: Marie Souton
: Albator ou la Destinée...
: Books on Demand
: 9782322452408
: 1
: CHF 7.00
:
: Fantasy
: French
: 270
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
C'est officiel ! A Jana, Albator, le lapin nain, est devenu le représentant des"Tuteurs". Sur Terre, on dirait"Ambassadeur de la cause animale"! Albator doit, par conséquent, répondre aux exigences de sa mission. Ce qui sous-entend de résoudre l'énigme qui lui a été imposée par Dieu Lui-même et de protéger notre monde des"Opposants". Alors, avec le soutien de la douce Xéna et de sa fratrie féline, de l'intrépide Ulysse, l'espiègle L'abeille et de l'insondable Malaki, il va affronter l'inconnu et révéler l'Histoire... Parce que"Lire, c'est être, savoir et s'informer mais aussi le premier acte militant", l'auteur nous invite, une nouvelle fois, à la réflexion sur le monde qui nous entoure et la condition animale, implicitement liée à celle de l'Homme.

Titulaire d'un Bac A3 Arts plastiques, étudiante en histoire de l'art à l'Université Sorbonne Paris IV, puis employée administrative pendant près de dix-huit ans, Marie SOUTON, mère célibataire, se décide à se lancer dans des études d'infirmière, en 2015. Le goût de l'écriture lui vient pendant l'élaboration de son mémoire. La thématique"L'intérê du soin relationnel dans la prise en charge infirmière", pierre angulaire de son inspiration, révèlera son indignation face à la maltraitance dans le domaine des soins. Mais c'est réellement la mort d'Albator, son lapin, qui la pousse à écrire son premier roman. Plume engagée, on retrouve dans ses ouvrages,"Albator ou la vie à tout prix..." et"Trois ans et plus si affinités...". En parallèle, elle crée un univers Fantasy, ode à la bientraitance animale, dont le premier tome s'intitule"Albator ou l'Odyssée...".

“Lire, c'est être, savoir et s’informer mais aussi le premier acte militant.”
Marie SOUTON

I

Je m’appelle Ulysse.

Du moins, c’est le nom que ma famille, que j’ai dû quitter pour je ne sais quelle raison, me donnait.

Je suis un lapin nain, plus précisément un lagomorphe… Voilà que je me mettais à dire des mots que je ne connaissais pas…

Un afflux ininterrompu d’informations envahissait mon esprit…

Je m’appelle Ulysse. Je m’appelle Ulysse.

Je me le répétais pour ne pas l’oublier.

Je n’avais aucune idée d’où je me trouvais et j’avais peur de perdre mon identité.

J'avais les pattes toutes engourdies.

Et au loin, j’entendais la voix d’un homme qui chantait.

Je savais que c'était une langue différente de celle que parlaient mes maîtresses mais je n’avais aucune difficulté à en comprendre les paroles...

[...] We all are one, we are the same person

Nous sommes tous un, nous sommes la même personne

I'll be you, you'll be me (Oh, yeah)

Je serais toi, tu seras moi (Oh, ouai)

We all are one, same universal world

Nous sommes tous un, même monde universel

I'll be you, you'll be me

Je serais toi, tu seras moi [...]

(Jimmy cliff, “We are all one”, 2003)

Hum...

Sympa comme chanson... La situation aurait été autre, je me serais même mis à me trémousser...

Mais pour l'heure...

Quel était cet endroit ?...

Une vive lumière blanche m'avait brûlé les yeux. J'avais alors eu le réflexe de les refermer.

Sentant, à travers mes paupières, que la lueur était devenue moins forte, j'avais décidé de m'assurer de ce qui se passait réellement.

J'ouvrais de nouveau les yeux.

Un grand couloir étroit, faiblement éclairé, se tenait devant moi mais aussi, derrière moi.

Je ne savais pas quelle direction prendre car il ne semblait pas y avoir d'issue.

Je décidais donc d'aller droit devant moi.

Étrangement, les mots qui me venaient à l’esprit, ne semblaient pas être les miens.

Même ma manière de bouger était différente.

En jetant un coup d'oeil à mes pattes, je découvrais qu’elles étaient blanches, toutes blanches… Je m’appelle Ulysse… Je m'appelle Ulysse...

Et aussi bizarre que cela puisse paraître, l’enveloppe corporelle que j’occupais n'était pas la mienne… Je ne comprenais rien de ce qui m’arrivait… Je m’appelle Ulysse… Je m'appelle Ulysse et j’ai une famille, deux maîtresses et des “amis-chats”.

Au loin, la mélodie tournait en boucle. “We all are one” (“Nous sommes tous un”).

Je m’apprêtais à courir droit devant moi, par logique, mais subitement, je m’étais dit que ça ne servirait à rien.

Pourquoi courir quand on ne sait pas où l’on va?!!!

Alors, je m’étais arrêté pour observer l’insondable.

