: Marquis de Sade
: La Philosophie dans le boudoir Un manifeste philosophique qui défie la morale conventionnelle
: Books on Demand
: 9782322476817
: 1
: CHF 3.50
:
: Philosophie
: French
: 324
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
« La Philosophie dans le boudoir » du Marquis de Sade est une oeuvre sulfureuse qui mêle dialogues philosophiques et scènes érotiques explicites. Le récit se déroule sur une journée, dans le boudoir de Madame de Saint-Ange, où elle et son complice Dolmancé entreprennent l'éducation sexuelle et morale de la jeune et naïve Eugénie. À travers une série de discussions et d'actes libertins, les personnages exposent la philosophie libertine de Sade. Ils remettent en question les normes sociales, religieuses et morales de leur époque, prônant une liberté sexuelle totale et un rejet des conventions. Les dialogues abordent des sujets tels que l'athéisme, le crime, l'inceste et la sexualité sans tabous. Le personnage d'Eugénie évolue rapidement, passant de l'innocence à une adhésion enthousiaste aux principes libertins. Sa transformation illustre les théories de Sade sur la nature humaine et l'influence de l'éducation sur le comportement. L'ouvrage inclut également un pamphlet politique intitulé « Français, encore un effort si vous voulez être républicains », dans lequel Sade expose ses idées révolutionnaires et sa vision d'une société libérée des contraintes morales traditionnelles. « La Philosophie dans le boudoir » est une oeuvre provocatrice qui défie les conventions littéraires et morales. Sade y développe sa pensée radicale, mêlant philosophie, politique et érotisme dans un style cru et direct. Le livre explore les limites de la liberté individuelle et remet en question les fondements de la société. Cette oeuvre controversée a influencé de nombreux penseurs et artistes, et continue de susciter débats et réflexions sur la sexualité, la morale et la liberté. Elle reste un texte clé pour comprendre la pensée sadienne et son impact sur la littérature et la philosophie modernes.

Donatien Alphonse François, Marquis de Sade, né en 1740 à Paris et mort en 1814 à Charenton, est un écrivain et philosophe français controversé. Issu de la haute noblesse, il mène une vie scandaleuse qui lui vaut de passer près de 30 ans en prison ou en asile. Sade commence à écrire durant ses nombreux emprisonnements. Ses oeuvres, caractérisées par leur contenu explicitement érotique et leur philosophie libertine, incluent « Justine ou les Malheurs de la vertu » (1791), « La Philosophie dans le boudoir » (1795) et « Les 120 Journées de Sodome » (écrit en 1785, publié posthumement). Sa pensée, qualifiée de « sadienne », explore les limites de la liberté individuelle, rejette la morale conventionnelle et critique vivement les institutions sociales et religieuses. Sade développe une philosophie matérialiste et athée, prônant la recherche du plaisir comme seule loi naturelle. Emprisonné sous l'Ancien Régime, la Révolution et l'Empire, Sade passe ses dernières années à l'asile de Charenton. Son oeuvre, longtemps censurée, n'est redécouverte qu'au XXe siècle, influençant des mouvements comme le surréalisme et suscitant l'intérêt de penseurs comme Michel Foucault. Figure complexe et controversée, le Marquis de Sade reste un auteur majeur dont l'oeuvre continue de questionner les limites de la littérature, de la morale et de la liberté d'expression.

PREMIER DIALOGUE.


Madame DE SAINT-ANGE, le Chevalier DE MIRVEL.

MADAME DE SAINT-ANGE,

BON jour, mon frère, eh bien, M. Dolmancé ?

LE CHEVALIER.

Il arrivera à quatre heures précises, nous ne dînons qu’à sept, nous aurons, comme tu vois, tout le temps de jaser.

MADAME DE SAINT-ANGE.

Sais-tu, mon frère, que je me repents un peu, et de ma curiosité, et de tous les projets obscènes formés pour aujourd’hui ; en vérité, mon ami, tu es trop indulgent, plus je devrais être raisonnable, plus ma maudite tête s’irrite et devient libertine : tu me passes tout, cela ne sert qu’à me gâter... À vingt-six ans, je devrais être déjà dévote, et je ne suis encore que la plus débordée des femmes... On n’a pas d’idée de ce que je conçois, mon ami, de ce que je voudrais faire. J’imaginais qu’en m’en tenant aux femmes, cela me rendrait sage ;... que mes desirs concentrés dans mon sexe, ne s’exhaleraient plus vers le vôtre ; projets chimériques, mon ami, les plaisirs dont je voulais me priver, ne sont venus s’offrir qu’avec plus d’ardeur à mon esprit, et j’ai vu que quand on était, comme moi, née pour le libertinage, il devenait inutile de songer à s’imposer des freins, de fougueux desirs les brisent bientôt. Enfin, mon cher, je suis un animal amphibie, j’aime tout, je m’amuse de tout, je veux réunir tous les genres ; mais, avoue-le, mon frère, n’est-ce pas