Chapitre 4 Altercation
Similitudes du combat : hier je rencontrai chez le coiffeur un client de passage, alors que j’étais sur ma chaise pour une coupe, le gars semblait connaître le coiffeur et se targuait d’avoir rossé un pauvre gars pour une place de parking. Il en semblait tout bouleversé. Le coiffeur dit : « Alors tu t‘es battu ? ».
Le client : « oui je lui ai infligé un coup, pour lui apprendre à vivre ! ».
Puis tournant les talons il sortit du salon. J’avais reconnu l’œuvre du Saint-Esprit qui ne m’a pas laissé seul en face de ma déconvenue fortuite.
J’ai eu quelque mal à parler de cet assaut tout en pensant que la violence appelle la violence. Ma position assise sur le siège ne m’empêcha pas de parler à Jean le coiffeur de la politique et des politiciens véreux. Tel TRUMP le nouveau président républicain des Etats Unis qui attaque son prédécesseur démocrate OBAMA sur les accords du climat et de son réchauffement, ce président a des liens avec les industriels pétroliers, on sait la tour de TRUMP et sa richesse colossale. Tous mes mots se font des maux et invectives par l’échange, ce qui dénote le manque de justice de notre monde qui lie les corrupteurs et les élus dans un panier de crabes.
La parole, ils la prononcent pour eux, pour leur ambition rarement pour l’amour du prochain, les intentions d’annonces, les tweets, la rivalité entre groupes politiques forment la division, le dégoût d’aller aux urnes. L’homme moyen par dépit parle d’eux. L’homme ne serait pas responsable du réchauffement climatique, Sarkozy le perdant et TRUMP le milliardaire forment un même coussin de plumes où ils s’étendent. La démographie galopante : il naît autant de chrétiens que de musulmans alors que dire des fluctuations du climat depuis 4,5 milliards d’années ? Pourquoi s’étonner et conclure que Dieu est responsable de tout cela? Il a dit croissez et multipliez vous dans l'ancien testament. Dieu conduit le réchauffement pourquoi ne pas le reconnaître ? il ne vient pas des hommes mais est-ce à dire que les hommes politiques croient en leur force plus qu’en l’au delà.
L’homme assaillant était-il un descendant de J.J. Rousseau, un Jean Valjean misérable qui lustre ses chandeliers avec du vinaigre blanc ou du bicarbonate de soude ou encore un ogre amaigri et dénutri par manque de pitance et de chair fraîche.
Ma narration ne serait qu’une banale réalité, une altération inopportune, lorsque je vous aurai dit que je l’ai revu ce lundi à la saint Corentin. A n’en pas douter. C’est lui qui entre à la pomme de pain et en ressort rapidement sans consommer ; une voiture de police sans passager lui aurait fait peur à l’entrée du supermarché. Je le reconnus, lui, mon baroudeur, mon sens de l’observation aux aguets suscité par un client très handicapé sur son chemin. Je n’avais jamais vu cela : revoir le forban, seul, grand émacié si maigre aux alentours ; il marchait d’un pas alerte alors que mon regard se posait sur lui.
Si j’avais su que la police n’était pas loin je l’aurais dénoncé même sans flagrant délit. Trouble et désordre auraient pu disparaître chez cet homme s’il avait été arrêté. Sa vitesse d’exécution ne fait aucun doute : deviendrais-je physionomiste ? C’était bien lui mon agresseur ! il a traversé le couloir sur mon côté droit sans même me regarder… sans me frapper à nouveau.
La station Corentin est à Paris, c’est le saint du jour, attention aux faux prophètes et aux faux témoignages.
Pour revenir à son ascendance avec Rousseau je devine s’il a eu des enfants qu’il les aurait abandonnés comme notre célèbre écrivain, un écrivain qui a écrit un traité sur l’Education… Lui, disposant assez de gènes communs avec lui ou un autre, graines de violence sur chromosomes tarés.
Notre rencontre aboutie serait-elle une œuvre du destin ? Une idée pour écrire, il aurait pu me reconnaître et m’infliger une gifle sur la joue droite si je l’avais interpellé, pensais-je après coup. La surprise est de le retrouver là, à proximité dans mon havre de paix où je règle poliment ma note.
