Chapitre premier
De 1832 à 1887. –Mission des souverains. – La Synarchie à l’Hôtel de ville de Bruxelles. –Mission des Juifs. – Union économique. –Syndicats ouvriers. – M. de Cambourg. – Le syndicat de la Presseprofessionnelle. – M. Chevreul. – La machine infernale. –Renouvellement des vœux synthétiques de l’ancienne France. – Les Ministres. – M. Dauphin. – M. Flourens. – Le général Boulanger. – L’amiral Aube. – Notre adresse à la Chambre des députés, au Sénat, au Président de la République. – Pouvoir économique. – Auxlecteurs. – Aux journalistes. – Charlatanisme littéraire, politique, mondain. – La Synarchie européenne et l’Amphictyonat présidé par les Papes. – Nécessité d’un Concordat social en France entre les Français, en 1889.
S’il fallait compter tous ceux qui ont apporté quelque lumière en ce monde et que les ténèbres n’aient point injuriés, tous ceux qui ont sciemment et consciemment travaillé au relèvement d’une nation, et que les ignorants doublés des inconscients n’aient point payés d’ingratitude, la liste serait courte, et il y aurait peu de gloire à y figurer.
Quand je crus que la bonté divine me commandait des œuvres en me donnant bonheur et loisir, je savais d’avance, comme le Dante, que j’allais sortir de mon ciel pour entrer dans laselva selvaggia, dans la sauvage forêt des préjugés, et que sa faune carnassière m’y laisserait difficilement frayer des voies.
Je n’avais que peu de mérite à ne m’en point soucier, car mes convictions étaient inébranlables, et je connaissais la force invincible de la vérité sur l’erreur, de la vertu sur le vice, du travail sur l’oisiveté.
En 1882, à peine eus-je publié laMission des souverains que j’entendis siffler de l’étranger et d’ailleurs pas mal de reptiles. Je reçus des lettres anonymes me menaçant de me couvrir de boue, moi et les miens, d’autres parlant même de mort.
Tristes gens, me disais-je, et je haussai les épaules.
Loin de m’émouvoir pour si peu, la même année 1882, je continuai mon œuvre par la parole.
À Bruxelles, dans la grande salle de l’Hôtel de ville, je démontrai la loi de la paix continentale à un millier d’hommes d’élite de toutes les nations.
Mon plan était de faire la même chose, l’année suivante, à Amsterdam, puis dans les capitales de toutes les petites Puissances, pour les amener à se constituer en Sénat européen, sous le protectorat de la France et de la Russie d’abord, puis de tous les grands États qui auraient voulu entrer dans cette ligue de bien public.
À Paris, en 1883-84, je publiai dans laMission des Juifs la même loi de paix sociale, celle de l’Histoire universelle, contrairement aux théories des politiciens naturalistes, depuis Aristote jusqu’à de Moltke.
Ai-je besoin de dire que dans toutes ces étapes à travers la forêt sauvage, je recevais pas mal de flèches dans ma carapace.
En 1885, je réunis quelques amis pour travailler ensemble à la paix sociale de mon pays, par l’action et non plus seulement par la plume et par la parole.
Il en sortit un projet d’union entre les différentes classes économiques de France, projet imprimé, et que nous nous proposions de répandre et de soutenir devant un Congrès, à Paris.
En janvier 1886, sous la présidence de M. Milhet-Fontarabie, sénateur, nous voulûmes faire l’essai de ces idées devant les syndicats ouvriers.
Un ami vint me dire : « Il y a tout un complot organisé contre vous ; vous serez insulté, interrompu à chaque instant, accusé, hué par des blouses blanches.
– Accusé de quoi ? » lui répondis-je. Et je lui mis sous les yeux les réponses les plus péremptoires aux accusations qu’il me disait.
C’est pourquoi, fort de ma conscience et de l’honneur de toute ma vie, j’allai là, comme au feu : en avant !
Plus de deux cents syndicats ouvriers étaient représentés dans la salle de la rue de Lancry.
Je pris l