: Herbert George Wells
: Miss Waters
: Books on Demand
: 9782322248339
: 1
: CHF 3.50
:
: Erzählende Literatur
: French
: 196
: Wasserzeichen
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
Au début du siècle, les membres d'une famille anglaise profite des plaisirs de la plage et aperçoivent dans la mer une femme en difficulté. Ils la sauvent de la noyade. Cette jeune femme d'une grande beauté, qui se révèle être une sirène, est recueillie par cette famille. Mais s'intègrera-t-elle en son sein, s'adaptera-t-elle au mode de vie de la société anglaise, à la politique, à la montée du féminisme? H.G. Wells évoque avec tendresse et ironie ces contemporains avant de conclure son histoire de façon tragique.

Herbert George Wells (1866-1946), journaliste et romancier britannique mondialement connu pour La Guerre des mondes, La Machine à explorer le temps, L'Homme invisible et L'Île du docteur Moreau, est souvent qualifié de"père de la science-fiction".

CHAPITRE II. PREMIÈRES IMPRESSIONS



Voilà, avec autant de vraisemblance que j’en puis mettre, dans quelles circonstances la Sirène aborda à Folkestone. Indubitablement, toute l’affaire fut le résultat d’un plan d’invasion mûrement arrêté par la prétendue naufragée. Elle n’avait pas eu la moindre crampe, elle n’en pouvait avoir, et, en ce qui concerne la noyade, personne ne fut un instant en danger, si ce n’est M. Bunting, dont la précieuse existence faillit être sacrifiée au début de l’aventure. La première manœuvre de la dame fut, aussitôt installée, de demander un entretien à Mme Bunting et de compter sur l’éclat séducteur de sa juvénile beauté pour s’assurer, dans cette extraordinaire équipée, l’appui, la sympathie et le patronage de cette bonne dame qui, en réalité, était une enfant naïve, un véritable nouveau-né, en comparaison des immémoriales années vécues par la Sirène. La façon dont elle se conduisit vis-à-vis de Mme Bunting serait incroyable si nous ne savions que, en dépit de maints désavantages, la Dame de la Mer était une personne qui avait énormément profité de ses lectures. Elle en convint elle-même plus tard dans diverses conversations qu’elle eut avec mon cousin Melville. Car, pendant quelque temps, une amicale intimité – c’est ainsi que Melville préfère toujours présenter la chose – rapprocha ces deux personnes, et mon cousin, qui est doué d’une curiosité assez considérable, recueillit un grand nombre de détails fort intéressants sur la vie delà-bas ou d’en-bas, car la Sirène se servit de l’une et de l’autre expression. D’abord la Dame de la Mer se tint sur une excessive réserve, malgré l’insistance aimable de l’interrogateur, mais je devine qu’elle se laissa aller parfois à des accès d’expansion et de joyeuse confiance.

 

« Il est clair, écrit mon cousin dans sesmemoranda, que les antiques notions que nous avons sur la vie sous-marine représentée comme un perpétuel jeu de cache-cache à travers des forêts de corail, interrompu par des séances de coiffure au clair de lune sur des plages rocheuses, méritent d’être considérablement revues et corrigées.

 

« Au point de vue littéraire, par exemple, les peuples sous-marins sont aussi bien pourvus que nous, et ils ont, par-dessus le marché, des loisirs illimités qu’ils peuvent, à leur gré, consacrer à la lecture. »

 

Melville insista beaucoup, et avec une envie manifeste, sur ces loisirs illimités. L’image d’une sirène se balançant dans un hamac fait de plantes marines tressées, tenant d’une main le dernier succès du romancier en vogue et de l’autre un poisson phosphorescent d’une force de seize bougies, peut choquer nos idées préconçues, mais un pareil tableau est assurément beaucoup plus conforme à la vie ordinaire de l’abîme telle que la Sirène la lui dépeignit.

 

Partout le changement impose son vouloir aux choses ; partout et jusque chez les créatures immortelles, règne la Modernité. Sur l’Olympe même, je suppose qu’il y a un parti progressiste et qu’un nouveau Phaéton s’y agite pour remplacer les chevaux du char de son père par quelque moteur solaire de son invention. C’est ce que j’insinuai à Melville qui s’écria