Leibniz (Gottfried Wilhelm) naquit à Leipzig le 1er juillet 1646. Il y apprit la philosophie ancienne sous le professeur Jacob Thomasius : mais, dans cette première période, il parait avoir été attiré plutôt par Descartes que par Aristote. A léna, il suivit les cours du mathématicien Erhard Weigel ; toutefois lui-même reconnaît que, jusqu’à son voyage en France, il ignorait presque entièrement les mathématiques modernes. Sans goût particulier pour les fonctions académiques, il préféra à l’enseignement une existence qui le mît en contact avec les véritables savants et les hommes d’Etat. En philosophie, il paraît s’être intéressé surtout dans sa jeunesse aux combinaisons logiques, à l’idée d’une langue universelle ; au reste, il s’occupait de droit, d’alchimie, de politique. En 1667, à Nuremberg, où il séjournait, il connut le baron von Boineburg, conseiller de l’électeur de Mayence ; il semble avoir été initié par lui à la vie publique. Il devint lui-même conseiller à la haute-cour de justice de l’Électorat, en raison sans doute de ses travaux de jurisprudence, en 1670.
En 1672, il se rendit à Paris, où il revint en 1673, après un court sé-jour à Londres, pour y demeurer jusqu’en 1676. Il était chargé d’une mission diplomatique : il avait formé le plan de détourner Louis XIV de l’Allemagne et de l’engager à conquérir l’Egypte et à écraser la Turquie ennemie de la chrétienté ; il eut