: Marie Jeanne Laffez, Jean Pierre Laffez
: Yoga de L'Energie LA LIGNÉE
: Books on Demand
: 9782322200061
: 1
: CHF 8.80
:
: Philosophie
: French
: 204
: DRM
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
Présenter le Yoga de l'Énergie, ce qu'il est, où il en est, fait l'objet de ce livre. Le Yoga de l'Énergie est un des yogas parmi les premiers à avoir été transmis en Occident. C'est un hatha-yoga, yoga du soleil et de la lune, yoga des molarités, des différences et de l'unité de ces différences. Initié par Lucien Ferrer, à la suite de Constant Kerneiz, il a été transmis à de nombreux pratiquants. Roger Clerc a succédé à Lucien Ferrer, mettant au point une transmission vers le publique. Pendant 24 ans est parue quatre fois par an, la revue Yoga Énergie. Il a été sélectionné dans cette revue et dans quelques livres de Roger Clerc des articles faisant le tour des questions qui peuvent se poser à propos du Yoga de l'Énergie. Qu'est-ce que ce yoga ? D'où vient-il ? Pourquoi de l'énergie ? Ses origines modernes et anciennes ? Cette information est justifiée pour les professeurs de Yoga de l'Énergie et toutes les personnes interpelées par le yoga. Elle sera en outre une protection contre les détracteurs et les opportunistes.

Enseignante de yoga, élève de Roger Clerc, a participé à l'élaboration et à la diffusion de la revue Yoga-Énergie, ainsi qu'à la création de l'École Française de Yoga du Sud-Ouest et des Académies du Yoga de l'Énergie, Paris-Ile-de-France et Bordeaux-Sud-Ouest.

LE YOGA EN FRANCE AU XXeSIÈCLE


Roger Clerc, janvier1998

C’est le 21 mars, quelques jours avant de quitter ce monde que Roger Clerc a remis ce texte à Jean-Pierre Laffez, en lui disant, pressentant certainement son départ : Ceci est mon testament. Je vous invite à le lire et à méditer.

Mon maître en énergétique, Lucien Ferrer, nous a quittés en 1964. Voici donc plus de trois décennies que j’ai passé à discriminer l’essentiel du futile dans le fatras de connaissances qu’il m’a transmis à l’époque, durant les quatorze années pendant lesquelles j’ai été son élève assidu.

Lorsque j’ai rencontré ce maître, en 1950, j’avais quarante deux ans et je pratiquais depuis dix-huit années déjà en suivant les conseils et l’enseignement d’un homme remarquable, maître incontesté, le Docteur Marcel Viard.

Celui-ci enseignait alors à l’École de psychologie de Paris dont le directeur était le Docteur Bérillon. Puis il fut professeur à l’École d’anthropobiologie dirigée par le professeur Laignel-Lavastine, membre de l’Académie de médecine. Enfin il devint professeur à l’École d’anthropologie dirigée par Louis Morin, membre de l’Institut.

Ma rencontre avec Viard fut providentielle. C’est maintenant que je me rends compte de l’importance capitale de cet homme sur le cours de mon existence.

À une époque cruciale de ma vie, il fut là, sur ma route, au moment opportun. Je m’inscrivis à son cours deMaîtrise de soi que je suivis avec ferveur. Toute ma vie en fut illuminée. Je suivis ses conseils et il guida mes lectures.

C’était un véritable Maître dont le seul souci était de me faire découvrir le trésor qui était au fond de moi-même, sans jamais m’enchaîner à ses propres idées.

Quand je rencontrai Lucien Ferrer, celui-ci comprit ce que j’avais déjà réalisé inconsciemment, grâce à Viard.

Comme dit le proverbe chinois, j’étaiscelui qui sait, mais qui ne sait pas qu’il sait. Et Lucien Ferrer se trouvait sur mon chemin pourm’éveiller. C’est ce qu’il fit en me faisant prendre conscience de l’énergie qui circule en moi, comme en chacun de nous.

Ce maître en énergétique m’apprit à diriger cette énergie, mais aussi à la moduler, à la renforcer et surtout à la puiser à sa source cosmique. Marcel Viard m’avait appris lamaîtrise de soi et Lucien Ferrer m’indiqua commentmaîtriser la force vitale.

Ce fut possible car Viard avait bien préparé le terrain et dès 1950 Ferrer ne s’y trompa pas et pressentit ce qui devait arriver. Il me désigna pour lui succéder à la direction de l’Académie Occidentale de Yoga. C’est ce que je fis, de 1964 à 1968, après qu’il nous eut quittés. Ce furent des années cruciales pour le Yoga introduit en Occident. Au départ n’importe qui enseignait n’importe quoi. Il était indispensable de mettre un peu d’ordre dans la diffusion de cette merveilleuse discipline si l’on voulait en conserver l’esprit.

