: Marie-Paule Blaudin de Thé
: Des sociétés secrètes aux associations modernes La femme dans la dynamique de la société béti (1887-1966)
: Books on Demand
: 9782322667376
: 1
: CHF 8.80
:
: Soziologie
: French
: 204
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
Au coeur du Cameroun, les sociétés secrètes et associations féminines béti ont joué un rôle essentiel dans l'évolution sociale et politique de leur communauté. Trop souvent invisibilisées, ces organisations ont pourtant su s'adapter aux bouleversements de l'histoire, de la colonisation à l'indépendance, en réinventant sans cesse leurs modes d'action et leur place dans la société. Issu d'une enquête de terrain exceptionnelle menée entre 1962 et 1966, ce livre donne la parole aux femmes elles-mêmes. A travers les témoignages de 311 femmes, rurales et urbaines, il dévoile leurs stratégies de résistance, leurs aspirations et leur participation active aux dynamiques de changement. Fondée sur la thèse de doctorat de Marie-Paule Blaudin de The, cette étude ethnologique inédite est un document rare, a la croisée de l'histoire et de l'anthropologie. Fidèle au langage et aux cadres d'analyse de son époque, elle constitue un témoignage précieux sur la condition féminine et les mutations culturelles en Afrique entre 1887 et 1966. Un ouvrage essentiel pour quiconque s'intéresse aux sociétés africaines, aux luttes des femmes et aux processus de transformation sociale.

Marie-Paule Blaudin de Thé est née en 1927 à Marseille, où elle effectue ses études secondaires. Licenciée en sociologie à l'Institut catholique de Paris, elle poursuit une maitrise puis un doctorat a la Sorbonne - EPHE, consacrés à la dynamique de la société féminine béti (1887-1966). Pour ses recherches de terrain, elle séjourne à deux reprises au Cameroun, grâce à des subventions qu'elle obtient elle-même. Sa thèse, soutenue en 1970, constitue une contribution pionnière à l'anthropologie du genre en Afrique centrale.

CHAPITRE II
1921-1943
SI YOO, VIVRE LIBRE


«Mon père arriva alors, accusa les frères du feu mari qui se sauvèrent… Il m’emmena directement chez un autre homme (j’avais six à sept ans) dont il avait reçu en dot 3 000 barres de fer, 700 francs, 5 chèvres et 1 porc. C’était le chef Ze Menduga (Mvélé nord).

Je me suis débattue. Mais mon père m’a forcée parce que