: Claude-Pierre Vincent
: Fragments d'amour
: Books on Demand
: 9782322517398
: 1
: CHF 8.80
:
: Lyrik
: French
: 390
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
Il est, malheureusement, généralement bien plus tard que nous l'imaginons mais, heureusement, il n'est jamais trop tard pour trouver le bonheur. Je dédie ce modeste recueil aux femmes en général et à une femme en particulier, parce que l'expression poétique reste, encore aujourd'hui, l'un des lieux privilégiés de l'amour où peuvent s'amarrer les reflets de l'âme...

Doctorat en psychologie - Maîtrise et D E A en Psychosociologie - Maîtrise de gestion - Diplômes d'état en sociologie du Travail, en physiologie et en Ergonomie, en Organisation du Travail, en Epistémologie... etc. Auteur de nombreux ouvrages en clinique et sur le management - Directeur scientifique M.D.P. - Professeur associé de recherche - Consultant international en management.

REMARQUE.


Il existe quelques similitudes entre l’impromptu et le haïku, mais très curieusement, « nul n’est prophète en son

pays », l’impromptu reste, aujourd’hui, très marginal et largement supplanté par son « homologue » japonais qui

semble particulièrement en vogue dans les cercles poétiques.

Petits ensembles de vers, l’’impromptu, du latin « IN PROMPTU » signifie à portée de main, sans véritable

réflexion, composé sur le champ, spontanément, sans aucune préparation.

Poésie de circonstance, le principal mérite de l’impromptu réside dans son à-propos, dans cette restitution impulsive

d’un instant, d’un sentiment, voire d’un questionnement.

Genre poétique, aujourd’hui clairement identifié, très à la mode au 18e siècle, l’impromptu se décline aussi parfois

dans un madrigal, dans une épigramme, ou dans le couplet d’une chanson,

Terme crée par le poète MASAOKA au tout début du 19e siècle, le haïku, forme japonaise de poésie, très ancienne,

s’inspire, en fait, des poésies du 17e siècle, de BASHO MATSUO

Poème de l’extrême concision, capture de « l’ici et maintenant », le haïku permet, comme l’impromptu, de noter

instinctivement les émotions, le moment qui passe, la réflexion, parfois méditative, connoté généralement par

l’émerveillement, l’étonnement et la surprise.

De forme toujours très concise, le haïku répond parfois à une mise en forme très codifiée, mais les poètes contemporains

écrivent souvent des haïkus sous des formes différentes, souvent plus brèves, en bousculant le rythme

rigide initial de la poésie.

Nous souhaitons aussi, en toute humilité, profiter de ce recueil pour redonner à l’impromptu la place qu’il mérite.

Sous un vent brûlant,

Le soleil, exagérément pesant,

S’infiltre dans la ruelle,

L’implacable rythmique du temps,

Qui s’enroule, inexorable,

Suspend notre divagation.

Je rêve d’un territoire,

Où peuvent s’ancrer

Les reflets de nos âmes.

Malgré nos questionnements,

Malgré nos gestes justes ébauchés,

Nous flânons, sans véritable dessein.

Dans notre progression amoureuse,

Chacun de nos pas, à peine esquissé,

Nous donne à découvrir le suivant.

Quelques gestes maladroits,

Des interrogations, en suspens :

Peut-être un amour en devenir.

L’urgence d’une autre toile,

Pour mieux « redessiner »,

Pour mieux « redécouvrir ».

Tenter de s’aventurer,

Dans une allégorie différente :

Théâtre, absent de tout recel.

Besoin d’une autre mémoire,

Désir d’une autre destination.

Pour mieux imaginer l’instant,

L’inexprimable rencontre,

De mes doigts tremblants,

Et de ses boucles dorées.

La vacance intégrale,

Le vide incommensurable,

Pour mieux retenir son image.

Des portraits austères,

Jaunis par le temps,

Rongés par l’oubli.

Les échoppes des bouquinistes,

Émergent, en bordure de fleuve,

Au gré du flot inégal des chalands.

D’imposants livres anciens,

Aux reliures artisanales,

Exhibent leurs enluminures.

Quelques morceaux épars,

De sagas amoureuses,

Dont le dénouement m’échappe.

Au mur : Gorgées de poussière,

Quelques grandes gravures,

Toutes en dégradé de gris,

Quelques légendes séculaires,

Laissées enfin pour compte,

Par l’érosion du temps.

S’impose à moi, péremptoire,

Sa fabuleuse image diaphane :

Halo aux contours fluctuants,

Cette interminable contre-allée,

Ourlée de platanes centenaires,

Aux feuilles déjà jaunissantes.

Le quai figé de cette gare,

Manifestement désaffectée,

En vaine quête de destination.

Le métropolitain s’engouffre,

Dans un fracas indescriptible,

Dans les entrailles de la cité.

Le grand lit de la chambre,

Reste encore à défaire,

Par le désordre de notre passion.

Peu à peu, son image évanescente,

Se dissous dans l’espace dilaté,

De ce tout premier matin d’été.

Elle : Comme une oasis,

Comme une unique amarre,

Comme un ultime refuge.

Une maison miniature,

En désordre, nichée

Au fond d’un jardin de curé.

Un après-midi de Novembre,

Au cœur de ce lieu baroque,

Sans aucun autre destinataire.

Le matin s’insinue, impertinent,

Au creux du décor juste ébauché,

Et impose son image éphémère

Le jour prend subtilement la relève

Et la vieille ville s’établit enfin,

Dans une cacophonie tonitruante.

Indéniablement en retraite,

L’aurore recompose le paysage,

Qui s’étire délicatement.

En un superbe dégradé de gris,

Les nuages, aux formes changeantes,

Parcourent lentement l’horizon.

Les éphémères apparitions,

D’un soleil maintenant rougeoyant,

Colorent la cité qui s’ébroue.

SEULS : Elle, Moi, Nous,

Le soleil, Les nuages, La ville,

Et mes rêves les plus fous.

L’ombre changeante des platanes,

Qui quadrillent l’esplanade,

Anime délicatement son visage.

Se détache, sa frêle silhouette,

Marbrée par ce soleil d’été,

Qui se faufile entre les feuillages.

Le petit tatouage bleuté de Licorne,

Dévoile comme un ultime défi,

Une épaule savamment découverte.

Exprimer les sentiments,

Ne plus filtrer les passions,

Libérer les gestes retenus.

Je reste là, déconcerté, pétrifié,

Suspendu à ses phrases inachevées.

Envahit par une incapacité de dire.

Je l’attends depuis quelques siècles,

Je l’attends depuis toujours,

Et son absence dilue l’espace.

Cette douloureuse attente

Se déroule lentement, s’étire,

Puis, inexorable, s’étend à l’infini.

Le bourdonnement, feutré,

Des conversations dérisoires,

Se répand en volutes aléatoires.

Sous l’apparente propreté des mots :

Les connivences non exprimées,

Les peines – Les nostalgies – Les regrets.

Un abat-jour, aux couleurs incertaines,

Diffuse une délicate lumière ambrée

Qui transperce l’espace en diagonal.

Par la fenêtre entre-ouverte,

L’air, aux senteurs emmêlées,

S’empare, peu à peu, de l’espace.

Son absence m’entraîne,

De divagations amoureuses,

En rêveries mélancoliques.

A la fin de cette parenthèse.

Je retrouve brusquement le réel,

Laissant fuir mes rêves...