Scène 2 : La salle du trône
(Entrent le Le roi Claudius, la reine Gertrude, Hamlet, Lord Polonius, Laertes, Voltimand, Cornélius, Des seigneurs et leurs suites.)
LE ROI CLAUDIUS
Quoiqu'il demeure encore dans toutes les mémoires
Et qu'il faille pour lui garder nos mines noires,
Que pour tous ses sujets, notre bien-aimé frère
Reste en leurs coeurs blessés comme un souvenir vert,
Nature et jugement, dont la lutte fait rage,
Doivent se réunir dans un chagrin plus sage,
Pour que, sans l'oublier, nous pensions à nous-mêmes.
Dans cet Etat martial, notre alliée suprême,
Notre reine aujourd'hui fut la femme d'un frère,
Notre épouse ce jour fut notre soeur hier.
Nous l'épousons, c'est vrai, d'une joie déchirante
Le regard satisfait mais la larme pendante,
Tels les pleurs aux idylles et les rires aux ruptures
Du délice et du deuil les égales fractures ;
Tous vos sages conseils, que nous avons suivis,
S'exprimaient librement, et pour cela : merci.
Le sujet étant clos, songez que Fortinbras,
Nous tenant pour vaincus, croyant qu'il nous surpasse,
Ou que la mort du roi, dont il faisait grand cas,
Fragilise nos rangs et brise notre Etat,
Se dessine déjà d'illusoires lauriers
Nous harcèle à présent d'odieux messagers,
Exigeant sans délai qu'on lui livre les terres
Qui furent justement concédées par son père
À feu notre vaillant Hamlet. Voilà pour lui.
Revenons main