: Marie-Christine Texier
: Disciole Saison 2 : Par des chemins pierreux
: Books on Demand
: 9782322512768
: Disciole
: 1
: CHF 8.80
:
: Romanhafte Biographien
: French
: 346
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
Disciole reprenait conscience, allongée sur une chaise longue, au côté d'une soeur en habit noir :" Vous allez mieux ? Dès que vous serez un peu reposée, nous vous monterons votre chambre..." Les jours passaient tranquillement, la jeune femme se sentait heureuse dans l'atmosphère paisible et fraternelle du couvent. Elle reprenait confiance en elle et en la vie. Une convocation chez la mère supérieure allait bouleverser cet équilibre..."Votre mari vous a retrouvée, il a fait des esclandres à l'accueil et menacé la soeur hôtellière, nous ne pouvons plus vous garder parmi nous." Disciole avait blêmi aux paroles de la religieuse, elle restait mutique, envahie par une sensation de vide qui s'ouvrait sous ses pieds. Qu'allait-elle devenir ?

Marie-Christine Texier née le 7 Mai 1960 à Ancenis. Après avoir mené des études de théologie et de pastorale cathéchétique à Toulouse et à Paris, elle s'engage sur plusieurs années auprès d'ONG, de communautés et de diocèses dans des pays d'Afrique, en Italie et en France. Dans une seconde étape de vie, elle se forme comme aide médico-psychologique et exerce auprès de personnes âgées. Aujourd'hui à la retraite, elle partage son temps antre activités de peinture sur porcelaine et écriture."Par des chemins pierreux" est le second roman de la série Disciole.

Au monastère


Disciole reprenait conscience, allongée sur une chaise longue, au côté d'une sœur en habit noir : « Vous allez mieux ? Vous nous avez un peu inquiétées. Respirez profondément, calmement. Dès que vous serez un peu reposée nous vous montrerons votre chambre. Ah ! Voici mère Marie-Cécile qui revient avec un bon chocolat chaud ! Tenez, prenez-le et buvez lentement, pour vous redonner des forces. Je me présente : je suis sœur Marie-Danièle, la sœur infirmière de cette communauté. C'est à moi que vous aurez à faire la plupart du temps. Et celle qui vous a apporté ce chocolat réconfortant, c'est Mère Marie-Cécile, notre abbesse ».

Disciole les fixait, en sirotant la boisson agréablement chaude et sucrée, un peu perdue, ne se souvenant pas de ce qui avait provoqué son malaise. « Vous sentez-vous un peu revigorée ? La questionna à nouveau sœur Marie-Danièle, lorsqu'elle eut fini sa tasse. Pouvez-vous marcher jusqu'à l'infirmerie ? Nous vous aiderons, rassurez-vous ». « Oui, je crois pouvoir y arriver ».

Les deux religieuses l'aidèrent à se relever et l’entraînèrent doucement vers la bâtisse qui semblait s'agrandir à chaque pas qui les rapprochait du perron. Par une grande porte double, elles firent entrer Disciole dans l'aile réservée à l'infirmerie et l’installèrent dans une chambre vaste et claire. De larges fenêtres, au sommet arrondi à la romane, laissaient pénétrer le soleil. Des rideaux blancs de dentelle finement travaillée protégeaient l’intimité du lieu alors que de larges rideaux épais de velours jaune d’or, pouvaient se déployer pour assombrir la pièce. Un lit-bateau de quatre-vingt-dix de large était entouré d’une table de chevet en bois d’un côté et d’une table de malade de l’autre, permettant d'y manger s’il n’était pas possible de se lever. Une vaste armoire en bois sculpté de motifs bucoliques permettait de ranger les affaires personnelles. Un bureau de style Empire sur lequel était posé une Bible1, offrait la possibilité de lire ou d’écrire. Un large tiroir central décoré d’une fermeture en laiton constituait le lieu idéal de dépose des papiers et courriers personnels. Disciole sourit pensant qu’elle aurait peu de lettres à ranger, mais le meuble la séduisait par son élégance. Un large et haut paravent double masquait le coin lavabo et bidet de la pièce. « Les WC sont à l’extérieur sur la gauche, dans le couloir » lui précisa sœur Marie-Danièle. « J’espère que vous vous sentirez bien en ce lieu, c’est la chambre la plus agréable du monastère. Elle est vaste et lumineuse, idéale, je pense, pour un long séjour. Reposez-vous maintenant et installez-vous à votre rythme, rien ne presse. Dans un moment, je viendrai prendre vos constantes et vous apporter une collation pour le goûter. Qu'aimeriez-vous ? Du thé, du café, du chocolat, de la tisane ou bien un jus de fruits ? » Médusée par un tel accueil, si peu habituée ces derniers temps de mariage que l’on s’occupe d’elle, la jeune femme ne savait que répondre. La religieuse lui sourit : « Nous verrons cela tout à l’heure, reposez-vous ». La supérieure n’avait presque pas parlé, mais avait fait montre d’une attention bienveillante à tout ce qui se disait. Son sourire était franc et plein de bonhomie. Disciole pensait qu’elle pourrait sûrement lui faire confiance car elle lui semblait très ferme et très chaleureuse en même temps. Elle faisait partie de ces personnes à qui l'on sait que l’on peut se fier, dès la première entrevue. S’étant allongée sur son lit, après avoir enlevé ses chaussures et tiré le grand édredon satiné rouge tirant sur le violet, la jeune femme s’endormit comme une masse. Elle n’entendit pas la sœur infirmière qui venait pour prendre sa tension. Celle-ci ne la réveilla qu'à l'heure du repas du soir, lui offrant un repos qui ne pouvait que lui faire du bien.

