: Frédéric Bastiat, Pierre-Joseph Proudhon
: Gratuité du crédit Correspondance de Frédéric Bastiat avec Pierre-Joseph Proudhon
: Books on Demand
: 9782322446230
: 1
: CHF 6.20
:
: Wirtschaft
: French
: 312
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
RÉSUMÉ :"Gratuité du crédit" est un ouvrage fascinant qui présente la correspondance entre Frédéric Bastiat et Pierre-Joseph Proudhon, deux figures emblématiques de la pensée économique et sociale du XIXe siècle. Ce livre offre un aperçu unique des débats intellectuels qui ont façonné l'économie moderne. À travers leurs lettres, Bastiat, un ardent défenseur du libéralisme économique, et Proudhon, célèbre pour ses idées socialistes et anarchistes, confrontent leurs visions opposées de la société et de l'économie. Leur dialogue passionné aborde des thèmes tels que la nature du crédit, la propriété, et les implications sociales des politiques économiques. Bastiat plaide pour la liberté des marchés et la gratuité du crédit comme moyen de stimuler l'innovation et la prospérité, tandis que Proudhon défend une approche plus égalitaire, critiquant les inégalités inhérentes au système capitaliste. Ce livre ne se contente pas de présenter un débat historique; il éclaire également les problématiques économiques contemporaines en soulignant l'importance du dialogue et de la réflexion critique dans l'élaboration des politiques économiques. En mettant en lumière les arguments de ces deux penseurs influents,"Gratuité du crédit" invite le lecteur à réfléchir sur les fondements économiques de notre société et sur la manière dont ils peuvent être réformés pour mieux répondre aux défis actuels. L'AUTEUR : Frédéric Bastiat (1801-1850) était un économiste et écrivain français, connu pour sa défense passionnée du libéralisme économique. Il a consacré sa vie à la promotion des principes de libre-échange et à la critique des politiques protectionnistes de son époque. Ses oeuvres, telles que"Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas", sont encore largement étudiées pour leur clarté et leur pertinence. Bastiat était également un membre actif de l'Assemblée nationale française, où il a plaidé pour des réformes économiques libérales. Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865), quant à lui, était un philosophe et économiste socialiste, célèbre pour sa déclaration provocatrice"La propriété, c'est le vol". Il est considéré comme l'un des premiers théoriciens de l'anarchisme et a écrit de nombreux ouvrages influents, tels que"Qu'est-ce que la propriété ?". Proudhon a exploré des concepts tels que la justice sociale et l'égalité économique, influençant de nombreux penseurs et mouvements politiques.

Frédéric Bastiat, né le 30 juin 1801 à Bayonne et mort le 24 décembre 1850 à Rome, est un économiste, homme politique et magistrat français. Rattaché à l'école libérale française, il est entré tardivement dans le débat public, il marque la France du milieu du xixe siècle en prenant part aux débats économiques : il collabore régulièrement au Journal des économistes et entretient une polémique virulente avec Proudhon. Élu à l'Assemblée, il participe à la vie politique française en votant tantôt avec la gauche, tantôt avec la droite. Il développe une pensée libérale, caractérisée par la défense du libre-échange ou de la concurrence et l'opposition au socialisme et au colonialisme. Il est considéré comme un précurseur de l'école autrichienne d'économie et de l'école des choix publics. Au xxe siècle, il est abondamment cité par le courant minarchiste. Tombé dans un oubli relatif en France, il bénéficie en revanche d'une renommée internationale, en particulier grâce à ses Harmonies économiques.Dans une lettre à Alphonse de LamartineNote 5, il se range sous la bannière de l'école économiste ou libérale, aux côtés d'Adam Smith, David Ricardo, Thomas Malthus, John Stuart Mill, Thomas Jefferson, Jeremy Bentham, Nassau William Senior, Richard Cobden, George Thompson, William Huskisson, Robert Peel, Destutt de Tracy, Jean-Baptiste Say, Charles Comte, Charles Dunoyer, Joseph Droz. Frédéric Bastiat mentionne d'ailleurs régulièrement Adam Smith et Jean-Baptiste Say, comme les économistes qui ont nourri sa pensée, bien qu'il soit très critique à l'égard de leurs théories de la valeur et des conséquences qui en découlent. Plus proches de lui, il cite également, à maintes reprises, Charles Comte et Charles Dunoyer (les fondateurs du journal le Censeur) sur lesquels il ne tarit pas d'éloges. Frédéric Bastiat sera également influencé par Henry Charles Carey sur les questions de rente foncière. Carey accusera l'auteur des Harmonies économiques, d'avoir plagié son ouvrage Harmonies des intérêts, accusation dont Bastiat se défend dans une lettre adressée au Journal des Économistes. À l'instar de Carey, Bastiat se montrera critique envers la théorie de la rente foncière de David Ricardo qui procède, selon Bastiat, de sa théorie erronée de la valeur.

