Vendredi 4 mai 2001
La houle est là. Longue, ample, elle nous bouscule d’un bord sur l’autre. Il faut se tenir fermement pour tout déplacement. Le corps apprend à compenser. Les nauséeux ne seraient pas à la fête ! Heureusement, ça va pour nous !
Aujourd’hui nous quittons l’Espagne pour le Portugal. Nous quittons le monde des rias, idéal lieu de cabotage, pour une côte rectiligne où les seules échancrures sont creusées par les embouchures de fleuves. Les rochers de Galice vont laisser place à de longues plages de sable.
On croise une barque de pêche ballottée dans la houle ; le pêcheur est en plein travail et remonte péniblement un grand filet. Tout autour : mesdames les Mouettes, tranquillement posées sur l’eau, attendent le premier service.
Un bon pêcheur doit être persévérant et optimiste... Yves sort sa canne à pêche.
Nous mettrons un bon mois pour arriver à Lisbonne ; c’est dire que nous avons aimé ce pays ! Pourtant un gros reproche : il n’y a pas, ou très peu, de possibilités de mouillage. Il faut aller dans les marinas. Pour qui veut voyager sur son bateau avec un budget modeste, c’est difficile. Les marinas sont pratiques mais elles sont chères et ce n’est pas « charmant ». La côte nord portugaise, à quelques exceptions près, n’est pas le paradis de la voile. Nous descendons cette côte de marinas en marinas car nous avons envie de profiter des escales pour visiter le pays, si riche en patrimoine architectural. Le Portugal est un musée à ciel ouvert.
Première escale à Viana do Castelo, qui cache une petite marina dans le lit du fleuve.
Au dessus de la ville et du port, fièrement dominatrice, l’église de Santa Luzia dresse sa masse pseudo-byzantine. C’est la « bonne Mère » locale. Nous gravissons les escaliers à travers un bois d’eucalyptus parfumé, pour atteindre le lieu saint et jouir du panorama : unique