: Marie Brunet
: Mon année d'Au Pair aux USA
: Books on Demand
: 9782322218608
: 1
: CHF 5.30
:
: Lebensführung, Persönliche Entwicklung
: French
: 128
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
Le voyage est une expérience unique en termes de découverte de soi, des autres et du monde qui nous entoure. Il permet à chacun d'entre nous une ouverture d'esprit et de coeur, intellectuelle et culturelle. Pour vivre pleinement son expérience à l'étranger, quoi de mieux qu'une immersion totale en terre inconnue, au coeur de la culture à découvrir et sous le toit d'habitants locaux, pour garder leurs enfants?

Née en Bretagne, je suis titulaire d'un Master MEEF et professeure des écoles. Avide de découvertes et de nouvelles rencontres, je sillonne le monde à mon allure, toujours un livre en poche, enchainant petites et grandes expériences.

Première rencontre avec ma famille
d’accueil


Woods Hole, Cape Cod

Je les ai instantanément reconnus, malgré la foule de familles amassées à cet arrêt de bus. Dany était debout, tenant Bryan dans ses bras, souriant à s’en décrocher la mâchoire et me cherchait du regard. À côté d’eux, j’ai aperçu James, le père de Dany, ainsi que sa mère, Sully. James tenait un magnifique bouquet de fleurs dans sa main gauche et Sully brandissait une pancarte sur laquelle je pouvais lire : « Bienvenue Marie ».

Je suis descendue du bus, j’ai récupéré mes valises et je me suis approchée d’eux, à la fois timide et heureuse de pouvoir enfin les rencontrer. Dany m’a tendu Bryan, je l’ai pris dans mes bras, regardé droit dans les yeux et enlacé affectueusement. J’en avais les larmes aux yeux. Ce petit bout de chou allait faire partie de mon quotidien pour cette année entière. J’allais le voir grandir, marcher, entendre ses premiers mots et surtout, j’allais apprendre à l’aimer. Ce premier contact avec lui restera un moment fort en émotions.

J’ai regardé Dany et j’ai vu ses yeux remplis de larmes. Elle m’a enlacée à son tour, me disant à quel point elle était heureuse de me rencontrer et a récupéré Bryan pendant que je serrais les grands-parents dans mes bras. James me tendait le bouquet de fleurs et a pris ma valise des mains pour la mettre dans le coffre de la voiture.

J’appréhendais le trajet retour à cause de la barrière de la langue et de la présence des grands-parents avec qui je n’avais jamais discuté, mais il s’est déroulé avec succès. Dany ne cessait de me poser des questions sur mon vol long-courrier, mon expérience à la Training School, le moment des « au revoir » avec ma famille et au sujet de la culture française. Il n’y a pas eu un seul moment où je ne me suis pas sentie à ma place. James me racontait ses séjours parisiens et berlinois pendant que Sully mentionnait notre gastronomie hors du commun. En une heure et demie de trajet, je me sentais d’ores et déjà à l’aise avec eux. Ils me parlaient avec une facilité déconcertante, comme si nous nous connaissions depuis des années. Je tiens tout de même à préciser que je n’ai pas tout compris. Alors que Dany prenait le temps d’articuler lorsqu’elle s’adressait à moi, Sully et James parlaient de manière normale – vite – comme s’ils s’adressaient à une Américaine.

En chemin, nous avons déposé les grands-parents à l’hôtel, car ils étaient entre deux déménagements. Leur ancienne demeure avait trouvé des acheteurs et ils étaient en train de signer les papiers pour acquérir une nouvelle maison. La première étant devenue trop vaste, ils ont préféré la vendre pour en prendre une « petite ». Ils m’ont montré quelques photographies et je dirais plutôt qu’ils ont renoncé à un château pour une belle et grande maison familiale.

En quittant la route principale qui traverse Cape Cod, nous sommes entrés dans une magnifique propriété où l’herbe verdoyante est tondue à la perfection. Au bout de l’allée, se dresse une maison sur deux étages comme dans les films. De grandes baies vitrées entouraient cette demeure en ardoise typique de la région. Le rez-de-chaussée était loué par un jeune couple et les deux étages du dessus étaient habités par ma famille d’accueil. En face, ils avaient un grand garage indépendant, qui ressemblait à une petite maisonnette.

Dany a garé la voiture sur l’une des trois places à côté de la maison, en face de leur grande terrasse en bois qui se situe au milieu de leur jardin verdoyant et parfaitement entretenu.

