: John Bunyan
: Le Voyage de Christiana ou deuxième partie du Voyage du Pèlerin
: Books on Demand
: 9782322485062
: 1
: CHF 2.50
:
: Christentum
: French
: 276
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
La seconde partie du Voyage du Pèlerin, de John Bunyan, n'atteint pas à l'originalité puissante de la première, parce qu'elle la répète trop. Elle contient cependant suffisamment d'images précieuses des réalités spirituelles pour mériter de ne pas rester complètement inconnue du public français. Sans s'en rendre compte le lecteur s'attachera plus qu'il ne pense à Christiana et à sa petite troupe ; c'est avec tristesse et envie qu'il les regardera, dans le dernier chapitre, traverser le fleuve, dont l'autre rive touche à l'éternité. Pour exemple, le prédicateur Spurgeon aimait à y relever cette perle : « Là-dessus, les pèlerins observèrent les mouvements de la poule, et s'aperçurent qu'elle procédait de quatre manières différentes envers ses petits : 1. Elle les appelait d'abord par un gloussement ordinaire qui se répète fréquemment dans la journée ; 2. elle leur adressait un appel spécial ; mais cela n'avait lieu que par intervalles ; 3. elle procédait sur un ton particulièrement tendre tandis qu'ils étaient recueillis sous ses ailes ; 4. elle faisait entendre un cri d'alarme. Maintenant, continua l'Interprète, représentez-vous la conduite de votre Roi par celle de cette poule, et faites un rapprochement entre ses sujets et les poussins ; car l'un est l'emblème de l'autre. Dieu agit aussi envers les siens d'après une méthode qui lui est propre. Par son appel ordinaire, il ne leur donne rien ; par son appel spécial, il a toujours quelque chose à leur communiquer : il fait entendre aussi une douce voix à ceux qui se tiennent sous son aile, et il ne manque pas de donner le signal de l'alarme quand il voit venir l'ennemi. » Cette numérisation ThéoTeX reproduit la traduction de 1855.



III.
L’impie se moque de ceux qui cherchent le salut.
Le chrétien s’apitoie sur le sort de ceux qui périssent. – Au début de leur carrière, les pèlerins rencontrent le découragement. – Ils sont appelés à marcher par la foi.

De retour chez elle, madame Timide envoya aussitôt appeler quelques-unes de ses voisines, savoir : madameChauve-Souris, madame l’Inconsidérée, madameLégèreté et madame l’Ignorante. Elle se hâta, à leur arrivée, de les entretenir de Christiana ; c’est ainsi qu’elle commença par leur faire le récit de ce qui s’était passé : Mes chères voisines, n’ayant presque rien à faire ce matin, je suis sortie pour rendre visite à Christiana. Étant arrivée à sa porte, j’ai frappé, comme vous savez que c’est notre habitude. Sur cela, elle m’a répondu : Si vous venez au nom de Dieu, entrez. Je suis donc entrée pensant que tout allait bien ; mais quelle n’a pas été ma surprise lorsque je l’ai vue occupée à faire des préparatifs pour quitter la ville, elle, ainsi que ses enfants. Je lui ai aussitôt demandé ce que signifiaient tous ces arrangements. Elle m’a enfin répondu qu’elle se disposait à aller en pèlerinage, à l’exemple de son mari. Elle m’a parlé ensuite d’un songe qu’elle avait eu, et comment le Roi de la contrée qu’habite son mari lui avait envoyé une lettre touchante pour l’engager à s’y rendre.

– Mais que pensez-vous qu’elle veuille faire, demanda madame l’Ignorante ?

Christiana : – Oh ! pour aller, elle ira, quoi qu’il arrive, c’est là ma conviction ; car lorsque j’ai essayé de la persuader à rester chez elle, en lui faisant entrevoir les fatigues et les périls qu’elle aurait à rencontrer sur son chemin, mes arguments n’ont servi qu’à la décider davantage au départ. Elle m’a dit en tout autant de mots qu’il faut que l’amertume vienne avant la douceur, et que par ce moyen la douceur soit rendue plus douce encore.

Chauve-souris : – Faut-il que cette femme soit aveugle et insensée ! N’est-elle donc pas suffisamment avertie par les afflictions de son mari ? Pour ma part, je crois, et cela est bien visible, que s’il pouvait revenir, il chercherait volontiers à mettre sa vie à l’abri de mille dangers qu’il courut pour le néant.

Inconsidérée : – Chassez donc de la ville ces sortes de gens fantastiques … pour mon compte, je souhaite fort qu’elle et tous ses adhérents s’en aillent d’ici. Le pays en sera plus tôt débarrassé ; car si en continuant à rester dans son habitation elle venait à entretenir de tels sentiments, qui est-ce qui pourrait vivre paisiblement avec elle ? Il faudrait toujours avoir l’air inquiet, ou bien se conduire en mauvais voisins, à cause des choses dont elle aime tant à parler, mais que les personnes de bon sens ne pourront jamais supporter. Je ne suis donc pas fâchée qu’elle parte, et que quelque chose de mieux vienne prendre sa place : ce n’a jamais été pour nous un monde agréable, depuis que ces visionnaires imbéciles y sont venus.

Tenez, ajouta madame Légèreté, laissons de côté ce genre de conversation, et parlons de ce qui nous touche de plus près. J’étais hier chez madame laVolupté où nous nous sommes passablement amusées. On y goûtait toutes sortes de divertissements. En vérité, il y avait là de quoi enivrer le cœur d’une jeunesse. Car, qui auriez vous pensé trouver chez elle, si ce n’est moi et madameSensualité en compagnie de M.Libertin, de madameImpureté et de quelques autres encore ? Nous avons eu de la musique, des danses, et tout ce qui pouvait rendre la séance extrêmement agréable. Quant à la dame qui nous a si bien servis, il faut avouer que c’est une personne distinguée. Elle est généralement admirée de tous. A mon avis, elle est bien faite pour contenter son monde ; toutefois M. Libertin est bien à sa hauteur par ses manières élégantes.

 




Les voisines de Madame Timide : Chauve-souris, Inconsidérée, Légèreté et Ignorante

En attendant, Christiana était déjà entrée dans sa nouvelle voie, et Miséricorde l’avait suivie. Les enfants marchaient aussi à côté d