La mer fut clémente aux voyageuses et l’équinoxe d’automne qui se manifeste si souvent par de brutales agressions contre les navires conquérants de l’Océan ne se fit sentir que pendant quelques heures.
Le capitaine avait dit à madame Gordon-Hope :
– Demain samedi, nous entrerons en rade à neuf heures.
Mais dès cinq heures du matin, il y eut un tel brouhaha, que l’Américaine s’enquit du pourquoi de ce fracas inusité. Dominga accourut dès le premier coup de sonnette de sa maîtresse.
– Oh ! Madame, c’est si zoli de voir le bateau qui vient au devant de nous avec les médecins, les douaniers et sur l’avant le signor Gennaro qui agite son chapeau dans l’air ! Tout le monde est sur le pont.
– Il faudrait avertir ma fille.
– Oh ! Miss Elly est au bastingage depuis une heure. Elle fait danser son mouchoir comme ça.
Et la bruyante Italienne secouait en riant un des pans de la gaze qui enveloppait sa tête.
– Envoyez-moi Dinah.
– Tout de suite ?
– Évidemment !
– Ah ! bien, c’est qu’elle va rezimber, dit en sortant en coup de vent, comme elle était entrée, la gaie créature.
La France s’arrêta quelques minutes pour permettre auCyclope de l’aborder. Tout le monde grimpa lestement sur le paquebot et ce fut une joie générale mêlée de tendresse émue pour ceux qui tenaient embra