Lorsque nous avons pris possession des lieux, je découvrais une grande cuisine, avec son îlot central, ouverte sur le salon et la salle à manger. Le sol est parqueté, les espaces sont aérés, lumineux et aménagés avec goût. En suivant la courbe du salon et en contournant les escaliers, on arrivait sur un bureau entièrement ouvert, qui faisait office de salle de jeux. À côté de ce dernier, se trouvaient ma chambre, la buanderie et ma salle de bain.

À l’étage se trouvaient les trois autres chambres avec leurs salles de bains respectives et je me suis rendu compte que la chambre de l’enfant tombait pile au-dessus de la mienne... Mahost mom m’a fait faire un rapide tour du propriétaire et m’expliquait que leurbasement était loué par un couple de jeunes travailleurs, souvent en déplacement.

La séparation des espaces personnels était de bon augure et promettait une certaine intimité. Un sentiment d’apaisement s’est emparé de moi. Jusqu’à mon arrivée, ma hantise était de me sentir étouffer dans une famille qui n’est pas la mienne et cette séparation physique devrait jouer en ma faveur.

Dany m’a accompagnée jusqu’à ma chambre, pour que je m’y installe et puisse défaire mes valises. Elle n’était pas bien grande, mais c’était suffisant. Les deux fenêtres qu’elle possédait en faisait une pièce lumineuse. J’avais un grand dressing avec de jolies portes en bois coulissantes blanches ainsi qu’un grand lit orné d’une dizaine d’oreillers. Ils avaient mis deux matelas sur le sommier pour un maximum de confort. J’avais hâte d’y passer ma première nuit de sommeil.

Une fois les valises vidées, j’ai bougé les meubles de la chambre. Le lit, qui était en plein milieu de la pièce, prenait trop de place. Je l’ai décalé contre le mur du fond, j’ai fait passer ma table de chevet de l’autre côté et j’ai mis mon fauteuil à proximité de la fenêtre, avec vue sur le jardin. La seconde table de chevet a trouvé sa place près du fauteuil. Je me voyais déjà poser mon café dessus, lorsque je serais confortablement installée devant cette fenêtre, un livre à la main et perdant mon regard dans cet espace vert le temps d’une minute d’inattention.

Jake est arrivé à la maison une demi-heure après et m’a accueillie avec tout autant de chaleur que les autres membres de la famille. Il m’a souhaité la bienvenue dans cette maison qui était également la mienne pour cette année et me tendait un sac de plage en tissus rempli de cadeaux. J’ai reçu une serviette de plage, une crème solaire, une crème pour les mains, qui a été produite sur l’île voisine de Nantucket (elle sentait divinement bon), un guide touristique de Cape Cod, des gâteaux et chocolats locaux, à l’occasion de mon anniversaire et mon arrivée.

J’ai profité de ce moment de partage pour leur offrir mes cadeaux afin de les remercier pour cet accueil si chaleureux. Une peluche pour Bryan et des spécialités culinaires bretonnes pour meshost. Ce dernier est un incorrigible amoureux de cuisine en tout genre et a beaucoup aimé cette attention.

Après les accolades et les remerciements, ils m’ont expliqué le fonctionnement de la maison. Il n’y avait aucune règle, j’étais là-bas chez moi. Je me devais d’être respectueuse de la vie en communauté et rentrer à des heures convenables le soir.

Ils m’ont ensuite prêté un téléphone portable avec une carte SIM américaine à l’intérieur. J’ai préféré conserver mon mobile actuel et je leur ai rendu le smartphone, tout en conservant la carte. Ils m’ont donné le code pour ouvrir la porte d’entrée et les clefs de la voiture verte qui était stationnée devant la maison. Elle allait être mienne pour la durée du séjour ! Pour terminer, ils m’ont donné une carte bancaire à mon nom. Elle me permettrait de payer les courses si besoin, ainsi que l’essence pour la voiture. Plutôt sympathique comme accueil !

Le lendemain midi, nous sommes allés manger dans leur restaurant, qui se situe à une petite demi-heure de la maison. Les grands-parents étaient conviés, toujours dans l’idée de fêter mon arrivée. Leur pizzeria, inspirée de leur amour pour l’Italie, est hypocoristique. La lumière est légèrement tamisée en salle et un peu plus forte au comptoir. Il est possible de manger sur ce dernier et pouvoir observer le personnel s’affairer, tout en profitant de la chaleur que dégage leur somptueux four traditionnel...