: Isabelle Desbenoit
: La Douceur de Vivre en Roannais Tome 1 livre gros caractères
: Books on Demand
: 9782322529483
: 1
: CHF 9.70
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: Hauptwerk vor 1945
: French
: 240
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
Les habitants de La Villa aux Oiseaux* rentrent à Roanne après leur Croisière sur le Queen Mary II* et leur séjour à New York (New-York, en souvenir d'Émile*) auprès de la famille d'Émile, l'ami d'enfance de Ginette. De nouvelles aventures les attendent... En août, Bob et sa famille viendront à leur tour leur rendre visite. Occasion de visiter le roannais et même un peu plus loin... Quelle sera la fin de cette belle histoire ? Émotions, péripéties, humour et visites touristiques de la région roannaise : rien ne manque dans de dernier tome double de La Villa aux Oiseaux ! (deuxième tome ISBN 9782322502998)

Isabelle DESBENOIT est romancière. Tous ses ouvrages sont disponibles en GROS CARACTÈRES : des romans, des"séries" (tous les livres peuvent être lus indépendamment), un thriller religieux, une collection"courts romans Grands Caractères" pour les adultes. Mais aussi des Livres"Aventures" pour enfants de 9 à 14 ans. Tous les livres sont disponibles en librairie et partout sur Internet ainsi qu'en e-book.

Chapitre II


UNE RENCONTRE


L’hiver était assez doux, les fêtes de Noël avaient été l’occasion de rencontres familiales. Les familles s’étaient retrouvées le vingt-quatre au soir dans chacun des appartements privatifs et le vingt-cinq tout le monde avait fêté Noël ensemble, dans la grande salle du bas, bien décorée pour la circonstance. Ginette avait passé la soirée avec la famille de Claudine et Jean-Camille et Élise avaient préféré, quant à eux, rester en amoureux ce soir-là. Élise avait bien sa nièce qui l’avait invitée à venir passer les fêtes à Saint-Étienne mais maintenant qu’elle n’était plus seule, c’était différent. Quant à Jean-Camille, il n’avait pas vraiment de relations avec le peu de famille qui lui restait. En ce qui concerne le Nouvel An, les habitants de la Villa aux Oiseaux n’avaient rien fait de particulier. Leurs enfants et petits-enfants fêtaient la nouvelle année avec leurs amis. On avait veillé ensemble tranquillement jusqu’à minuit en jouant au Scrabble, aux cartes et en bavardant tout en dégustant jus de fruits, tisanes et mignardises aux amandes ou aux fruits secs. À minuit pile, on s’était tous embrassés avec chaleur en se souhaitant la bonne année et l’on était allé se coucher un peu plus tard. En cette première semaine de l’année, Claudine et son inséparable amie Ginette discutaient toutes les deux confortablement installées dans le salon de Claudine en sirotant un thé noir parfumé au miel mille fleurs : un cadeau fait par Didier et Bénédicte à leur maman et belle-maman dont le parfum embaumait délicatement la pièce.

— Tu sais, Claudine, à la paroisse, une personne qui s’occupe de la société Saint-Vincent-de-Paul m’a parlé d’un vieux monsieur qui n’a plus de visites depuis que la bénévole qui allait le voir est partie s’installer dans le Sud chez ses enfants. Sans réfléchir, je me suis proposée pour la remplacer, que dirais-tu de venir avec moi ? Ce premier contact m’intimide un peu, je serais contente si tu m’accompagnais.

— Mais bien sûr, Ginette ! Il habite où ce monsieur ?

— En haut du faubourg Clermont, on devra prendre le car.

— Oui, en même temps ce n’est pas très loin non plus. Tu en sais plus sur lui ?

— Je sais simplement que son fils ne vient plus du tout le voir, une brouille par rapport à l’argent à ce que j’ai compris… et qu’il est bien seul car il affronte la maladie et ne peut guère sortir. Il doit être un peu plus âgé que nous, je pense.

— Quand projettes-tu de t’y rendre ?

— Dès demain, si tu veux bien.

— Pas de souci, je t’accompagne.

C’est ainsi que Claudine et Ginette firent la connaissance de Louis : resté handicapé à la suite d’un accident vasculaire cérébral, il passait sa journée dans son fauteuil sans voir personne, à part les employées qui venaient lui faire sa toilette et s’occuper des repas et du ménage quelques heures par jour. Heureusement, il avait un fidèle compagnon à quatre pattes que ses auxiliaires de vie sortaient quelques minutes deux fois par jour pour lui permettre de faire ses besoins. Évidemment, elles n’avaient pas du tout le temps de le promener et n’avaient normalement même pas le droit de le sortir. Mais aucune ne refusait de rendre ce service à Louis, il ne pouvait pas, de toute façon, sortir et il fallait bien que la pauvre bête se soulage. C’était un magnifique labrador chocolat de quatre ans. Le retraité avait pris cette chienne quand il était encore alerte et qu’il pouvait la promener, mais depuis qu’il avait fait cet AVC, l’animal restait fidèlement à ses côtés sans avoir l’air de se plaindre de ne pouvoir pratiquement pas bouger et de sortir si peu. Rien de plus facile pour faire connaissance de parler de ce toutou pour les deux nouvelles visiteuses.

