: Edmond Rostand
: Cyrano de Bergerac l'épopée romantique du plus célèbre des cadets de Gascogne, une ode à l'amour, à l'honneur et à la poésie
: Books on Demand
: 9782322495658
: 1
: CHF 3.50
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: Historische Romane und Erzählungen
: French
: 564
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
« Cyrano de Bergerac » d'Edmond Rostand est une pièce de théâtre en vers, créée en 1897, qui mêle habilement comédie, drame et romance dans le Paris du XVIIe siècle. L'oeuvre met en scène le personnage éponyme, Cyrano, un cadet de Gascogne doté d'un nez proéminent, d'un esprit vif et d'un talent inégalé pour l'escrime et la poésie. Cyrano est secrètement amoureux de sa cousine, la belle et intelligente Roxane. Cependant, convaincu que son physique disgracieux le condamne à n'être jamais aimé, il n'ose pas lui déclarer sa flamme. Lorsque Roxane lui confie son attirance pour le beau mais peu éloquent Christian de Neuvillette, Cyrano décide de l'aider à conquérir le coeur de la jeune femme. S'ensuit une intrigue où Cyrano prête sa plume et son esprit à Christian, rédigeant pour lui des lettres d'amour passionnées et lui soufflant des mots tendres sous le balcon de Roxane. Cette supercherie permet à Christian de séduire Roxane, qui tombe amoureuse de l'esprit qu'elle croit être le sien. La pièce culmine dans un dénouement tragique où les vérités sont révélées trop tard, laissant place à des scènes d'une grande intensité émotionnelle. Rostand explore les thèmes de l'amour impossible, du sacrifice, de l'honneur et de la beauté intérieure à travers des personnages richement développés et des dialogues en alexandrins d'une grande virtuosité. « Cyrano de Bergerac » est devenu un classique du théâtre français, célébré pour son mélange unique de panache, d'humour et de pathos, ainsi que pour son héros inoubliable, symbole de bravoure et d'intégrité.

Edmond Rostand, né le 1er avril 1868 à Marseille et décédé le 2 décembre 1918 à Paris, est un dramaturge et poète français célèbre pour avoir revitalisé le théâtre en vers à la fin du XIXe siècle. Issu d'une famille aisée et cultivée, Rostand développe très tôt un goût pour la littérature et le théâtre. Après des études de droit, il se tourne vers l'écriture et publie son premier recueil de poésie, « Les Musardises », en 1890. Sa carrière théâtrale débute véritablement avec « Les Romanesques » (1894), une comédie qui connaît un certain succès. Cependant, c'est avec « Cyrano de Bergerac » (1897) que Rostand accède à la gloire internationale. Cette pièce, acclamée dès sa première représentation, devient rapidement un classique du théâtre français. Le succès de « Cyrano » est suivi par « L'Aiglon » (1900), drame historique sur le fils de Napoléon, qui confirme le talent de Rostand. Sa dernière grande oeuvre, « Chantecler » (1910), une fable animalière ambitieuse, reçoit un accueil plus mitigé. Le style de Rostand se caractérise par un lyrisme flamboyant, un sens aigu du spectacle et une maîtrise exceptionnelle de la versification. Son théâtre, empreint d'idéalisme et de romantisme, offre un contrepoint au naturalisme dominant de son époque. Élu à l'Académie française en 1901, Rostand laisse une empreinte durable sur la littérature française. Son oeuvre, en particulier « Cyrano de Bergerac », continue d'être jouée et admirée dans le monde entier.

PREMIER ACTE


UNE REPRÉSENTATION À L’HÔTEL DE BOURGOGNE


La salle de l’Hôtel de Bourgogne, en 1640. Sorte de hangar de jeu de paume aménagé et embelli pour des représentations.

La salle est un carré long ; on la voit en biais, de sorte qu’un de ses côtés forme le fond qui part du premier plan, à droite, et va au dernier plan, à gauche, faire angle avec la scène, qu’on aperçoit en pan coupé.

Cette scène est encombrée, des deux côtés, le long des coulisses, par des banquettes. Le rideau est formé par deux tapisseries qui peuvent s’écarter. Au-dessus du manteau d’Arlequin, les armes royales. On descend de l’estrade dans la salle par de larges marches. De chaque côté de ces marches, la place des violons. Rampe de chandelles.

Deux rangs superposés de galeries latérales : le rang supérieur est divisé en loges. Pas de sièges au parterre, qui est la scène même du théâtre ; au fond de ce parterre, c’est-à-dire à droite, premier plan, quelques bancs formant gradins et, sous un escalier qui monte vers des places supérieures, et dont on ne voit que le départ, une sorte de buffet orné de petits lustres, de vases fleuris, de verres de cristal, d’assiettes de gâteaux, de flacons, etc.

Au fond, au milieu, sous la galerie de loges, l’entrée du théâtre. Grande porte qui s’entre-bâille pour laisser passer les spectateurs. Sur les battants de cette porte, ainsi que dans plusieurs coins et au-dessus du buffet, des affiches rouges sur lesquelles on lit :La Clorise.

Au lever du rideau, la salle est dans une demi-obscurité, vide encore. Les lustres sont baissés au milieu du parterre, attendant d’être allumés.

Scène première


LE PUBLIC, qui arrive peu à peu. CAVALIERS, BOURGEOIS, LAQUAIS, PAGES, TIRE-LAINE, LE PORTIER, ETC., puis LES MARQUIS, CUIGY, BRISSAILLE, LA DISTRIBUTRICE, LES VIOLONS, ETC.

(On entend derrière la porte un tumulte de voix, puis un cavalier entre brusquement.)

LE PORTIER, le poursuivant.

Holà ! vos quinze sols !

LE CAVALIER.

J’entre gratis !

LE PORTIER.

Pourquoi ?

LE CAVALIER.

Je suis chevau-léger de la maison du Roi !

LE PORTIER, à un autre cavalier qui vient d’entrer.