: M.M.Jocelyne Fernandez-Vest
: Un Papé de presque Sud
: Books on Demand
: 9782322517831
: 1
: CHF 14.10
:
: Romanhafte Biographien
: French
: 358
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
Un Papé de presque Sud Roman-récit M.M.Jocelyne Fernandez-Vest Ce roman-récit au parfum de saga familiale, qui magnifie la réalisation opiniâtre de rêves de jeunesse, est aussi un hymne à l'amitié : intergénérationnelle, transculturelle, biodiverse. Le personnage principal du livre est un grand-père du Sud-Ouest de la France monté à Paris à l'âge de la retraite (années 1960) pour rejoindre Lyne, la petite-fille étudiante qu'il a élevée après défaillance de sa mère. Le roman conte l'épopée des 20 ans de vie que cette paire improbable va partager au Quartier Latin, à l'ombre du Panthéon et de la Sorbonne. Une fois surmontées les conditions miséreuses de l'implantation, ils réalisent les rêves d'une vie complice, enrichie par les missions étrangères de Lyne qui, avec le soutien résolu de son grand-père autodidacte, poursuit une carrière de linguiste au CNRS et dans les Universités. Rebelle à la domination machiste des mandarins et réfractaire aux jeux de pouvoir académiques, la jeune provinciale trouvera sa famille de coeur dans un Laboratoire du CNRS voué aux civilisations de l'oralité. Portée par l'enthousiasme et la fraternité des chercheurs de terrain, Lyne découvre un équilibre nouveau entre la culture populaire du « presque Sud » et l'attraction irrésistible des Pays du Nord - Suède, Finlande, Laponie... Devenue spécialiste des langues nordiques, elle soutient en parallèle le combat quotidien du Papé, ponctué d'anecdotes drôlatiques, contre la discrimination typiquement parisienne des français « provinciaux ». Dans une France jacobine, le rôle émancipateur des langues, de leur variété, de leur dynamique orale distincte des normes de l'écrit, est au coeur des dialogues, et fait ainsi écho à la promotion des minorités dans les démocraties nordiques. Sur fond politico-social des évènements de mai 68, pour lesquels le Papé, retenu au Quartier Latin, loin de l'exotisme du Pays same des bords de l'Arctique, se fait pour sa petite-fille chercheuse de terrain reporter en distanciel, des thèmes sociétaux traversent le roman. Exempt de toute ségrégation sexiste, le féminisme conquérant que lui a transmis ce vieil homme éduqué par les drames de son enfance et des deux guerres mondiales restera pour Lyne le symbole même d'un humanisme égalitaire éclairé.

Curriculum Vitae de MMJocelyne FernandezVest (MMJFV), née en 1947 La carrière de MMJFV a été partagée en alternance entre Universités (Maître de Conférence puis Professeure ; Langues et Littératures scandinaves, Rennes II, 1969-84 ; Linguistique Finno-Ougrienne, Paris III, 1998-2002 ; Linguistique Générale, École Pratique des Hautes Études (EPHE)-Sorbonne, 1994-2008) et Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS, Directrice de Recherche, 1989- ; fondatrice et directrice de l'Unité Mixte de Recherche, UMR OSTERLITS, Linguistique Ouralienne, Plurilinguisme, Traductologie, 1998-2002). Dans le cadre de collaborations internationales, MMJFV a enseigné et co-dirigé des recherches dans une douzaine d'Universités européennes (surtout Estonie, Finlande, Hongrie, Russie, Suède). Elle était Visiting scholar aux États-Unis, dans les Universités californiennes (Berkeley, Fresno, Santa Barbara, UCLA), plusieurs fois entre1996 et 2009. Les publications linguistiques de MMJFV comprennent 152 chapitres ou articles et 25 livres, dont Le finnois parlé par les Sames bilingues d'Utsjoki-Ohcejohka (Laponie finlandaise) Paris, SELAF, 1982 ; Les langues ouraliennes aujourd'hui. Approche linguistique et cognitive - The Uralic Languages today. A cognitive and linguistic approach, Paris, Ed. Honoré Champion, 2005; Detachments for cohesion. Toward an Information Grammar of Oral Languages, Berlin& Boston, De Gruyter Mouton (EALT 56), 2015 ; SAMI. An introduction to the language and culture, with a Sami-English-Sami lexicon, Helsinki, Finn Lectura, 2012 ; Parlons finnois. Les Finlandais, langues et cultures - Avec un lexique bilingue Finnois-Français-Finnois, Paris, L'Harmattan, 2021. Les traductions littéraires en français, à partir de l'anglais, de l'estonien, du finnois, du same du. Nord et du suédois, incluent des pièces radiophoniques et 5 ouvrages littéraires, dont (same du Nord) Nils-Aslak Valkeapää, Migrante est ma demeure (Ruoktu váimmus), 2008, trilogie poétique ; Jovnna-Ánde Vest, La berge des rennes déchus (Cáhcegáddái nohká boazobálggis), roman autobiographique ; plusieurs chapitres traduits d'écrivains finlandais connus (Bo Carpelan, Jörn Donner, Joni Skiftesvik, Edith Södergran...) dans Parlons finnois. Les Finlandais, langues et cultures, 2021.

Chapitre 2


L’adieu aux vignes


Le petit Louis court entre les rangs de vigne avec son frère Roger. Ils escaladent les rochers du sentier pentu en se bousculant; les cailloux qui pointent entre les mottes de glaise égratignent les petits pieds nus, mais les sabots de bois sont restés en bas sur le seuil de la ferme : il faut les économiser pour la terre battue des granges. Arrivés au sommet, ils s’écroulent sur l’herbe, essoufflés; éclats de rire et tapes dans le dos. Ces vignes ne sont pas à eux, et la ferme la plus proche non plus. Roger non plus d’ailleurs n’est pas le frère de Louis, enfin pas tout-à-fait, les parents les appellent “frères de lait”. Ça ne les empêche pas de chahuter, de lutter pour se plaquer au sol ni de s’esclaffer ensemble : ils ont le même âge. Pour les petits, les vendanges c’est rien que du plaisir : picorer des grappes oubliées sur pied, ou même piquer au passage les graines qui débordent des paniers. Il faut parfois donner un coup de main, mais ce sont les grandes personnes qui charroient les hottes jusqu’aux cuves. Alors perchés là-haut ils peuvent siffloter en contemplant le vallon avec ses sentiers clairsemés de coquelicots et de marguerites, et la rivière qui coule au fond. La Dordogne scintille entre les arbres, des châtaigniers surtout ; bientôt ce sera la saison du ramassage des bogues avec les autres gosses du coin pour faire des confitures et des conserves, et même en céder quelques kilos au cousin du bourg qui les expédie en ville. En été, il y a bien eu la corvée des foins, les plus jeunes ont appris à soulever les bottes à bras le corps pour aider les faucheurs à les rentrer dans la grange, mais ce sont les grands qui font les travaux de peine. Nourrir les bêtes deux fois par jour, ça oui, c’est le boulot des frères, et ils ne se font pas prier. Quand les poules caquètent sur leurs talons et se ruent sur les grains jetés à la volée, c’est plus qu’une récréation, c’est presque une fête. Et quand le cochon plonge son groin dans l’auge pendant qu’on verse, attention les yeux ! On saute en arrière pour éviter les éclaboussures, et on rit aux éclats. Pour Louis, la seule chose qui était triste, c’est quand il a entendu la Piquette, celle qui d’habitude picorait plus vite que son ombre, battr