: Charles Dickens
: Maison à louer Le Voile noir
: Books on Demand
: 9782322161812
: 1
: CHF 4.40
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: Essays, Feuilleton, Literaturkritik, Interviews
: French
: 201
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
MAISON à LOUER Miss Sarah est envoyée à Londres par son médecin, «pour se changer les idées». En face de chez elle, une maison est à louer.

Charles Dickens, né à Landport, près de Portsmouth, dans le Hampshire, comté de la côte sud de l'Angleterre, le 7 février 1812 et mort à Gad's Hill Place à Higham dans le Kent, le 9 juin 1870, est considéré comme le plus grand romancier de l'époque victorienne.

II

LE MARIAGE DE MANCHESTER


M. et mistress Openshaw arrivèrent un jour de Manchester à Londres et s’installèrent dans la « maison à louer. »

Le nouveau propriétaire était ce que l’on appelle dans le Lancashire le « placeur » des produits d’une riche compagnie manufacturière dont les directeurs voulaient étendre leurs relations commerciales et ouvrir à Londres un magasin approvisionné de leurs marchandises. M. Openshaw avait été commissionné par eux pour surveiller cette opération nouvelle, et ce changement de résidence lui avait été fort agréable. D’une part il souhaitait fort connaître Londres, où il n’avait jamais fait qu’une courte apparition, et de l’autre il désirait savoir si réellement les habitants de la capitale étaient, ce qu’il s’était imaginé, des gens légers et d’une paresse extraordinaire.

M. Openshaw pensait que les Londoniens ne s’occupaient que de modes et des affaires de l’aristocratie, de promenades dans Bond Street et autres lieux du même genre, sans compter que leur but unique était de duper les honnêtes gens et leur occupation de mépriser les provinciaux, au nombre desquels il se comptait.

Il se montrait fort scandalisé de voir quel temps les marchands de la Cité consacraient à leurs affaires, car il était accoutumé aux dîners servis de bonne heure, en famille, chez ses confrères de Manchester, et par conséquent aux longues soirées.

Malgré toutes ces préventions, M. Openshaw se réjouissait d’habiter Londres ; et pourtant, pour rien au monde, il n’eût avoué cela à personne, pas même à lui. Il parlait à ses amis de cette décision comme d’un ordre qui lui avait été donné par son chef, ordre peu agréable, mais qui avait été adouci par une augmentation notable dans ses appointements. Disons sur-le-champ que le salaire qui lui était alloué était si libéral qu’il aurait bien pu s’installer dans une maison plus vaste que celle où il avait fait élection de domicile ; mais il avait cru devoir donner aux habitants de Londres une leçon et leur montrer qu’il faisait peu de cas du luxe et de l’ostentation.

À vrai dire, cependant, l’intérieur de la maison était meublé d’une façon très-confortable, et pendant l’hiver le maître de la maison faisait allumer de grands feux dans toutes les grilles, quelque douce que fût la température et quelque peu de nécessité que l’on eût de se chauffer. Bien pl