: Joseph Marmette
: À travers la Vie Mémoires d'un québécois au Séminaire de Québec et au Regiopolis College de Kingston en Ontario au XIXe siècle
: Books on Demand
: 9782322468010
: 1
: CHF 2.50
:
: Romanhafte Biographien
: French
: 92
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
RÉSUMÉ :"À travers la Vie" de Joseph Marmette est une plongée introspective dans les souvenirs d'un Québécois au XIXe siècle, alors qu'il navigue entre le Séminaire de Québec et le Regiopolis College de Kingston en Ontario. Ce récit autobiographique offre un regard intime et authentique sur la jeunesse d'un homme en quête de savoir et de sens, dans un contexte historique riche et complexe. Les mémoires de Marmette révèlent les défis et les triomphes d'une éducation religieuse et intellectuelle, tout en peignant un tableau vivant de la société canadienne-française de son époque. À travers ses expériences, l'auteur nous invite à explorer les valeurs, les croyances et les aspirations qui ont façonné son identité et sa vision du monde. Ce livre est non seulement un témoignage personnel, mais aussi une fenêtre ouverte sur les dynamiques culturelles et éducatives du Canada du XIXe siècle, offrant aux lecteurs une occasion rare de s'immerger dans une époque révolue mais toujours significative. L'AUTEUR : Joseph Marmette, né en 1844 à Montréal, est un écrivain et historien québécois reconnu pour ses contributions à la littérature canadienne-française du XIXe siècle. Diplômé du Séminaire de Québec, il s'est d'abord fait connaître par ses romans historiques qui explorent les événements marquants de l'histoire du Canada. Marmette s'est distingué par son style narratif riche et sa capacité à rendre vivants les personnages historiques. En plus de son oeuvre littéraire, il a joué un rôle important dans la promotion de la culture et de l'identité canadienne-française. Ses écrits, profondément ancrés dans le contexte social et politique de son temps, reflètent sa passion pour l'histoire et son engagement envers la préservation du patrimoine culturel de son pays. Bien que moins connu aujourd'hui, Marmette reste une figure clé dans l'étude de la littérature et de l'histoire du Québec, offrant aux chercheurs et aux lecteurs un aperçu précieux des défis et des aspirations de son époque.

Né sur la Côte-du-Sud, Joseph Marmette fait ses études au Séminaire de Québec dans la ville du même nom et au Regiopolis College de Kingston en Ontario. Il entre à la faculté de Droit de l'Université Laval. Petit-fils d'Étienne-Paschal Taché et époux de la fille de l'historien François-Xavier Garneau, il occupe divers postes au sein du Gouvernement du Québec et gouvernement fédéral. En 1882, il voyage aux États-Unis en compagnie d'Henri-Raymond Casgrain. La même année, nommé agent spécial de l'immigration pour la Suisse et la France, il part en Europe. Il accumule ainsi une documentation importante et de qualité sur la Nouvelle-France et le Québec. Joseph Marmette s'établit en Ontario en 1884 alors qu'il obtient un poste au Service des archives du gouvernement fédéral. Il a accès aux documents relatifs à l'histoire du Canada conservés aux dépôts d'archives français et effectue plusieurs stages à Paris entre 1884 et 1887. Il fait partie du Cercle des dix, groupe littéraire d'Ottawa. Il constitue entre autres la bibliothèque du pavillon canadien pour l'Exposition coloniale de Londres en 18861. Joseph Marmette vit à Ottawa jusqu'à sa mort en 1895 à l'âge de 50 ans. Publiés dans les journaux québécois de l'époque, sous forme de feuilleton, ses romans lui ont valu le surnom de « Alexandre Dumas québécois ». Ses romans sont rédétiés de nombreuses fois après sa mort.

Première partie


Au collège


I


Souvenirs du jeune âge


Parmi les deux cents élèves qui, en 1860, étaient internes au collège de S***, se trouvait un camarade dont la vie m’a paru assez intéressante pour en faire le sujet d’une étude de mœurs contemporaines.

Lucien Rambaud, qui faisait cette année-là sa quatrième, était, je dois l’avouer, un assez médiocre élève.

Cette classe, dans laquelle on commence à s’imprégner la cervelle des rudiments de la langue d’Homère, est sans conteste la plus ingrate, la plus ennuyeuse de tout le cours d’études classiques. Comme la majeure partie du travail y consiste dans un effort constant de la mémoire, cette année-là est extrêmement redoutée du liseur et des paresseux. Aussi notre ami Rambaud, qui préférait de beaucoup lire et rêver que passer des heures en tête-à-tête avec les maussades verbes contractés, ou déterrer le sens des racines grecques sous un fatras de mots quelquefois apparemment contradictoires, passa-t-ilen silence la plus grande partie de ses récréations. Il avait, du reste, pris l’immuable détermination de ne travailler que tout juste assez pour ne pasdoubler sa classe.

– Tu ne saurais croire comme j’aime lire, me disait-il un jour où son professeur, habituellement impitoyable envers lui, avait sans doute oublié de le mettre en retenue. Or, comme je lis et à l’étude et en récréation, au lieu d’y apprendre bêtement la leçon qui m’a valu mon pensum, ce n’est pas moi qui suis le volé, c’est le professeur.

Lucien avait seize ans. Il était petit, frêle ; il avait les yeux noirs, vifs, le front haut, le teint pâle. Autant par suite du repos forcé où le tenait son maître, que par indifférence pour les amusements du collège,