Tout, autour de moi, était d’un blanc laiteux, sans limite, sans que je puisse en toucher la surface ou même trouver un recoin, un rebord.

Une idée m’était alors venue à l’esprit...

« Y’a quelqu’un ?... » Aucun écho.

Mais c’était une nouveauté pour moi : pour la première fois de ma vie, j’avais entendu…ma voix.

Et si j’avais pu l’entendre, alors quelqu’un d’autre pouvait en faire de même.

Du coup, j’avais, de nouveau, tenté l’expérience. Ma première fois avait été un peu timide, alors je décidais d'y mettre un peu plus de coeur... et de voix.

«S’IL VOUS PLAIT !!! Y'A QUELQU'UN ?!!!!» D'ordinaire, cette découverte m'aurait stupéfait mais dans cet endroit, c'était presqu'insignifiant...

Je ne pouvais quand même pas être le seul ici.

Par définition, si j’étais là, il y avait forcément quelqu’un qui m’observait.

«JE VOUS PREVIENS : JE NE BOUGERAIS PAS TANT QUE VOUS NE M'AUREZ PAS REPONDU !!!» Et joignant mes gestes à mes paroles, je m’étais allongé de tout mon long, sur le ventre, de façon à tenir le plus longtemps possible, tout en étant à l'aise.

J’espérais fortement que cette stratégie allait fonctionner car je n’en avais pas d’autre...

Surtout que je n’avais pas envie de céder… Alors que je commençais à avoir soif, de l’eau fraîche s’était présentée à moi… J’avais raison !!! Je n'étais pas seul !!!

Il y avait vraiment quelqu’un qui m’observait !

«Allez !!! Montrez-vous qu’on aille droit au but !!!

Je sais que vous voulez quelque chose de moi. Je ne serais pas forcément d’accord mais si vous ne vous montrez pas, vous ne saurez jamais...» Comme j’avais compris qu’il me suffisait d’y penser pour être satisfait, je décidais d’avoir un petit creux.

Bingo !

Mon repas était plutôt diététique : Du foin frais, quelques végétaux et de l'eau... Tout tenait sur un plateau invisible.

J'aurais préféré quelques friandises colorées, mais ce n'était guère recommandé pour les lapins...

Force était de constater qu'on voulait mon bien !

Je m’installais donc confortablement pour manger, histoire de montrer à mon observateur que je n’étais pas pressé.

Les mets étaient de premier choix. C’était délicieux !

Enfin repu, j’avais baillé un peu plus fort qu’à l’ordinaire et m’étais jeté sur le côté pour me prélasser.

L'apesanteur avait pris possession de mon corps et c’était vraiment agréable de sentir toutes mes formes épousées par une invisible couverture polaire. Comme lorsque je me couchais auprès de mes maîtresses.

J’étais sur le point de m’assoupir lorsqu’une volute de fumée verte avait ondulé au-dessus de moi.

Une voix s’était, de suite, faite entendre.

« Bonjour Ulysse !

Heureux de te rencontrer !

Tu es… très rafraîchissant… si rafraîchissant !

Et quel entêtement !!!

Nous n’avons jamais vu quelqu’un avoir un tel aplomb, dès son arrivée à Jana !

Tu dois sûrement t'interroger sur les raisons de ta venue parmi nous… Nous… »

Il était hors de question que je les laisse m'endormir avec leurs blablas. Je décidais, donc, d'interrompre leurs babillages.

« Qui êtes-vous ?!!! »

La couleur de la volute avait viré au rouge et une pression s'était faite ressentir sur moi, pour m’empêcher de parler.

Mais j’avais continué, malgré tout.

« Et que me voulez-vous?!!! Et où suis-je?!!! » Le rouge était passé au violet.

De nouveau silencieux, je m’étais mis à scruter intensément mon interlocuteur progressivement redevenu vert.

« Il est vrai que je ne me suis pas présenté.

Je suis Malaki. Je suis en quelque sorte, le…gardien de ce lieu.

Tu te trouves à Jana, plus précisément dans le Dehliz, le couloir qui mène aux autres domaines.

Je pourrais continuer à t’expliquer longuement le pourquoi et le comment de ton arrivée ici, mais vu ton impatience et ta vivacité d’esprit, tu ne verras sûrement aucun inconvénient à être initié au programme accéléré. »

J’étais sur le point d’intervenir mais Malaki ne m’en avait pas laissé le temps.

Mon esprit avait été subitement envahi d’images d’un lapin nain blanc, tacheté de noir, de ma fratrie féline sur Terre, de Loïs, de ma maîtresse.

Il était question de permutation physique entre ce lapin et moi, de cause animale, de souffrance et d’espoir.

Le lapin à qui j’avais succédé dans ma famille, avait repris sa place sous mes traits.

Il était, bien malgré lui, le chef d’un groupe de militants appelés les “Tuteurs”.

Ce groupe avait des antagonistes, les “Opposants”, dont le meneur était un chien arrogant qui intimidait … Albator.

C’était le nom...