Je dois à Lucien Ferrer mon attachement à Milarepa,cet ascète fou du divin dont le but est d’acquérir la Vision directe de la Vérité et pour qui le Salut n’est pas le don d’une divinité, mais l’aboutissement d’un entraînement qui purifiera son être physique et psychique jusqu’à la perception de la Conscience pure (Vie de Milarepa par le Lama Kazi Dawa-Samdup, Éd. Adrien Maisonneuve). C’était son maître, il devint le mien.

Durant les décennies qui suivirent, je maintins fermement le cap dans cette direction non sans peine.

Je n’étais pas destiné à être écrivain et mon étonnement est grand lorsque je compte les livres que j’ai écrits sur le yoga. Ils sont surtout le fruit d’une expérimentation sur moi-même et d’une longue observation sur tous ceux qui m’ont entouré. J’ai appris à juger des individus pendant quarante années dans ma première profession dans le commerce puis trente années dans la transmission du yoga.

Mon interprétation de cette science millénaire et son adaptation aux temps modernes et à la vie stressante que nous menons a provoqué de nombreuses réactions. C’est normal pour toute action d’avant garde. Tout promoteur avance seul, c’est bien connu.

Mais, trois décennies plus tard, nul ne conteste que la vie actuelle n’est plus la même que celle que menaient nos ancêtres et que, si l’être humain a toujours deux bras et deux jambes, sa façon de vivre a considérablement changé et en conséquence son système nerveux s’est transformé. Il est devenu souvent moins robuste et hélas parfois déséquilibré.

N’est-il pas dangereux de mettre un élève débutant en posture inversée, en équilibre sur la tête, s’il a de l’arthrose cervicale ou s’il est hypertendu ? Ou encore d’augmenter son potentiel énergétique si ses organes ou son système nerveux sont faibles ? C’est alors à coup sûr accentuer un déséquilibre. C’est pourquoi, dès le début j’ai préconisé unyoga élémentaire, yoga de base, simple et rééquilibrant pour préparer le terrain. J’ai été très mal reçu car on voulait rapidement prendre le lotus et se mettre en équilibre sur la tête !

Peut-être qu’aujourd’hui on hésitera à me croire, mais c’est hélas la stricte vérité. Toutefois pour moi l’essentiel est que maintenant on ait compris.

De même, de tout ce qui m’avait été transmis, triant le bon grain de l’ivraie, j’ai fait ressortir l’essentiel en éliminant tout ce qui me semblait superflu, comme certaines coutumes périmées. Ainsi naquit cette méthode que j’ai intituléeYoga de l’Énergie. C’était révolutionnaire car j’osais sortir des sentiers battus. Certains me traitèrent de renégat. Le titre de l’ouvrage lui-même fut critiqué, car c’était, il est vrai, un pléonasme, le mot yoga contenant implicitement celui d’énergie. Je m’en expliquai en disant qu’en effet il y avait pléonasme, mais qu’en fait l’énergie est partout, même dans le non manifesté qui paraît inerte à nos sens humains. Les microscopes électroniques l’ont découvert.

Le Yoga de l’Énergie justifie son titre parce qu’il amène l’adepte à prendre rapidement conscience de soncorps de l’énergie, le prânamayakosha. Et, pour cela nous utilisons l’extraordinaire compétence que les Orientaux ont de cette anatomie subtile.

Grâce à la connaissance de cette anatomie invisible, on peut diriger l’énergie qui circule en nous, la canaliser, la tonifier ou la disperser. Ainsi l’adepte devient, non seulement maître de son corps physique, mais aussi de ce corps subtil, lequel le met directement en relation avec le corps du mental, encore plus subtil, par lequel il accède au profond de lui-même, au Soi. C’est l’ultime réalisation !

Il m’a fallu bientôt soixante-dix années de travail sur moi-même pour en faire la preuve, mais j’en parle avec certitude. Car ainsi conçu, le yoga va bien au-delà d’un développement corporel. Il transforme tout être humain profondément pour lui faire atteindre le Principe de toute chose, en son centre. C’est la Vérité, le Réel, le Suprême, la Connaissance, le Tout, Conscience pure ou encore Conscience énergie. Peu importe le vocabulaire, car c’est aussi Cela, le Sans nom, l’Innommable.

Je remercie Milarepa de qui mon œuvre s’est largement inspirée.

Il est temps de redonner au yoga cette dimension et ce sera assurément le yoga du XXIe siècle, le yoga du troisième millénaire.

Il faut continuer à former des enseignants qualifiés, mais aussi promouvoir une plus grande information et une meilleure diffusion dans le grand public de cette discipline rééquilibrante et susceptible de conduire un plus grand nombre d’individus vers le Réel. Mais ce n’est qu’une minorité qui atteindra ce que j’ai appelé le troisième degré dans mes ouvrages.

Arrêtez de jouer aux sages, aux...