: Sigmund Freud
: Malaise dans la civilisation
: Books on Demand
: 9782322455898
: 1
: CHF 3.50
:
: Philosophie
: French
: 139
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
Dans « Malaise dans la civilisation », il explique en quoi, la civilisation, la société, empêche l'individu de donner libre court à ses pulsions primitives de vie et de mort, créant ainsi de la frustration, puis de la névrose, au profit de la communauté, et du bien-vivre ensemble.

Sigismund Schlomo Freud, plus connu sous le nom de Sigmund Freud, est un docteur en médecine et neurologue autrichien né le 6 mai 1856 à Freiberg et décédé le 23 septembre 1939 à Londres. Père de la psychanalyse, il développe plusieurs théories fondamentales sur la psyché humaine, du complexe d'Oedipe à l'inconscient.

II


Dans mon livre L'avenir d'une illusion, il s'agissait pour moi beaucoup moins des sources les plus profondes du sentiment religieux, que de ce que conçoit l'homme ordinaire quand il parle de sa religion et de ce système de doctrines et de promesses prétendant, d'une part, éclairer toutes les énigmes de ce monde avec une plénitude enviable, et l'assurer d'autre part qu'une Providence pleine de sollicitude veille sur sa vie et, dans une existence future, s'appliquera à le dédommager des privations subies ici-bas. Cette providence, l'homme simple ne peut se la représenter autrement que sous la figure d'un père grandiosement magnifié. Seul, un tel père peut connaître les besoins de l'enfant humain, se laisser fléchir par ses prières ou adoucir par ses repen­tirs. Tout cela est évidemment si infantile, si éloigné de la réalité, que, pour tout ami sincère de l'humanité, il devient douloureux de penser que jamais la grande majorité des mortels ne pourra s'élever au-dessus de cette conception de l'existence. Il est plus humiliant encore de constater combien sont nombreux parmi nos contemporains ceux qui, obligés de reconnaître l'impossibilité de maintenir cette religion, tentent pourtant de la défendre pied à pied par une lamentable tactique de retraites offensives. On voudrait se mêler au rang des croyants pour donner le conseil de « ne point invoquer en vain le nom du Seigneur » aux philosophes qui s'imaginent pouvoir sauver Dieu en le remplaçant par un principe impersonnel, fantomatique et abstrait. Si certains esprits, comptant parmi les plus grands des temps passés, n'ont pas fait autre chose, on ne peut pourtant les invoquer à leur tour. Car nous savons pourquoi ils y étaient contraints.



Revenons à l'homme ordinaire et à sa religion, la seule qui aurait droit à ce nom.







La parole bien connue d'un de nos grands poètes et sages à la fois nous vient aussitôt à l'esprit. Elle définit ainsi les rapports que la religion entretient avec l'art et la science :



Celui qui possède la science et l'art



Possède aussi la religion.



Celui qui ne les possède pas tous deux



Puisse-t-il avoir la religion !



[GOETHE, dans Les Xénies apprivoisées, IX (Œuvres posthumes).



Wer Wissenschaft und Kunst besitzt



Hat auch Religion;