: Helder Serpa
: 120 Propositions dans la raison privative de la catégorisation du possible Série 4-3
: Books on Demand
: 9782322511617
: 1
: CHF 7.90
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: Philosophie
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: 286
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: ePUB
Métamorphoses et productivité du manque logique, étidiés selon une figure séquentielle, matérialisée par une cordelette munie de noeuds corrélatifs des différentes modalités de l'inchoativité.

Helder Serpa, se caractérise par le fait d'écire ce livre et par d'autres particularités , non pertientes.pour ce qui concerne le lecture de ce texte

47ième proposition
Génération du vide.


Un vide précurseur, exempt de spécification conditionne la spécification du vide constituant.

Le non comblement de la lacune logique spécifiée par l’acte constituant du fait de sens dure strictement autant que cet acte constituant. Or, il n’y a pas de suspension de l’acte logique constituant qui puisse consister en un fait logique. Autrement dit, un fait qui puisse exister pour quelqu’un, ce qui se traduit par « exister tout-court » dans ce domaine de l’effectuation matérielle du sens. Et « exister » désigne en cette situation une constitution effectuée, une actuation protocolaire1. Car l’accomplissement du fait logique2 consiste en la péremption agie de son inexistence, ce qui procure à cette inexistence une forme de réalité logique. De cette façon, une lacune logique en acquiert une forme de constance et de substantialité, car conditionnant la lacune instrumentale que l’acte constituant spécifie dès le début. Ce vide précurseur est par ce biais perpétuel, même si cette perpétuité requiert une actuation effective en cours. Cette circonstance protocolaire (en quelque sorte manuelle et artisanale) est la source (la positionnalité) de l’entité lacunaire, précurseur irréductible de tout autre manque instrumental toujours en voie de comblement. Sans cette inexistence irréductible le sens n’est rien.

Le précurseur irréductible que le réel logique rescinde n’a cette qualité que relativement à la spécification en cours d’un manque logique déterminé, désignable comme la lacune constituante. Mais ce manque constituant n’annule pas le manque précurseur dont la rescision produit et un manque initial et sa spécification. Cette initialité lacunaire est l’acte propre du manque précurseur. La lacune initiale est déjà (abusivement : « dès le départ ») le manque spécifique d’un fait logique en cours de constitution, et existe au fur et à mesure de son abolition pratique. Mais la lacunarité majeure, le donné initial de toute constitution ultérieure, est la forme et la condition d’existence de cette inexistence spécifique locale et instrumentale (en ce sens qu’elle existe en fonctionnant, et que ce fonctionnement accomplit sa rescision). Si la constitution d’un fait logique est la vie de la lacune qui lui correspond strictement, la lacunarité inépuisable corrélative de cette vie est la source de la lacune constituante. L’origine protocolaire consiste en la métamorphose d’un manque et la constance du manque précurseur et de tout manque et de tout accomplissement catégoriel.

À exister, un fait logique complet, terminalement constitué, ne produit pas un autre fait logique à la manière d’un précurseur qui périme en son aboutissant. Un hiatus, au sein duquel un facteur articulant naîtrait et opèrerait la jonction requise est exclusif de description non inarticulable. L’acte constituant produit et son propre manque et sa propre origine lacunaire. C’est par le biais d’une défaillance, d’une défaite, d’une incapacité à combler la requête de sa propre anticipation que sans discontinuer le travail constituant du logique reconstitue sa propre source lacunaire. Cet échec génératif est requis, et en quelque sorte l‘accès direct à une sorte de virginité logique propice aux créations conceptuelles exemptes de perturbations adventices n’est pas accessible au sujet constituant, sauf s’il n’existait pas juste avant. C’est une épreuve à revivre sous peine d’extinction du logique. Il ne s’agît pas de simple négativité fonctionnelle, indéfinie et hypostasiée, mais d’une réalisation catégorielle que son effectuation frappe d’incomplétude, de suspension, de rescision et qui de ce fait doit toujours se reconstituer. Il en résulte un état lacunaire permanent, et en permanence en cours de résolution. Il en résulte la réalité du logique.

