: G. K. Chesterton
: Le Retour de Don Quichotte Une satire brillante explorant l'idéalisme chevaleresque dans la société moderne
: Books on Demand
: 9782322496808
: 1
: CHF 8.00
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: Erzählende Literatur
: French
: 282
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
"Le Retour de Don Quichotte" de G. K. Chesterton est un roman satirique qui revisite le célèbre personnage de Cervantès dans un contexte moderne. Ce livre, publié en 1927, se distingue par son humour incisif et sa critique sociale, caractéristiques du style de Chesterton. L'histoire commence avec Michael Herne, un bibliothécaire passionné par les livres anciens et les traditions médiévales. Lorsqu'il est invité à participer à une pièce de théâtre sur le thème du Moyen Âge, Herne prend son rôle très au sérieux, au point de commencer à vivre comme un chevalier errant. Inspiré par Don Quichotte, il décide de défendre les idéaux chevaleresques dans une société moderne qui semble les avoir oubliés. Herne, vêtu d'une armure et armé d'une lance, se lance dans une série d'aventures comiques et absurdes, cherchant à redresser les torts et à combattre les injustices qu'il perçoit autour de lui. Sa quête le mène à affronter les absurdités bureaucratiques, les injustices sociales, et les contradictions de la modernité. À travers ses exploits, Chesterton explore les thèmes de l'idéalisme, de la réalité et de la folie, tout en offrant une critique mordante de la société contemporaine. Les personnages secondaires, tels que Rosamund Severne, une jeune femme aristocratique, et Lord Eden, un noble excentrique, apportent des perspectives variées et enrichissent le récit avec leurs propres quêtes et motivations. Les interactions entre ces personnages et Herne sont sources de nombreux moments humoristiques et réfléchis. Chesterton utilise ce cadre pour poser des questions sur la nature de l'héroïsme, la valeur des traditions et la quête de sens dans un monde de plus en plus matérialiste. Le livre est riche en dialogues spirituels et en réflexions philosophiques, typiques de l'oeuvre de Chesterton. Avec son style narratif vif et son utilisation magistrale de la satire,"Le Retour de Don Quichotte" est à la fois divertissant et provocateur. Chesterton invite les lecteurs à reconsidérer leurs propres perceptions de la réalité et à réfléchir aux valeurs qui méritent d'être défendues, même dans un monde qui semble souvent cynique et désenchanté.

Gilbert Keith Chesterton (1874-1936) était un écrivain, philosophe, dramaturge, journaliste et critique littéraire anglais, largement reconnu pour son esprit incisif et sa plume prolifique. Né à Londres, Chesterton a étudié à la Slade School of Fine Art avant de se tourner vers l'écriture. Chesterton est surtout connu pour ses romans, ses essais et ses nouvelles. Parmi ses oeuvres les plus célèbres, on trouve"L'Homme qui était Jeudi" et la série de nouvelles mettant en scène le père Brown, un prêtre détective. Son style unique, caractérisé par un humour brillant, des paradoxes et une profonde réflexion philosophique, a fait de lui une figure centrale de la littérature anglaise du début du XXe siècle. En tant que critique social et littéraire, Chesterton a écrit sur une variété de sujets, allant de la théologie à la politique, en passant par l'art et la littérature. Ses essais, publiés dans des journaux et des revues, étaient appréciés pour leur clarté de pensée et leur capacité à rendre accessibles des concepts complexes. La conversion de Chesterton au catholicisme en 1922 a influencé une grande partie de son travail ultérieur, ajoutant une dimension spirituelle et théologique à ses écrits. Il a utilisé sa plume pour défendre la foi et critiquer le matérialisme et le relativisme de son époque. Outre sa carrière littéraire, Chesterton était un conférencier populaire et un débatteur public. Son charisme et son talent oratoire attiraient de larges audiences, et ses débats avec des figures contemporaines telles que George Bernard Shaw sont restés célèbres. Gilbert Keith Chesterton est décédé en 1936, mais son héritage perdure à travers ses nombreux écrits, qui continuent d'inspirer et de provoquer la réflexion. Son oeuvre reste un témoignage de son génie littéraire et de sa capacité à combiner humour, profondeur philosophique et critique sociale.

CHAPITRE PREMIER


UN TROU DANS LA DISTRIBUTION


C’était par un matin sans nuage. La grande salle de Seawood Abbey était inondée de lumière, car elle s’ouvrait par de larges baies sur la terrasse qui dominait le parc.

Murrel, surnommé « le Singe » — nul ne savait plus pourquoi — et Olive Ashley profitaient tous deux de cette clarté pour s’occuper à peindre ; mais leurs travaux ne se ressemblaient guère. Elle employait ses couleurs avec minutie, à l’imitation de ces joailliers qu’étaient les enlumineurs du Moyen-Âge. Elle professait un grand enthousiasme pour tout ce qui faisait partie d’un passé historique, dont elle avait d’ailleurs une idée assez vague. Lui, au contraire, était ouvertement moderne, et s’affairait autour de plusieurs pots remplis de couleurs très crues, avec des brosses grandes comme des balais. Il badigeonnait autour de lui de larges panneaux de lattes et de toiles, qui devaient jouer le rôle de décors dans une représentation théâtrale privée. Ni l’un ni l’autre ne savait peindre, et ils n’y prétendaient pas ; mais elle essayait tout au moins de le faire, et lui pas.

C’était une jeune fille petite et mince, aux traits délicats et réguliers ; sa robe vert foncé, d’un goût raffiné sans rien de bohème, s’appareillait aux petites difficultés de sa tâche. Quoiqu’elle fût très jeune, il y avait un rien de suranné dans ses mouvements. Dans cette pièce encombrée de papiers, de torchons, et des flamboyants fiascos de l’art de M. Murrel, sa boîte à couleurs plate, avec ses compartiments et ses menus accessoires, était placée auprès d’elle avec un soin méticuleux. Elle n’était pas de ceux auxquels s’adresse l’avis que l’on joint aux boîtes de couleurs : il n’avait jamais été nécessaire de l’adjurer de ne pas mettre le pinceau dans sa bouche.

— Ce que je veux dire, dit-elle en reprenant leur conversation, c’est que toute votre science et votre bourrage modernes