Disciole s’excusa de son long sommeil, la sœur éclata d’un rire léger et joyeux, lui expliquant : « Mais vous êtes là pour vous reposer et reprendre des forces, dormir est un des éléments de cette remise en forme. Vous pouvez sommeiller toute la journée si vous en avez besoin. Je viens prendre votre tension et vous proposer le menu du dîner. Si vous n’aimez pas un plat n’hésitez pas à le dire, je trouverai toujours quelque chose qui vous plaira dans le réfrigérateur. 13/8, très bien, c’est parfait. Ce soir, nous vous proposons une soupe de légumes, du hachis Parmentier, du fromage - c’est du Brie je crois - et une crème au chocolat. Qu’en dites-vous ? » « C’est parfait, vraiment. Merci beaucoup pour tout ». « De rien, après le repas, je me propose de vous aider à ranger vos affaires dans l’armoire. Vous me direz si quelque chose vous manque, je vous trouverai bien ce qu’il vous faudra ». Disciole lui sourit et se dirigea vers le bureau pour prendre son repas. Le contenu du plateau imprégnait la pièce d'une agréable odeur d’effluves bienfaisantes autant qu’apaisantes. Elle s’assit à table devant la grande fenêtre. En entrant, elle n’avait pas remarqué l'emplacement du bureau devant la vitre, ce qui permettait d’admirer un immense parc boisé à souhait, même s’il manquait de verdure à cette période de l’année. Elle dégusta un velouté de carottes crémeux et muscadé juste ce qu’il faut, tout en observant deux petits écureuils roux qui grimpaient d’un arbre à l’autre, faisant, de temps en temps, un sprint dans l’herbe entre les énormes troncs. Les chênes et les hêtres étant dénudés par le froid de l’hiver, les acrobaties des petites bêtes étaient bien visibles, dignes d’un vrai spectacle de cirque. Elle se surprit à sourire, ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps. Le hachis était goûteux, tout comme le fromage et la crème que l’on devinait maison, à sa texture souple, onctueuse et au fondant qu’elle développait en bouche. Tout était excellent et cela la changeait des menus fades de l’hôpital.

Lorsque sœur Marie-Danièle revint pour desservir le repas, elle trouva la jeune femme en train de ranger les quelques vêtements qu’elle avait récupérés grâce à sa voisine. « Quelle taille faites-vous ? » lui demanda la religieuse. A sa réponse, elle sourit : « J’ai pas mal de choses qui pourraient vous aller. Ça vous intéresse ? » « Bien sûr » lui répondit Disciole. Instinctivement, la sœur se mit à plier avec elle, pulls, tee-shirts et culottes. Les deux femmes rangèrent soigneusement l’armoire en silence, goûtant la plénitude qui émanait de cette activité aussi banale que simple. Elles n’avaient pas besoin de parler pour être sur la même longueur d’ondes. « Merci » lui dit simplement la jeune femme à la fin de la mise en place de ses vêtements dans l’armoire. « De rien » lui répondit sœur Marie-Danièle « Vous pouvez dormir tout votre saoul, il n’y a pas d’heures de lever ici. Une fois réveillée, vous sonnez et je vous apporterai le petit déjeuner. Reposez-vous bien. Demain, je chercherai un ou deux livres dans la bibliothèque pour vous distraire. Quel genre de lecture appréciez-vous ? Les romans, les récits historiques, policiers, philosophiques ? » « Un peu de tout. Je m’intéresse à beaucoup de choses ». « Très bien. Alors demain, je mettrai à votre disposition divers ouvrages et vous n’aurez plus qu’à choisir ceux qui vous conviennent. Bonne nuit ». « Merci, à vous aussi » Lorsque Disciole enfila son pyjama, elle se sentit détendue et paisible. Elle serait bien ici, entourée de sœurs charmantes et prévenantes. Ce lieu serait idéal pour faire le point et envisager l’avenir. Demain, elle demanderait à la sœur infirmière si elle connaissait un bon avocat car elle avait l'intention de lancer sa procédure de divorce.

La première semaine, Disciole sortit peu. Elle se reposait beaucoup, lisait et tricotait, sœur...