: Helder Serpa
: 120 Propositions dans la raison privative de la catégorisation du possible - Série 4-2
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: 9782322517664
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Troisième escale d'un cabotage critique. Itinéraires composés. Perturbations de la séquence inchoative.

Manouvrier dans un chantier conceptuel discret, muni d'un outillage rudimentaire et de ténacité.

33ième Proposition


L’accueil du sens
ou
La réapparition

Le fait de sens est l’inscription matérielle d’une réminiscence

Envisager l’hypothèse d’une origine irréductible pour la possibilité d’un énoncé qui ne soit pas auto déniant consiste déjà en une détermination effectuée de cette origine, et nullement la fabrication d’une loge vide apte à la contenir, comme l’intuition a priori, ou le manque ontologique apte au recouvrement de l’Être frappé d’oubli, ni d’un emplacement idéal compatible avec sa virtualité fondatrice, comme le point fixe d’Archimède-Descartes, ni d’un organe spirituel surnuméraire apte à saisir les idées platoniciennes, ou « la chose même ».

La précession caractérisant la fonctionnalité d’une notion ou entité logique originelle et originante n’est pas évitable en ce sens que la nulle précession ou la précession vide, à exister, est exclusive d’accomplissement protocolaire. Ce qui n’autorise pas à soumettre cette négation de négation, ou impossibilité d’impossibilité, à une forme positive et affirmative (apophantique) en se délestant comme d’un échafaudage transitoire de cet acte de double impossibilité.

Cette exclusion d’impossibilité qui conditionne le possible logique effectuable instaure cette précession mécanique (protocolaire) en fonction fondatrice et de cette façon le fait logique incorpore sa propre fondation, qui est une nécessitation protocolaire de la simple précession intrinsèque à cette effectuation. Et il n’est pas concevable que l’on puisse décrire une fondation sans fondé, que cela existe ou non1.

L’effet fondateur résulte de la position protocolaire2 de l’acte logique quelconque, exclusif de constitution sans précession effective. Entendu comme un précepte, cet énoncé est un fait fondateur, mais il accomplit l’exclusion protocolaire d’une entité conceptuelle fondatrice spécifique. Autrement dit il n’y a d’a priori qu’efficient, et l’effet de cette efficience est irréversible de fait. Même si on souhaite qu’il n’en soit pas ainsi.

En somme, le fait logique est un fait de fondation parce qu’il ne s’interrompt jamais, et il en résulte qu’il n’est pas concevable de supposer une halte le précédant, descriptible comme une sorte d’attente de fondation. Il est licite d’attribuer au constat de non précession nulle une forme de négation de négation : [non (non continuité)], qui est au demeurant la limite de l’assertion possible, ce qui, traduit en assertion positive donnerait le propos suivant : le fait logique existe en se précédant. Sans postuler une extranéité de cette précession par rapport au fait logique effectif.

Que cet emplacement extérieur et antécédant existe ou non est une question exclusive de réponse. La seule certitude étant que nul ne peut y aller voir, ce qui est une traduction pittoresque de la condition protocolaire, qui est absolue pendant le temps qu’un sujet existe3. Cette détermination est verrouillée par le verrou de fer de la condition ontologique qui n’existe qu’à l’intérieur de l’effectuation du sens déterminée par la raison logique qui est privative.

La dissolution du lien ontologique ne peut pas être un acte logique. Fonctionnellement, cette restriction se manifeste par la condition d’irréversibilité. Dire de quoi que ce soit « ceci n’est rien » consiste en une confirmation d’être, comportant la possibilité de l’énoncé auto dénégatif car consistant en une contradiction protocolaire. L’illustration itérative (voire lassante) de la contradiction protocolaire consiste en la désignation d’entités qualifiées (voire implicitement) comme exclusives de désignation4, et elles sont en grand nombre, même si « Dieu » demeure un outil lexical majeur pour en déceler les caractéristiques distinctives.

