: Marie France Comte
: Aflio Avec illustrations
: Anépigraphe
: 9782487257115
: 1
: CHF 7.00
:
: Krimis, Thriller, Spionage
: French
: 316
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
Je m'appelle Aflio. Je crois pouvoir affirmer que je suis le seul à porter ce prénom. J'aurais dû hériter de celui de mon grand-père paternel, mais une erreur sur mon certificat de naissance a changé mon destin. Ma mère, romaine, brava sa famille catholique pour épouser l'homme de sa vie, un Sicilien, faisant fi des différences sociales... Mes parents plaçaient en moi des espoirs innombrables, mais rien ne se passa comme prévu. Je n'eus de cesse que d'essayer de me conformer à leurs attentes, ne voulant pas perdre leur affection. De Catane à Palerme, puis à Rome et au Vatican, j'ai dû affronter des épreuves. Je n'ai pas trouvé meilleur moyen que d'écrire mon histoire pour en finir avec mon calvaire, pour ma propre rédemption, peut-être...

 

Chapitre 8

Ma mère, romaine, s’appelait Sophia. Je crois que la célébrité de Sophia Loren n’était pas étrangère au choix de ce prénom. Comme si cela avait pu ajouter à sa beauté et à sa classe. Il était difficile de ne pas succomber à son charme. Ce qui accrochait le regard au premier abord, c’était sa manière très personnelle de se mouvoir. Peut-être cette façon particulière de projeter sa jambe en avant et de marquer un temps d’arrêt avant de lancer l’autre ? Elle ne marchait pas, elle ondulait avec une aisance qui frappait les observateurs. Elle n’avait suivi aucun cours de danse, n’avait jamais défilé dans quelque concours de beauté ou de mode, mais en avait naturellement adopté la posture. Le moindre vêtement porté par elle devenait d’un chic à rendre jaloux les stylistes des meilleures boutiques. Son allure bourgeoise, sa prestance naturelle auraient pu laisser croire à une femme sage et tempérée mais elle trompait son monde, chez elle rien de sage et de tempéré. Elle avait reçu une éducation stricte, dont elle essayait par certains côtés de se défaire. C’était sans doute en réaction qu’elle avait décidé d’adopter une liberté de ton, d’être dans l’excès des sentiments, de s’adonner à la vie passionnément.

Son père, dur et exigeant, ne laissait pas de place à la frivolité. Il avait étudié les règles monastiques, comme celle de saint Benoît et s’il ne s’en était tenu qu’à lui, il l’aurait mise en pratique dans sa propre famille.

Ma mère avait presque une aversion pour les repas dans son enfance si bien qu’elle s’était attachée à les rendre joyeux chez nous.

« Ce n’était pas un moment de détente, me racontait-elle, consacré aux échanges amicaux entre parents et enfants comme il se doit, mais une épreuve quotidienne. Il fallait répondre aux interrogatoires, justifier de ses résultats scolaires, réviser les règles d’une bonne éducation, s’assurer de la conformité des comportements avec l’enseignement de la religion catholique, bref, un pensum. » Pour clore le tout, quand les enfants furent en âge, (elle était la petite dernière, précédée par deux frères bien plus âgés, un accident comme on dit pudiquement) son père institua des lectures dura