuillère avec Christiane et qui a, au dernier moment, senti la mort venir, et Baguera, qui a dû se faire croquer par le...