: Arthur Conan Doyle
: Une étude en Rouge
: Books on Demand
: 9782322201303
: 1
: CHF 3.50
:
: Krimis, Thriller, Spionage
: French
: 156
: DRM
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
Londres, 1878. Le Dr Watson fait la connaissance de Sherlock Holmes lorsqu'ils décident d'habiter ensemble. Un jour, Sherlock Holmes reçoit une lettre de Tobias Gregson, un des limiers de Scotland Yard, qui lui demande de l'aide dans une affaire de meurtre...

Auteur britannique de romans policiers, créateur de l'inoubliable limier Sherlock Holmes. Arthur Conan Doyle, né Arthur Ignatius Conan Doyle le 22 mai 1859 à Édimbourg et mort le 7 juillet 1930 à Crowborough, est un écrivain et médecin britannique. Conan est l'un de ses prénoms et Doyle son nom de famille. Il doit sa célébrité à ses romans et nouvelles mettant en scène le détective Sherlock Holmes considérés comme une innovation majeure du roman policier et le professeur Challenger. Cet écrivain prolifique a également été l'auteur de livres de science-fiction, de romans historiques, de pièces de théâtre, de poésies et d'oeuvres historiques. Il est élevé au rang de Chevalier de l'ordre du Très vénérable ordre de Saint-Jean par le roi Édouard VII le 24 octobre 1902. Sa tombe porte cette épitaphe : « Vrai comme l'acier, droit comme une lame, Arthur Conan Doyle, chevalier, patriote, médecin et homme de lettres. »

Chapitre 1 - M. Sherlock Holmes


En 1878, reçu médecin à l’Université de Londres, je me rendis à Netley pour suivre les cours prescrits aux chirurgiens de l’armée ; et là, je complétai mes études. On me désigna ensuite, comme aide-major, pour le 5e régiment de fusiliers de Northumberland en garnison aux Indes.

Avant que j’eusse pu le rejoindre, la seconde guerre d’Afghanistan avait éclaté. En débarquant à Bombay, j’appris que mon corps d’armée s’était engagé dans les défilés ; il avait même poussé très avant en territoire ennemi. A l’exemple de plusieurs autres officiers dans mon cas, je partis à sa poursuite aussitôt ; et je parvins sans encombre à Kandahar, où il stationnait. J’entrai immédiatement en fonctions.

Si la campagne procura des décorations et de l’avancement à certains, à moi elle n’apporta que déboires et malheurs. On me détacha de ma brigade pour m’adjoindre au régiment de Berkshire ; ainsi je participai à la fatale bataille de Maiwand. Une balle m’atteignit à l’épaule ; elle me fracassa l’os et frôla l’artère sous-clavière. Je n’échappai aux sanguinaires Ghazis que par le dévouement et le courage de mon ordonnance Murray : il me jeta en travers d’un cheval de bât et put me ramener dans nos lignes.

Épuisé par les souffrances et les privations. Je fus dirigé, avec un convoi de nombreux blessés, sur l’hôpital de Peshawar. Bientôt, j’entrai en convalescence ; je me promenais déjà dans les salles, et même j’allais me chauffer au soleil sous la véranda, quand la fièvre entérique me terrassa : c’est le fléau de nos colonies indiennes. Des mois durant, on désespéra de moi. Enfin je revins à la vie. Mais j’étais si faible, tellement amaigri, qu’une commission médicale décida mon rapatriement immédiat. Je m’embarquai sur le transportOronte et, un mois plus tard, je posai le pied sur la jetée de Portsmouth. Ma santé était irrémédiablement perdue. Toutefois, un gouvernement paternel m’octroya neuf mois pour l’améliorer.

Je n’avais en Angleterre ni parents ni amis : j’étais aussi libre que l’air – autant, du moins, qu’on peut l’être avec un revenu quotidien de neuf shillings et six pence ! Naturellement, je me dirigeai vers Londres, ce grand cloaque où se déversent irrésistiblement tous les flâneurs et tous les paresseux de l’Empire. Pendant quelque temps, je menai dans un hôtel privé du Strand une existence sans but et sans confort ; je dépensais très libéralement. A la fin, ma situation pécuniaire m’alarma. Je me vis en face de l’alternative suivante : ou me retirer quelque part à la campagne, ou changer du tout au tout mon train de vie. C’est à ce dernier parti que je m’arrêtai ; et, pour commencer, je résolus de quitter l’hôtel pour m’établir dans un endroit moins fashionable et moins coûteux.

Le jour où j’avais mûri cette grande décision, j’étais allé prendre un verre auCriterion Bar ; quelqu’un me toucha l’épaule. Je reconnus l’ex-infirmier Stamford, que j’avais eu sous mes ordres à Barts. Pour un homme réduit à la solitude, c’était vraiment une chose agréable que l’apparition d’un visage familier. Auparavant Stamford n’avait jamais été un réel ami, mais, ce jour-là, je l’accueillis avec chaleur, et lui, parallèlement, parut enchanté de la rencontre. Dans l’exubérance de ma joie, je l’invitai à déjeuner auHolborn ; nous partîmes ensemble en fiacre.

« A quoi avez-vous donc passé le temps, Watson ? me demanda-t-il sans dissimuler son étonnement, tandis que nous roulions avec une bruit de ferraille à travers les rues encombrées de Londres. Vous êtes aussi mince qu’une latte et aussi brun qu’une noix ! »

Je lui racontai briè