Le monde est petit, bien entendu mais là à le revoir debout, fringant avec velléité à ce moment, je fus interloqué. Je pensais le retrouver dans le hall d’une gare avec une sébile à la main, un panonceau annonçant, pour afficher son repentir, ce qui aurait plu à Dieu. Dans une vie brouillonne j’avais prédis que je le rencontrerais à nouveau, je lui dirais dans ma vie tout ce que j’ai écrit sur lui, et comment je vois les choses. L’autosatisfaction cache notre miséricorde. J’irais même jusqu’à lui dédicacer mon livre dans la sécurité la grâce et la liberté de l’opportuniste.
Je pensais simplement mon café servi que je devais le consommer en bon consumériste pacifique et honnête. J’aime méditer et jouer en ce lieu calme et paisible en grattant mon ticket, espérance ou espoir de gros lot ou je devrai vendre un million de livre ce qui reviendrait au même.
Il était midi passé de trente minutes, j’avais laisser l’heure tourner, mon épouse est partie pour Paris.
Je rentrai chez moi manger ; dans la foule je laissais mon agresseur d'un jour à son destin, je pensais que les circonstances ne pouvaient être plus favorables avec la présence du véhicule sans passager de la Police. Qui me contrecarrera dans la recherche de la justice ?
Alors que les chats s’enfuient à mon passage en rasant les murs, j’avais enfreint leur distance de sécurité, je réfléchis au sens de l’homme qui ne s’attend pas à pareille mésaventure, moi en l’occurrence, je suis pris d’un élan de fraternité envers cet homme qu’une femme a sans doute sali ou l’a abandonné. Je l’imagine en bon caucasien européen terme employé par la police lors du dépôt de plainte contre X. Dans ce cas la vidéo reste une arme efficace pour démasquer le violent intransigeant.
Parfois la science nous effraye, elle l’est moins lorsqu’elle est au service du citoyen.
J’avais un peu de rancune, mon témoignage sans intention d'accusation mensongère dans le bureau de police ne donna qu’une information imprécise de l’assaillant, la base de photothèque des malfrats ne m’offrant qu’une indication sur ce quoi ressemblait le visage de X. Pas de certitude, une ressemblance certes m’a conduit à désigner deux photos. Son allure et son comportement singuliers avec sa physionomie bien particulière ne m’a trompé qu’à moitié.
La fraternité de Noël approche, je souhaite converser avec lui pour un pardon de cet acte répugnant. Si ce n’est pas un récidiviste, je pense avec mansuétude ce qui ne le condamnerait pas aux yeux de tous. Dans le contexte citoyen j’ai cru bon en toute conscience affirmer ma prétention à aider le service d’ordre à réaliser ce qu’on appelle une prévention plus qu’une injustice, mais de là inculper un innocent, je n’y pensais aucunement.
Aujourd’hui sans retard je compte le nombre de pas pour rallier la Pomme de Pain puis la police et enfin le dentiste. Il s’est passé 89 jours depuis la sombre rencontre, calcul assuré d’une bonne mémoire, en cette mi-décembre les journées sont embrumées pluvieuses et froides je me surprends de ce pas alerte alimenté par ma volonté d’écrire encore quelques lignes à mon livre sur ce fait divers.
L’espoir d’une troisième rencontre est bien maigre, demain je vais 89 jours plus tard, jour pour jour au laboratoire d’analyse, rendez-vous pris le matin bien avant le croisement avec l’homme vindicatif à midi vingt. Rencontre espérée dans mon rôle mi-humain mi-divin comme témoin. Ce qu’il fallait démontrer (sic) ! Faire sortir le loup rien qu’avec un coup de téléphone voici qui serait miraculeux encore plus que pouvoir écrire et discourir sur le sujet, pour que ça passe ! On pourra penser au hasard mais si tout est hasard de quel ordre penser de l’univers qui a un début avec le big bang il y a
4,5 milliards d’années. Non je pense que Dieu a voulu que je rencontre aujourd’hui un pauvre déshérité, furtif et qui semblait habité par un démon, sa rapidité...