[ Rome. Une rue. ]
Entrent MÉNÉNIUS, SICINIUS et BRUTUS.
MÉNÉNIUS
L’augure me dit que nous aurons des nouvelles ce soir.
BRUTUS
Bonnes ou mauvaises ?
Peu conformes aux vœux du peuple, car il n’aime pas Marcius.
SICINIUS
La nature apprend aux animaux même à reconnaître leurs amis.
Et qui donc le loup aime-t-il, je vous prie ?
L’agneau.
Oui, pour le dévorer, comme vos plébéiens affamés voudraient dévorer le noble Marcius.
Lui ! c’est un agneau, en effet, qui bêle comme un ours.
C’est un ours, en effet, qui vit comme un agneau. Vous êtes deux vieillards : répondez-moi à ce que je vais vous demander.
LES DEUX TRIBUNS
Voyons, monsieur.
Quel pauvre défaut a donc Marcius, qui ne se retrouve pas énorme chez vous ?
Marcius n’a pas de pauvre défaut : il est gorgé de tous les vices.
Spécialement d’orgueil.
Et surtout de jactance.
Voilà qui est étrange. Savez-vous comment vous êtes jugés fous les deux ici, dans la cité, j’entends par nous, les gens du bel air ? Le savez-vous ?
Eh bien, comment sommes-nous jugés ?
Puisque vous parlez d’orgueil… Vous ne vous fâcherez pas ?
Dites, dites, monsieur, dites.
D’ailleurs, peu importe