— Comment s’appelle votre si beau compagnon à quatre pattes ? On dirait qu'il nous regarde avec des yeux étonnés, remarqua Ginette en caressant le chien.

— C’est Xela, c’est une chienne, elle est très intelligente et m’apporte ce dont j’ai besoin, je vais vous montrer : Télé ! Apporte ! fit le vieil homme en regardant la chienne.

Celle-ci se leva immédiatement, courut prendre la télécommande de la télévision qui se trouvait sur une table basse et revint la donner à son maître.

— Bravo ! applaudirent Claudine et Ginette, conquises. On dirait un peu un chien dressé comme ceux qui assistent les aveugles, rajouta Claudine admirative.

— Corbeille, apporte ! reprit Louis voulant faire une autre démonstration.

Xela se précipita vers une corbeille à anse où se trouvaient des fruits et saisissant l’anse dans sa gueule, elle apporta l'objet en remuant la queue. Visiblement se rendre utile l’amusait beaucoup.

— C’est mon unique compagnie, expliqua Louis, Xela est ma seule raison de vivre et je me fais beaucoup de soucis pour elle : s’il m’arrivait encore quelque chose que deviendrait-elle ? Je ne veux pas qu’elle aille à la SPA, mes auxiliaires de vie ne pourront pas la prendre, m’ont-elles dit.

— Vous allez peut-être vivre encore longtemps ? hasarda Ginette.

— Oh ! Vous savez… les médecins m’ont dit que je pouvais refaire à tout moment une autre attaque, indiqua le vieil homme résigné et inquiet.

Ginette détourna vite la conversation en demandant comment s’appelait la personne qui venait le visiter avant, tandis que Claudine proposa de faire un thé pour tout le monde. Les deux amies s’efforcèrent de dérider leur hôte en lui proposant de jouer à la crapette. Elles avaient apporté un jeu de cartes. Louis se prit au jeu et passa un bon moment, il semblait avoir complètement oublié ses inquiétudes. Après deux heures de visite, alors que l’auxiliaire de vie venait pour le repas du soir et le coucher ensuite, Ginette et Claudine laissèrent Louis, enchanté de ce premier contact avec ses deux nouvelles amies. Quant à Xela, elle les raccompagna à la porte de l’appartement en les regardant comme pour leur dire : « vous reviendrez ? »

— Tu te rends compte Ginette, comme nous avons de la chance, nous, de vivre tous ensemble ainsi ! Ce pauvre Louis m’a fait pitié, coincé dans un fauteuil à longueur de vie… Heureusement qu’il a sa chienne ! C’est fou comme les animaux peuvent nous consoler parfois. Tu te souviens que nous avions eu un border colley autrefois avec Georges mais nous avons tellement pleuré à sa mort que nous avons décidé de ne plus en reprendre, avoua Claudine alors qu’elles attendaient toutes les deux leur bus pour rentrer.

— Moi, dans mon appartement, je n’ai jamais eu d’animal de compagnie, si j’avais eu un jardin peut-être ? répondit Ginette pensive. C’est vrai que cette chienne Xela a l’air tellement gentille. Tu as vu comme elle regardait son maître, avec des yeux si doux ! Cela m’a beaucoup touchée.

Revenues à la Villa aux Oiseaux, les deux amies racontèrent leur visite à Louis et Xela. Maurice aimait beaucoup les animaux mais n’avait jamais pu en avoir à la maison car Suzanne, ayant été mordue sérieusement dans sa jeunesse par un molosse, avait une peur irrationnelle d’avoir des animaux chez elle. Il restait silencieux, ce qui n’était pas son habitude, tout en mangeant distraitement son potage de légumes. Mais lorsque Ginette et Claudine eurent fini d’expliquer leur visite et que les autres eurent posé quelques questions ou réagi, il prit la parole :

— Mais enfin, cette chienne ne sort donc maintenant de l’appartement que quelques minutes par jour ? Vous me dites qu’elle a quatre ans, elle est toute jeune et sûrement pleine de vie, cela doit lui être vraiment difficile de rester ainsi dans une maison à longueur de journée. Que pensez-vous que dirait Louis si je vous accompagnais et que pendant votre visite, j’emmenais Xela faire une vraie promenade dans le quartier ?

— Eh bien, nous pouvons le proposer à Louis effectivement, opina Claudine qui n’y avait pas songé du tout. C’est une bonne idée, oui.

— Vous y retournez quand ? questionna Maurice qui semblait déterminé et impatient.

— En fait, nous avons discuté entre nous et nous irons chacune à notre tour le mardi et le...