Les bessons croissaient à plaisir sans être malades plus que d’autres enfants, et mêmement ils avaient le tempérament si doux et si bien façonné qu’on eût dit qu’ils ne souffraient point de leurs dents ni de leur croît, autant que le reste du petit monde.
Ils étaient blonds et restèrent blonds toute leur vie. Ils avaient tout à fait bonne mine, de grands yeux bleus, les épaules bien avalées, le corps droit et bien planté, plus de taille et de hardiesse que tous ceux de leur âge, et tous les gens des alentours qui passaient par le bourg de Cosse, s’arrêtaient pour les regarder, pour s’émerveiller de leur retirance, et chacun s’en allait disant : – C’est tout de même une jolie paire de gars.
Cela fut cause que, de bonne heure, les bessons s’accoutumèrent à être examinés et questionnés, et à ne point devenir honteux et sots en grandis