: Jean Claude
: Traité de la Composition d'un Sermon
: Books on Demand
: 9782322473915
: 1
: CHF 2.50
:
: Sonstiges
: French
: 374
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
Avant son exil aux Pays-Bas, suite à la révocation de l'Édit de Nantes, Jean CLAUDE, dit Monsieur Claude (ce qui évite la confusion avec un prénom), avait dicté ce traité d'homilétique, pour le bénéfice d'un de ses élèves. Il ne fut imprimé qu'en 1688, après sa mort, par son fils Issac, pasteur à La Haye. Maintes fois réédité dans sa version anglaise, il ne l'avait jamais été en français. Son utilité pour la prédication d'aujourd'hui n'est cependant pas négligeable : Claude y développe quatre voies de composition à partir d'un texte biblique : 1. par Explication, 2. par Observations, 3. par Exhortation continue, 4. par Propositions. Il qualifie les deux premières façons de prêcher de «textuaires», pour exprimer qu'elles s'attachent résolument au texte, sans s'en écarter (textuaire, et non pas textuelle, qui en français n'a pas le même sens). A l'heure d'un regain d'intérêt pour la prédication centrée sur l'Écriture, le lecteur découvrira avec intérêt, dans une orthographe modernisée, ce monument précieux de l'épopée protestante. Cette numérisation ThéoTeX reproduit en orthographe modernisée le texte de 1688.
  Notice ThéoTeX

LeTraité de la Composition d'un Sermon se trouve à la fin du Volume I desŒuvres Posthumes deMonsieur Claude, livre publié à La Haye en 1688 par IsaacClaude, fils de l'auteur. Dans la Préface, nous apprenons que MrClaude avait autrefois (c-à-d lorsqu'il était encore en France, avant la révocation de l'Édit de Nantes) dicté ce texte pour l'instruction d'une personne qui lui était chère, probablement un pasteur, dont le nom ne nous est pas révélé. Ainsi s'expliquent le caractère oral du style, nous donnant par la même occasion une indication fidèle de la manière dontClaude prêchait, et l'absence de divisions et de subdivisions, qui en général organisent un traité de cette étendue.

Unique en son genre à l'époque, l'ouvrage attire un siècle plus tard l'attention d'un pasteur anglais, RobertRobinson, qui le traduit et le fait paraître à Cambridge en 1779. CharlesSimeon, prédicateur qui a joui d'une certaine notoriété en Angleterre, le publie à son tour en 1792, mais en l'abrégeant d'un côté, et en l'augmentant de l'autre, par l'ajout d'une centaine de plans de sermons de son propre crû. L'affaire lancée, après cette typique annexion anglaise,Claude' Essay on the Composition of a Sermon, connut une série de rééditions successives au cours duxixe siècle. Et en français ? Rien… Auxviiie s. le pasteur suisse A.Chavannes en recommande la lecture, auxixe A.Vinet consacre tout un chapitre au prédicateurClaude, dans sonHistoire de la Prédication Parmi les Réformés de France, et où naturellement il analyse ce Traité, et en détaille les qualités.

Car, malgré son défaut de caractère systématique, qui ne permet pas de le comparer à des ouvrages exhaustifs comme l'Homilétique ou Théorie de la Prédication de Vinet, le discours de Claude n'est pas dépourvu d'une structure intéressante, dont les éléments peuvent toujours guider le prédicateur contemporain :

PourClaude, à partir d'un texte biblique donné, et bien choisi, l'Action dans la Chaire (c-à-d le message) peut prendre quatre formes :

  1. parler parExplication, c-à-d faire l'exégèse du passage, quand elle est nécessaire pour que le public comprenne le texte ;
  2. parler parObservations, quand le passage est fort clair, mais qu'il faut suppléer le contexte et ses implications ;
  3. parler parApplication perpétuelle, c-à-d exhorter de manière continue l'auditoire, à partir d'un texte, qui en lui-même ne nécessite pas une analyse poussée ;
  4. parler parPropositions, ou par points, c-à-d, décomposer le texte en au moins deuxidées, ouprincipes, que le prédicateur développe ensuite librement.

Ces quatre méthodes ne s'excluent pas l'une l'autre, mais peuvent être combinées en diverses proportions. Aucune d'elles, pas même la quatrième, ne correspond à ce que nous appelons une prédicationthématique, carClaude se limite à un seul texte, sans courir après toutes les références possibles pour traiter un sujet.

La prédication deClaude est-elle pour autanttextuelle ? Ce mot mis à la mode par la transcription de l'anglaistextual sermon, ne convient guère en français. En effet, uneprédication textuelle signifierait que l'on répète ve