Il en résulte également l’imminence constante d’un retour à l’ontologique, représenté par « la chose quelconque » dont l’existence supplée toutes les déterminations (le modes et accidents qui épargnent la divinité, d’après Descartes), objet quelconque ou entité divine. C’est la positionnalité de l’objet extérieur à toute détermination protocolaire. Mais même le vide initial doit être « vide de quelque chose ». Non pas d’une chose logique ayant existence effective, mais de cet objet à tout faire, non déterminé, qui matérialise l’impossible pénétration dans l’intérieur du logique de l’agent constituant. Lequel, pour exister, doit demeurer agent constituant, séparé de son produit par sa propre actuation. Même si le fait de trouver un déterminant du fait et du mode d’existence effective du sens qui ne fût pas lui-même déterminé, (même pas par les déterminations dont il est la source et le moteur), était une circonstance descriptible, son existence consisterait encore en cette rescision agie que son effectualité produit. Autrement dit, elle requerrait la constance de la cause protocolaire, comme provenant de sa propre inexistence, ou du manque que son effectuation actue et spécifie.

Le fait logique de cette façon a affaire à deux formes de vacuité logique, celle dont il est la spécification et celle qui concerne n’importe quelle effectuation matérielle de sens actuée. Autrement dit, le fait qu’il y ait une lacune déterminée, dont l’abrogation démontre et constitue la réalité, et celle qui concerne l’existence ou non d’un fait logique quelconque. La persistance de ce manque principiel répond à la non interruption de l’effectuation logique, et de la requête jamais suspendue de détermination protocolaire, en tant que condition absolue d’existence de réalité logique. Par image, l’irruption du réel logique consiste toujours en une sorte de viol et du vide qui lui correspond strictement et du vide qui correspond à la seule existence (ou non) du logique. Une sorte de fécondation de la lacune principielle qui jamais ne s’épuise ni ne faiblit. Car cette spécification d’un manque déterminé est un processus étendu, duratif, informé par une anticipation de son effet, qui ne réduit nullement la lacune principielle qui le suscite. La lacune que réfère l’assertion « il y a quelque chose » ne peut plus être une lacune ontologique, car qu’il y ait quelque chose n’existe pas sans constat quelconque, et de cette façon cela consiste déjà en un fait de nature catégorielle.

Cette durée constituante est le mode d’existence de la lacune primordiale, (non individualisable sans médiation d’une individualisation secondaire). Non pas de sa persistance automatique, mais de son nonépuisement conditionné. Sans transition directe de cet non épuisement à une sorte d’inépuisabilité intrinsèque, le non épuisement est le nonaboutissement d’un acte voué à l’épuiser par comblement catégoriel. Cet acte est requis. De cette façon l’accomplissement catégoriel a la forme d’une déception créatrice. Le terme « créatrice » est ici exempt de connotations magiques, il s’agît seulement de la non extinction de fait du logique, relativement à une extinction qui pourrait demeurer un fait logique ce dont nul sujet (logique) ne pourrait témoigner. La détermination constituante de cette façon demeure en quelque sorte vierge, aussi longtemps que des faits de sens s’effectuent. Ce qui perpétue son état de lacunarité, ou, plus sentimentalement, de « manque ».

Ce qui ne fait qu’exprimer la non successivité automatique, spontanée, directe. La médiation protocolaire est nécessaire, corrélée à une imminence permanente d’inexistence du logique. Cette imminence est encore une figure pour manifester le fait banalement indéniable qu’il n’existe pas de fait de sens qui ne soit une actuation requérant un sujet, que cette actuation constitue. Signaler un manque le comble, mais ne périme pas le manque corrélatif de la totalité de ce processus. Les mythes cosmogoniques comportant l’image d’un avant-monde, lieu vide ou chaotique de la création divine, sont calqués sur cette circonstance protocolaire, aussi indéniable que triviale. La constitution d’un fait logique ne se...