: Jules Verne
: Un billet de loterie Le numéro 9672
: Books on Demand
: 9782322457175
: 1
: CHF 3.50
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: Krimis, Thriller, Spionage
: French
: 202
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
HULDA, la jolie Norvégienne, attend anxieusement des nouvelles de son fiancé, Ole, parti en mer. Et voilà que le navire est porté disparu ! Un message arrive enfin, mais sous une forme bien étrange : quelques mots écrits par Ole sur un billet de loterie qu'il a enfermé dans une bouteille au moment où son bateau sombrait ! Est-ce pour Hulda la fin de ses espérances ? Exécutera-t-elle les bizarres instructions que lui donne son fiancé dans son ultime adieu ? Une chose est certaine, c'est que les filles de Norvège ne manquent pas de courage. La jolie Hulda, sait qu'elle peut avoir, envers et contre tout, confiance...

Jules Verne, né le 8 février 1828 à Nantes et mort le 24 mars 1905 à Amiens, est un écrivain français dont l'oeuvre est, pour la plus grande partie, constituée de romans d'aventures évoquant les progrès scientifiques du XIXe siècle.

I


— Quelle heure est-il ? demanda dame Hansen, après avoir secoué les cendres de sa pipe, dont les dernières bouffées se perdirent entre les poutres coloriées du plafond.

— Huit heures, ma mère, répondit Hulda.

— Il n’est pas probable qu’il nous arrive des voyageurs pendant la nuit ; le temps est trop mauvais.

— Je ne pense pas qu’il vienne personne. En tout cas, les chambres sont prêtes, et j’entendrai bien si l’on appelle du dehors.

— Ton frère n’est pas revenu ?

— Pas encore.

— N’a-t-il pas dit qu’il rentrerait aujourd’hui ?

— Non, ma mère. Joël est allé conduire un voyageur au lac Tinn, et, comme il est parti très tard, je ne crois pas qu’il puisse, avant demain, revenir à Dal.

— Il couchera donc à Moel ?

— Oui, sans doute, à moins qu’il n’aille à Bamble faire visite au fermier Helmboë…

— Et à sa fille ?

— Oui, Siegfrid, ma meilleure amie, et que j’aime comme une sœur ! répondit en souriant la jeune fille.

— Eh bien, ferme la porte, Hulda, et allons dormir…

— Vous n’êtes pas souffrante, ma mère ?

— Non, mais demain je compte me lever de bonne heure. Il faut que j’aille à Moel…

— À quel propos ?

— Eh ! ne faut-il pas s’occuper de renouveler nos provisions pour la saison qui va venir ?

— Le messager de Christiania est donc arrivé à Moel avec sa voiture de vins et de comestibles ?

— Oui, Hulda, cet après-midi, répondit dame Hansen. Lengling, le contremaître de la scierie, l’a rencontré et m’a prévenue en passant. De nos conserves en jambon et en saumon fumé, il ne reste plus grand-chose, et je ne veux pas risquer d’être prise au dépourvu. D’un jour à l’autre, surtout si le temps redevient meilleur, les touristes peuvent commencer leurs excursions dans le Telemark. Il faut que notre auberge soit en état de les recevoir et qu’ils y trouvent tout ce dont ils peuvent avoir besoin pendant leur séjour. Sais-tu bien, Hulda, que nous voici déjà au 15 avril ?

— Au 15 avril ! murmura la jeune fille.

— Donc, demain, reprit dame Hansen, je m’occuperai de tout cela. En deux heures, j’aurai fait nos achats que le messager apportera ici, et je reviendrai avec Joël dans sa kariol.

— Ma mère, au cas où vous rencontreriez le courrier, n’oubliez pas de demander s’il y a quelque lettre pour nous…

— Et surtout pour toi ! C’est bien possible, puisque la dernière lettre de Ole a déjà un mois de date.

— Oui ! un mois !… un grand mois !

— Ne te fais pas de peine, Hulda ! Ce retard n’a rien qui puisse nous étonner. D’ailleurs, si le courrier de Moel n’a rien apporté, ce qui n’est pas venu par Christiania ne peut-il venir par Bergen ?

— Sans doute, ma mère, répondit Hulda ; mais que voulez-vous ? Si j’ai le cœur gros, c’est qu’il y a loin d’ici aux pêcheries du New Found Land ! Toute une mer à traverser, et lorsque la saison est mauvaise encore ! Voilà près d’un an que mon pauvre Ole est parti, et qui pourrait dire quand il viendra nous revoir à Dal ?…

— Et si nous y serons à son retour ! murmura dame Hansen, mais si bas, que sa fille ne put l’entendre.

Hulda alla fermer la porte de l’auberge, qui s’ouvrait sur le chemin du Vestfjorddal. Elle ne prit même pas le soin de donner un tour de clé à la serrure. En cet hospitalier pays de Norvège, ces précautions ne sont pas nécessaires. Il convient, aussi, que tout voyageur puisse entrer, de jour, comme de nuit, dans la maison des gaards et des soeters, sans qu’il soit besoin de lui ouvrir.

Aucune visite de rôdeurs ou de malfaiteurs n’est à craindre, ni dans les bailliages ni dans les hameaux les plus reculés de la province. Aucune tentative criminelle contre les biens ou les personnes n’a jamais troublé la sécurité de