: Anne-Marie Chartier
: États religieux plutôt qu'États-nations : Choix de l'Occident pour l'Orient et le Moyen-Orient à partir de la Grande Guerre Exemples : Turquie, Inde-Pakistan, Israël
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: 9782322659104
: 2
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: Allgemeines, Lexika
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: 194
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En donnant une grande place à la Turquie dans les ultimes négociations, le traité de Lausanne de 1923 prépara puis promut une nouvelle sorte d'État qu'on appellera « État ethnoreligieux » ou « religieux » (théocratie triomphante) dont le grand concepteur fut la Turquie. Son contenu, porté par un panislamisme devenu arme de guerre, ressurgira en Inde. C'est ainsi que la Grande-Bretagne favorisera dans son empire colonial en Inde, l'idéologie selon laquelle les Indiens musulmans ne pouvaient continuer à vivre avec les Indiens hindous, d'où la partition de 1947 et la création de l'État religieux du Pakistan avec échanges sanglants de populations. Par suite la Grande-Bretagne favorisera en Palestine, l'idéologie selon laquelle les Arabes musulmans ne pouvaient commencer à cohabiter sérieusement avec les Européens juifs émigrés. Ceux-ci ne pouvant, in fine, vivre que dans un État imaginé par les sionistes, c'est-à-dire l'État des Hébreux, autre sorte d'État religieux, en prenant la place des populations autochtones (cf. les Écritures, le Deutéronome). Dans cet État, l'État d'Israël, l'état civil appartient aux Rabbins depuis 1947. Dans sa déclaration d'indépendance de 1948, il créa une culture d'une portée à la fois nationale et universelle et « fit don de la Bible au monde entier ». Marx, précurseur moderne de la laïcité, avait expliqué en son temps que les Juifs ne pourraient compter sur un État juif pour s'émanciper, « on ne peut s'émanciper qu'en s'émancipant de la religion d'État » (Marx : La question juive, p 21). Les Juifs ne sauraient donc échapper aux discriminations en revendiquant un État qui les enfermerait dans une religion d'État.

Anne-Marie Chartier : maître de conférences en sciences économiques à Grenoble, à la retraite.

Chapitre I


Les peuples de l’Empire ottoman en grande méfiance vis-à-vis des puissances européennes à la veille de la Première Guerre mondiale.


L’Empire ottoman à la veille de la Première Guerre mondiale comprenait l’Irak et la Syrie (provinces arabes dont la Palestine et la Transjordanie), la Turquie (dont l’Arménie), les provinces arabes de l’Arabie (le sultan est considéré comme le gardien de