: Laura N. Lhand
: Speculum Livre 2
: Books on Demand
: 9782322544547
: 1
: CHF 7.00
:
: Fantasy
: French
: 358
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
Univers érotique et violent pour les adultes allergiques aux tabous ! La saga évoque l'inégalité entre les hommes et les femmes à travers les sentiments, la violence, le sexe et le sang. L'histoire prend place au coeur d'un monde imaginaire qui s'appuie sur les moeurs passées et présentes de notre réalité, mais la réinvente dans l'objectif de choquer, sensibiliser et pourquoi pas exciter... Un autre monde, un autre temps, deux royaumes distincts séparés par une frontière maritime. Au Nord, Lyreïa, danseuse de Saeäk, est devenue la cinquième épouse royale au prix d'une cérémonie nuptiale choquante et d'un enseignement sexuel physique, dispensé par des maîtres employés par son mari lubrique. Désormais, elle doit poursuivre ses leçons afin d'élaborer sa signature érotique, se distinguer des autres reines, accepter la sexualité aussi brutale soit-elle et être enfin prête à satisfaire les besoins du souverain qu'elle ne demande qu'à connaître. Entre amitiés naissantes, haine ou indifférence, elle essaie de survivre à son quotidien emplie de solitude, au sein d'un monde patriarcal cruel qui la révolte toujours en dépit du luxe offert depuis son ascension sociale. Au Sud, grâce à ses talents de chef d'entreprise, Syrasiel est parvenue à se faire un nom dans la haute société de Falasiel, ville d'une civilisation matriarcale dans laquelle les hommes sont des esclaves et où elle peut assumer sa passion pour la torture masculine. Alors qu'elle gravit dorénavant les marches de la gloire dans les salons des dames prêtes à louer ses serfs sexuels ou sur le sable de l'arène souillé par le sang de ses athlètes, des attentats sévissent dans le royaume. En plus de se sentir anormale par rapport à ses consoeurs majoritairement sadiques, sa fille Nyllia-Mey a quant à elle le devoir d'accepter les services d'un reproducteur destiné à lui donner une héritière.

Après quelques rencontres enrichissantes et inspirantes, j'ai commencé il y a quelques années l'écriture de récits érotiques. À ma grande surprise, cet univers plus riche et complexe qu'il n'y parait à été une révélation pour moi. Avant de me lancer dans le projet Speculum, je ne trouvais pas, en tant que lectrice, une alliance satisfaisante entre l'érotisme et la violence dans un cadre imaginaire médiéval. L'idée d'une aventure qui associe les deux a germé et a pris une ampleur que je n'imaginais pas. Si les quatre premiers tomes de la saga sont déjà rédigés, j'ai hâte d'en révéler la suite ! En espérant maintenant vous embarquer avec moi dans ce monde sanglant, interdit au moins de dix huit ans...

2


ROYAUME DU NORD


an 1216


Une fête au château ! L’éventualité de sourire sincèrement à nouveau m’effraie. Ne pas me complaire dans mon quotidien, le rejeter, le combattre mentalement me permettent sans doute de me sentir vivante. Être une marionnette du joug masculin n’a jamais fait partie de mes plans d’avenir. Dans ces circonstances, le malheur pourrait être mon plus fidèle ami, capable de m’aider à ne jamais oublier la réalité. La peur de ressentir une once de joie proviendrait alors de ma volonté à résister à l’acceptation d’une condition léguée à ma naissance. Je refuse d’y céder. Souvent libératrice, la résignation est alléchante, simple, efficace, mais oblige l’âme à renoncer à ses valeurs, avant de causer la destruction du moi profond. Je préfère lutter contre elle et conserver mes élans de colère.

Une fête au château… L’opulence dans laquelle j’évolue depuis mon mariage me terrifie encore et devrait m’inciter à ne pas me lamenter sur mon sort. Toutefois, l’insouciance de ma vie passée m’était agréable. La pauvreté environnante n’altérait pas la flamme de mon coeur animé par l’amour familial, la danse, la beauté de la nature. L’enfance est un bien précieux, le véritable trésor de l’existence, allant bien au-delà de la classe sociale. Si les petits garçons du village disposaient à l’époque d’une liberté attrayante, la mienne, aussi minime fût-elle, me convenait.

Une fête au château… J’imagine déjà la magnificence des robes portées par les dames richement apprêtées des nobles. Je vois leurs jupons garnis de dentelles tournoyer au rythme de la musique, leur coiffure soignée, la splendeur de leurs bijoux étincelants sous la lumière du soleil. Je sens l’odeur enivrante des mets disposés à profusion sur des grandes nappes blanches recouvrant les tables du banquet. J’admire les couleurs d’un monde dansant dans lequel la différence entre les deux sexes ne semble point effective.

Une fête au château a été annoncée… Ce bal de l’été rassemble, célèbre les beaux jours, la félicité. Décrit par mes rivales, enthousiasmées à l’idée des réjouissances à venir, comme une parenthèse vivifiante, il dispose d’une intrigue suffisante qui entretient l’espérance personnelle d’une bouffée d’oxygène libératrice. L’effervescence autour du sujet pique ma curiosité.

