: Arthur Conan Doyle
: La Grande Ombre
: Books on Demand
: 9782322274475
: 1
: CHF 3.50
:
: Historische Romane und Erzählungen
: French
: 166
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
Conan Doyle aborde l'époque de la lutte acharnée entre l'Angleterre et Napoléon. Il accompagne jusque sur le champ de bataille de Waterloo un jeune villageois arraché au calme de ses falaises natales par le désir de protéger le sol national contre le cauchemar de l'invasion française, qui hantait alors l'imagination britannique.

Arthur Conan Doyle , né Arthur Ignatius Conan Doyle le 22 mai 1859 à Édimbourg et mort le 7 juillet 1930 à Crowborough (Sussex de l'Est), est un écrivain et médecin britannique. Conan est l'un de ses prénoms et Doyle son nom de famille. Il doit sa célébrité à ses romans et nouvelles mettant en scène le détective Sherlock Holmes considérés comme une innovation majeure du roman policier.

Chapitre 1 - LA NUIT DES SIGNAUX


 

Me voici, moi, Jock Calder, de West Inch, arrivé à peine au milieu du dix-neuvième siècle, et à l’âge de cinquante-cinq ans.

Ma femme ne me découvre guère qu'une fois par semaine derrière l'oreille un petit poil gris qu'elle tient à m'arracher.

Et pourtant quel étrange effet cela me fait que ma vie se soit écoulée en une époque où les façons de penser et d'agir des hommes différaient autant de celles d'aujourd'hui que s'il se fut agi des habitants d'une autre planète.

Ainsi, lorsque je me promène par la campagne, si je regarde par là-bas, du côté de Berwick, je puis apercevoir les petites traînées de fumée blanche, qui me parlent de cette singulière et nouvelle bête aux cent pieds, qui se nourrit de charbon, dont le corps recèle un millier d'hommes, et qui ne cesse de ramper le long de la frontière.

Quand le temps est clair, j'aperçois sans peine le reflet des cuivres, lorsqu'elle double la courbe vers Corriemuir.

Puis, si je porte mon regard vers la mer, je revois la même bête, ou parfois même une douzaine d'entre elles, laissant dans l'air une trace noire, dans l'eau une tache blanche, et marchant contre le vent avec autant d'aisance qu'un saumon remonte la Tweed.

Un tel spectacle aurait rendu mon bon vieux père muet de colère autant que de surprise, car il avait la crainte d'offenser le Créateur, si profondément enracinée dans l'âme, qu'il ne voulait pas entendre parler de contraindre la Nature, et que toute innovation lui paraissait toucher de bien près au blasphème.

C'était Dieu qui avait créé le cheval.

C'était un mortel de là-bas, vers Birmingham, qui avait fait la machine.

Aussi mon bon vieux papa s'obstinait-il à se servir de la selle et des éperons.

Mais il aurait éprouvé une bien autre surprise en voyant le calme et l'esprit de bienveillance qui règnent actuellement dans le cœur des hommes, en lisant dans les journaux et entendant dire dans les réunions qu'il ne faut plus de guerre, excepté bien entendu, avec les nègres et leurs pareils.

Quand il mourut, ne nous battions-nous pas, presque sans interruption – une trêve de deux courtes années – depuis bientôt un quart de siècle ?

Réfléchissez à cela, vous qui menez aujourd'hui une existence si tranquille, si paisible.

Des enfants, nés pendant la guerre, étaient devenus des hommes barbus, avaient eu à leur tour des enfants, que la guerre durait encore.

Ceux qui avaient servi et combattu à la fleur de l'âge et dans l