Au jour fixé pour le départ, tout était emballé, embarqué dès le matin : la goélette devait partir avec la brise du soir. En attendant, le colonel se promenait avec sa fille sur la Canebière, lorsque le patron l’aborda pour lui demander la permission de prendre à son bord un de ses parents, c’est-à-dire le petit-cousin du parrain de son fils aîné, lequel retournant en Corse, son pays natal, pour affaires pressantes, ne pouvait trouver de navire pour le passer. – C’est un charmant garçon, ajouta le capitaine Matei, militaire, officier aux chasseurs à pied de la garde, et qui serait déjà colonel si l’autre était encore empereur.
– Puisque c’est un militaire, dit le colonel… il allait ajouter : Je consens volontiers à ce qu’il vienne avec nous… mais miss Lydia s’écria en anglais :
– Un officier d’infanterie ! (son père ayant servi dans la cavalerie, elle avait du mépris pour toute autre arme)… un homme sans éducati