Pris de court par les déterminations constituantes de son propre possible, qui l’instaure en fait logique quoi qu’il en ait, le sujet (nous) subit l’insistance d’une positionnalité réelle de l’impossible retour en arrière, impossible uniquement à cause de son accomplissement, et de la reconstruction narrative (ou formelle, qui est également affectée de séquentialité) de ce que, en ce mouvement de retour doit initialement être perdu. Revenir en arrière pour voir comment c’est arrivé, en quelque sorte. Comment c’était, du temps du pur constitué exempt de travail constituant, chose ou concept (matérialisé cependant par un moyen quelconque, son enregistré, écrit, fétiche, icône). Visiter le constitué est une tentation d’autant plus persuasive qu’on y a déjà été (en partant) et qu’il est licite de stipuler que cela n’est quand même pas rien5.

Devenir inaccessible à cause de l’acte même qui aurait dû être apte à le saisir (et cette saisie est indescriptible et exclusive de caractérisation, car l’identifier en révèle la contradiction protocolaire qui lui est intrinsèque) n’est pas le même que de ne pas exister du tout, et de ne jamais avoir existé. Ce désir est condamné par le préalable qu’il requiert, l’acte de suspendre toute occurrence logique actuelle y compris celle en quoi consiste cette inspection rétrospective (exclusion protocolaire). Cette déchéance du constitué catégoriel, peut être interprétée cependant comme une libération de la faculté signifiante, irréductiblement créatrice. La séquentialité doit à chaque fois renaître, sous forme de perte transcendante du constitué terminal, qui est le passé, toujours immédiat6, de l’histoire de l’effectuation matérielle du sens.

Le superflu logique n’existe pas, pas plus que la carence logique. Tout est fait constituant, et de rien on ne dit « cette action ne compte pas », ne fait pas partie du jeu, c’est juste un non-acte, un effet marginal, un paratexte, une didascalie, un métatexte, une parabase, un jeu de bac à sable comme : « on dirait que ceci n’est pas du logique ». En quoi qu’il consiste le logique est toujours « pour de bon » et rien d’autre, rien de plus, rien de moins. Il est toujours trop tard pour qu’il n’en soit pas ainsi, ou pour que quelque sujet puisse faire en sorte qu’il n’en soit pas ainsi.

Ce qui est, dans le domaine de l’effectuation matérielle du sens, si d’une manière ou d’une autre il se constitue en tant qu’effectuation, est déjà, avant d’avoir pu être, avant l’exploitation d’un palier catégoriellement neutre, d’un moment de virtualité vide. Le logique se constitue trop tôt sans préparation et sans préambule, et il ne nous attend pas. La positionnalité de cette figure d’une halte préambulaire consiste en l’impossibilité d’une effectuation logique exempte de condition protocolaire, autrement dit le sujet est requis comme s’il pouvait faire faux bond et s’exempter d’accomplir son acte constituant. Mais nous sommes cependant admis à l’apprendre, et cette permission est impérative. L’apprendre est d’ailleurs le mode d’être de l’ostensibilité du sens matériellement effectué. Et on l’apprend en le constituant catégoriellement. Ce que nous constituions nous précède.

En quelque sorte l’effectuation logique, lorsqu’elle est actuée, est descriptible comme l’accomplissement d’une sorte de destin prédéterminé. Et cet accomplissement bannit et remplace ce qu’il aurait pu être. La narrabilité de cette conversion crée l’illusion de la réversibilité. Possible à un sujet près, qui défaut. Cette source que son effet rend inaccessible ne peut pas s’annuler sans acte d’annulation, et ne peut pas exister autrement que sous la forme de cette annulation7. Cette condition suscite l’image d’un acte d’observation terminale du produit de cette transformation (dirimante pour l’état initial), et de la possibilité quelque peu archéologique (même restreinte à une ancienneté extrêmement réduite, infime, mesurant ce que mesure l’écart epsilon) de...