DEUXIÈME LETTRE.


F. BASTIAT,


Au rédacteur de laVoix du Peuple.

L’usage d’une propriété est une valeur. — Toute valeur peut s’échanger contre une autre. — Fécondité du CAPITAL. — Sa coopération n’est pas rémunérée aux dépens du travail. — Cette rémunération n’est pas exclusivement attachée à la circonstance du PRÊT.

12 novembre 1849.

L’ardeur extrême avec laquelle le peuple, en France, s’est mis à creuser les problèmes économiques, et l’inconcevable indifférence des classes aisées à l’égard de ces problèmes, forment un des traits les plus caractéristiques de notre époque. Pendant que les anciens journaux, organes et miroirs de la bonne société, s’en tiennent à la guerroyante et stérile politique de parti, les feuilles destinées aux classes ouvrières agitent incessamment ce qu’on peut appeler les questions de fond, les questions sociales. Malheureusement, je le crains bien, elles s’égarent dès leurs premiers pas dans cette voie. Mais en pouvait-il être autrement ? Elles ont du moins le mérite de chercher la vérité. Tôt ou tard la possession de la vérité sera leur récompense.

Puisque vous voulez bien, Monsieur, m’ouvrir les colonnes de laVoix du Peuple, je poserai devant vos lecteurs, et m’efforcerai de résoudre ces deux questions :

1° L’intérêt des capitaux est-il légitime ?

2° Est-il prélevé aux dépens du travail et des travailleurs ?

Nous différons sur la solution ; mais il est un point sur lequel nous sommes certainement d’accord : c’est que l’esprit humain ne peut s’attaquer (sauf les problèmes religieux) à des questions plus graves.

Si c’est moi qui me trompe, si l’intérêt est une taxe abusive, prélevée par le capital sur tous les objets de consommation, j’aurai à me reprocher d’avoir, à mon insu, étançonné par mes arguments le plus ancien, le plus effroyable et le plus universel abus que le génie de la spoliation ait jamais imaginé ; abus auquel ne se peuvent comparer, quant à la généralité des résultats, ni le pillage systématique des peuples guerriers, ni l’esclavage, ni le despotisme sacerdotal. Une déplorable erreur économique aurait tourné contre la démocratie cette flamme démocratique que je sens brûler dans mon cœur.

Mais si l’erreur est de votre côté, si l’intérêt est non-seulement naturel, juste et légitime, mais encore utile et profitable, même à ceux qui le paient, vous conviendrez que votre propagande ne peut que faire, malgré vos bonnes intentions, un mal immense. Elle induit les travailleurs à se croire victimes d’une injustice qui n’existe pas ; à prendre pour un mal ce qui est un bien. Elle sème l’irritation dans une classe et la frayeur dans l’autre. Elle détourne ceux qui souffrent de découvrir la vraie cause de leurs souffrances en les mettant sur une fausse piste. Elle leur montre une prétendue spoliation qui les empêche de voir et de combattre les spoliation