: Jules Verne
: Mathias Sandorf
: Books on Demand
: 9782322457267
: 1
: CHF 3.50
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: Krimis, Thriller, Spionage
: French
: 665
: Wasserzeichen
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: ePUB
Mathias Sandorf est un roman d'aventures de Jules Verne, paru en 1885. Le roman est dédié à titre posthume à Alexandre Dumas père, l'auteur du Comte de Monte-Cristo en 1844.

Jules Verne, né le 8 février 1828 à Nantes et mort le 24 mars 1905 à Amiens, est un écrivain français dont l'oeuvre est, pour la plus grande partie, constituée de romans d'aventures évoquant les progrès scientifiques du XIXe siècle.

II – Le comte Mathias Sandorf


Les Hongrois, ce sont ces Magyars qui vinrent habiter le pays vers le neuvième siècle de l’ère chrétienne. Ils forment actuellement le tiers de la population totale de la Hongrie, ‒ plus de cinq millions d’âmes. Qu’ils soient d’origine espagnole, égyptienne ou tartare, qu’ils descendent des Huns d’Attila ou des Finnois du Nord, ‒ la question est controversée, ‒ peu importe ! Ce qu’il faut surtout observer, c’est que ce ne sont point des Slaves, ce ne sont point des Allemands, et, vraisemblablement, ils répugneraient à le devenir.

Aussi, ces Hongrois ont-ils gardé leur religion, et se sont-ils montrés catholiques ardents depuis le onzième siècle, ‒ époque à laquelle ils acceptèrent la foi nouvelle. En outre, c’est leur antique langue qu’ils parlent encore, une langue mère, douce, harmonieuse, se prêtant à tout le charme de la poésie, moins riche que l’allemand, mais plus concise, plus énergique, une langue qui, du quatorzième au seizième siècle, remplaça le latin dans les lois et ordonnances, en attendant qu’elle devînt langue nationale.

Ce fut le 21 janvier 1699 que le traité de Carlowitz assura la possession de la Hongrie et de la Transylvanie à l’Autriche.

Vingt ans après, la pragmatique sanction déclarait solennellement que les États de l’Autriche-Hongrie seraient toujours indivisibles. À défaut de fils, la fille pourrait succéder à la couronne, selon l’ordre de primogéniture. Et c’est grâce à ce nouveau statut qu’en 1749, Marie-Thérèse monta sur le trône de son père Charles VI, dernier rejeton de la ligne masculine de la maison d’Autriche.

Les Hongrois durent se courber sous la force ; mais cent cinquante ans plus tard, il s’en rencontrait encore, de toutes conditions et de toutes classes, qui ne voulaient ni de la pragmatique sanction ni du traité de Carlowitz.

À l’époque où commence ce récit, il y avait un Magyar de haute naissance, dont la vie entière se résumait en ces deux sentiments : la haine de tout ce qui était germain, l’espoir de rendre à son pays son autonomie d’autrefois. Jeune encore, il avait connu Kossuth, et bien que sa naissance et son éducation dussent le séparer de lui sur d’importantes questions politiques, il n’avait pu qu’admirer le grand cœur de ce patriote.

Le comte Mathias Sandorf habitait, dans l’un des comitats de la Transylvanie du district de Fagaras, un vieux château d’origine féodale. Bâti sur un des contreforts septentrionaux des Carpathes orientales, qui s