Déjà en activité, les couturières de la cour ont l’ordre de confectionner les plus belles tenues demandées par les épouses du roi. Inventives et pointilleuses quant au résultat final, les quatre autres reines savent profiter des privilèges de leur position. De mon côté, j’ignore encore quelle extravagance je serai prête à réclamer du talent des maîtresses du fil et de l’aiguille. Je ne me sens probablement pas particulièrement digne d’une semblable dévotion. Tout ce qui pourra m’être proposé me conviendra parfaitement. L’argent a la faculté de rendre attrayante la plus modeste pièce de tissu.

Beau dans sa nudité, Arak est de retour dans la chambre, après une pause méritée autant pour lui que pour mon intimité mise à rude épreuve. Les cours pornographique en sa compagnie arborent néanmoins une autre dimension. La douceur et la patience résume l’essence de sa pédagogie. Je me surprends à l’imaginer à mon bras lors des festivités estivales prévues. Si j’en crois ses qualités en tant que professeur patient et doux, il ferait un merveilleux cavalier. Mes fantasmes féminins utopiques et romantiques continuent à faire de moi une enfant. La leçon d’aujourd’hui est fortement éloignée de mes rêveries.

Arak s’approche du lit et s’allonge près de mon être de chair dénudé qu’un simple drap blanc dissimule. Sans mot dire, il me regarde de ses yeux tristes, secrets, bienveillants, réconfortants. Tournée dans sa direction, j’ose le dévisager à mon tour. Son calme m’impressionne, sa respiration m’apaise et son aura m’enveloppe. Je pourrais aimer cet homme. Je pourrais l’aimer s’il était mon époux. Les différents maîtres sexuels rencontrés au fil des jours ne bénéficieront jamais d’un pareil ressenti à leur égard. Leur brutalité hautaine, leur manque de considération, leur froideur, la rudesse de leurs ordres me dérangent et me les rendent antipathiques.

Heureuse de sentir Arak à mes côtés en ces heures d’apprentissage difficile, j’apprécie ses efforts, son attitude professionnelle. Il m’amène à dépasser la douleur, à accepter l’intrusion de sa virilité dans une partie de mon anatomie originellement non faite pour la recevoir, à entrevoir un soupçon de tendresse initiale avant la pénétration douloureuse. Il est justement temps de reprendre l’activité. Mon coeur palpite. Je serre les dents.

Lyreïa sent les mains de son guide érotique entourer son visage, ses lèvres rencontrer les siennes, son corps peser sur le sien, l’obligeant à plaquer son dos contre le matelas. Le baiser échangé est légèrement piquant et voluptueux. Lentement, elle se détend, accepte le jeu, accueille les caresses des doigts masculins voyageant sur sa peau, essaie de profiter de l’agréable sensation de leur contact. Les paupières closes, elle cherche à oublier l’issue délicate de la manoeuvre qu’elle doit apprendre à apprécier.

— Je vais y aller doucement, comme tout à l’heure. As-tu confiance ? demande le pédagogue dans un murmure chaleureux.

Lyreïa hoche la tête. La souffrance redoutable est prévisible, à l’image de la capacité de son instituteur à la rendre supportable. Moins rude que lors de sa cérémonie de mariage, l’épreuve s’avère préférable.

— Je ne veux que ton bien. Regarde-moi, je t’en prie.

L'élève plonge dans l’univers larmoyant des iris de son enseignant, cherche à déchiffrer leur mystère.

— Merci, Lyreïa.

Ces simples mots séduisent la belle allongée, soumise aux revendications sous-jacentes de son roi, un figure encore loin d’être impliquée dans leur union naissante.

Le pouce de mon supérieur matinal effectue désormais des petits cercles au niveau de mon clitoris, puis à l’entrée de mon vagin, tandis que son majeur, secondé dans son avancée par la création récente de cyprine, assaille progressivement ma fleur intime. La peur de cette première intrusion s’étiole, à l’instant où il m’embrasse le cou, les oreilles, le menton. Similaire au premier assaut de la matinée en matière de sodomie, le deuxième essai emprunte un chemin respectueux et sensuel. Je suis chanceuse.

— Es-tu prête ?

Autant que possible…

***

Malgré le déferlement des jours, aucune affinité ne vient lier Lyreïa à ses rivales. Pas une d’entre elles ne semble l’apprécier, s’intéresser à sa vie, son passé, ses aspirations secrètes. La solitude plane autour de leur groupe contraint à la cohabitation. Dans cet environnement hostile, l’ancienne danseuse préfère préserver son jardin intime des coups d’ongles aiguisés des créatures compétitives qui rodent dans son champ de vision. Trouver sa place au sein de la société lorsque l’on naît femme est un rude cheminement, mais la chercher en tant qu’épouse, l’est davantage encore à ses yeux. Elle n’aurait de surcroît jamais imaginé être la promise d’un homme fortuné, ayant les finances suffisantes pour subvenir aux besoins de plusieurs compagnes. Partager la couche de son mari est pourtant une situation réelle. Elle doit s’y habituer.

Délestée de ses leçons charnelles pour la journée, Lyreïa décide d’oublier les reines, le coït anal matinal et les séquelles physiques qui en résultent. Après s’être accordé un bain purificateur, elle enfile une robe bleu ciel, puis gagne les jardins. Sa suivante sur les talons, elle descend une pente à la pelouse impeccable qui jouxte un...