: Joseph Tixeront
: Histoire des Dogmes dans l'Antiquité Chrétienne, Tome 2 De saint Athanase à saint Augustin
: Books on Demand
: 9782322473380
: 1
: CHF 2.70
:
: Christentum
: French
: 577
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
Arianisme, apollinarisme, donatisme, priscillianisme, le quatrième siècle a été celui des grandes hérésies trinitaires, et des âpres luttes qu'elles provoquèrent dans l'Église. Avec clarté et relative concision l'auteur nous en rapporte les péripéties dans son deuxième tome de l'histoire des dogmes. Il le termine par la théologie de saint Augustin, et par sa confrontation avec le pélagianisme. C'est alors que, par réaction, l'évêque d'Hippone développe sa conception d'une prédestination absolue des hommes au salut, idée qui sera reprise mille deux cents ans plus tard par Jean Calvin. En conséquence, Augustin n'hésite pas à damner tous les enfants morts sans baptême, puisque leur sort ne dépend nullement d'une prévision de leurs mérites ou démérites, s'ils avaient vécu. Cependant, dans certains textes, le saint docteur exprime comme un doute... ses contemporains aussi ; doute qui se traduira bientôt par l'apparition du semi-pélagianisme, doctrine qui sera examinée dans le troisième et dernier tome. Cette numérisation ThéoTeX reprend le texte de 1924.
  Avant-propos

L'objet de ce volume est de conduire l'histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne depuis saint Athanase jusqu'à la mort de saint Augustin.

La date de 430, adoptée ici comme point de coupure entre les tomes deuxième et troisième de cette étude, offrait de multiples avantages qu'il est inutile d'énumérer. Elle présente l'inconvénient de séparer de l'histoire des controverses pélagiennes celle des disputes semi-pélagiennes qui en sont la continuation et dont saint Augustin a vu les commencements. A cet inconvénient je n'ai trouvé nul remède. Admettre dans le présent volume l'histoire du semi-pélagianisme eût été le grossir démesurément. C'eût été aussi anticiper de près d'un siècle sur l'ordre chronologique auquel il y a des raisons de rester fidèle. Le plus simple est que le lecteur veuille bien considérer le futur volume — quand il l'aura entre mains — comme faisant étroitement suite à celui-ci, et prendre la peine de s'y reporter quand la chose sera nécessaire.

Les principes qui ont dirigé la composition de laThéologie anténicéenne ont aussi présidé à celle du présent ouvrage. J'ai procédé par tableaux d'ensemble, et, après avoir traité des controverses spéciales soit à l'Orient soit à l'Occident, décrit, en deux chapitres généraux, l'état des doctrines chrétiennes auive siècle, soit dans l'Église grecque, soit dans l'Église latine, en prenant pour point de départ ces doctrines elles-mêmes. Exception a été faite seulement pour les Pères syriens, isolés dans leur langue, et pour saint Augustin qu'il fallait mettre hors cadre. La table analytique des matières tiendra compte de cette disposition. Rédigée en partie double, elle permettra, pour la période qui va de 318 à 430, ou de reconstruire l'enseignement total de chaque écrivain sur les divers points de la théologie, ou de retrouver l'expression de chaque point de la doctrine dans les écrivains qui en ont traité.

Lyon, janvier 1909     
  INTRODUCTION

Avec leive siècle commence, dans l'histoire des dogmes, ce que l'on est convenu d'appeler la période des grandes controverses. L'Église cependant avait connu, avant l'arianisme, des conflits doctrinaux importants qui avaient agité sa foi: même au milieu des persécutions, nous l'avons vu, l'esprit chrétien n'est pas resté inactif. Mais ces controverses, si l'on excepte celle du gnosticisme, n'avaient pas provoqué de ces troubles profonds qui bouleversent pour longtemps une société; elles n'avaient pas occasionné de ces grandes réunions d'évêques si fréquentes depuis, et groupant au même lieu la moitié de l'Église. Empêchée par sa situation vis-à-vis de l'État et par la pénurie de ses ressources de manifester sa puissance d'enseignement dans des assemblées plénières — auxquelles d'ailleurs on ne paraît pas avoir songé, — c'est par l'autorité de son magistère quotidien, renforcée parfois de celle de conciles régionaux, que cette Église avait éliminé de son sein les erreurs qui cherchaient à s'y glisser, et tracé aux fidèles la ligne de leur croyance. Après la paix de Constantin, cet état de choses fut modifié. L'existence et la vie matérielle de la société chrétienne étant désormais assurées, le cauchemar des persécutions définitivement écarté dans l'empire, certains esprits se portèrent, chez les Grecs surtout, avec une curiosité avide à l'examen de leurs croyances religieuses, et, contin