: Helder Serpa
: 120 propositions dans la raison privative de la catégorisation du possible Séries 1 - 2 - 3
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: 9782322264759
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Qui commence de penser est aussitôt assailli par la question du commencement. Et plus il s'acharne à commencer plus la question l'obsède. Rien ne sert d'esquiver, il faut traiter. Prendre langue avec le harceleur est le seul moyen de désamorcer sa hargne. Cela prend du temps. En voici le résultat.

Comme Dieu, l'auteur de cet ouvrage s'identifie au moyen d'un grand nombre de qualifications négatives. Il n'est pas expert, ni philosophe, ni diplômé, ni universitaire, ni érudit. Mais il existe, contrairement à Dieu, et quelques modes et accidents lui procurent une physionomie humaine. Propédeute définitif, spéculatif résolu, ayant commencé de penser en raison de sa conformation physique et biographique, il n'a pas encore réussi ni à aboutir ni à renoncer. Ni même à tout interrompre afin de parfaire sa formation et tâcher d'acquérir quelques qualifications idoines. La chose s'est produite autrefois dans une mansarde du Quartier Latin, ce qui vaut titre de gloire pour certains connaisseurs.

IV Lexique Succinct


Catégorialité

Tout ce qui est manifeste est symbolique. Il y a continuité (isotopie formelle sinon substantielle) entre le simple « perceptum » (de tous les types, et de tous les degrés de complexité. Proprioceptif, intéroceptif, extéroceptif, etc.) et le degré le plus élaboré de la textualité. Tout perceptum est ostension et cette ostension est un acte catégoriel (l’accomplissement matériel d’une signification, un signe mais accompli) compatible avec le langage. Si cette compatibilité n’était pas originaire elle n’aurait jamais pu avoir lieu.

Par exclusion d’un état qui eût été purement ontologique de ce qui apparaît, de ce qui se manifeste ; par exclusion donc de la « chose ontologique ».

Le logique

Ce terme identifie un domaine qui inclut entre autres termes (nombreux) le termela logique. Même si son usage n’était pas répertorié il serait licite et obligatoire de l’employer. L’identification de ce domaine, présente une difficulté due au fait qu’il ne possède pas d’extériorité ni d’hétérogénéité. Sa définition sera donc non pas descriptive mais constituante :Domaine de l’effectuation matérielle du sens. Ce qui n’entraîne pas qu’il puisse y avoir un moment d’inexistence de cette effectuation, ou une effectuation qui ne serait pas matérielle, ou une inexistence de sens. Quant à caractériser ce en quoi consiste le « sens », on ne peut que remonter à ce qui devient sens, et illustrer la différence ainsi produite. Si ce qui vient avant ce qui se qualifie comme « sens » est le « purement réel » autrement dit ce qui existe dans une détermination strictement ontologique, sans plus, l’ostension de cette chose première la convertit en manifestation de sens, car cette ostension est distincte et descriptible. Autrement dit elle accomplit le dépassement d’un stade qui ne peut pas se concrétiser sans muer, celui que vise l’expression « il y a quelque chose ». Quoi que ce soit, manifeste, ce « quelque chose » n’est plus une chose quelconque, mais une chose individuée. Ostension pas seulement visuelle, mais relative à quelque forme de sensibilité qui soit. Et si je me gratte le nez, nul doute qu’un psychanalyste compétent serait à même d’en faire son miel. Il serait concevable même qu’un culte mystique quelconque puisse élire ce geste comme signe de ralliement (en vouant au bûcher les hérétiques qui, à la place, oseraient se curer l’oreille). Ainsi le terme « sens » est lui-même dépourvu d’opposition ou d’hétérogénéité. Il est saisissable dans la narration fictionnelle de cette transition radicale et irréversible de l’ontologique à l’ostensible.

Un très vaste champ terminologique se rapporte à cette circonstance, mais « le logique » les subsume tous. Symbolique, sémantique, sémique, noétique, conceptuel, linguistique, cognitif, et tous les items d’un interminable répertoire lexical que chacun saura prolonger voire compléter. Tel qu’il estle logique fait l’affaire, ce qui justifie son emploi réitéré (ad nauseam pour les amateurs de pittoresque verbal) et même interminablement réitéré dans ces textes. Cette qualification ne vaut que quand elle se constitue. Ce n’est nullement une caractéristique d’un quelconque « réel » premier, qui serait par nature immanent au domaine de constitution matérielle du sens. Le fait logique est l’immanentisation irréversible de n’importe quoi. En dehors de cet acte, et sauf si un dieu le logicise sans cesse, le monde est étranger au sens. Le logique immanentise toutes ses extériorités et ceci épuise la descriptibilité de ce en quoi consiste sa fonction constituante.

Positionnalité

Ce terme répond aux questions suivantes :

1. Vu la contrainte à l’immanentisme, autrement dit à l’inconcevabilité d’un domaine conceptuel extérieur à l’élaboration logique imputable à un sujet (« humain » par redondance et par dérision) car la scrutation d’un tel domaine ipso facto l’immanentiserait, et vu l’identification du possible au réel (le « inévitablement vrai si on le dit et quand on le dit », la certitude protocolaire ou la tautologie protocolaire) comment se peut-il que l’impossible logique (impossibilité valant irréalité, inconcevabilité valant inexistence) soit caractérisable et que l’on puisse former une expression (d’identification ou de description) inarticulable ?

2. De quel possible cet impossible provient-il ?

3. Que doivent être les conditions déterminantes du possible pour que l’impossible ne soit pas exclu d’expression ?

Deux principes permettront de surmonter cette sidération :

Principe du tout-logique

1. Tout ce qui est (« pour nous », ceci constituant encore une redondance), est dans le logique, même le non logique (alogique, paralogique, sous-logique, translogique, etc.).

La condition ontologique de la condition logique :

2. De quoi que ce soit on ne dira « ceci n’est rien » (même ce qui semble absolument dépourvu de signifié), tout benoîtement parce au moment de cet anéantissement, il serait déjà trop tard pour ne pas l’avoir dit et ipso facto désigné, distingué, identifié.

Privatif

Ce terme manifeste la requête d’acquiescement à une condition qui est cependant inévitable. On admet d’ordinaire qu’il existe toujours deux biais pour que la nécessité d’une règle s’accomplisse effectivement. Ou l’acceptation de principe, ou l’échec de la transgression. Pour qui reconnaît l’existence d’une telle prescription irrécusable (une sorte de « loi ») il semblerait que l’acquiescement choisi d’emblée et une fois pour toutes s’imposerait comme seule option admissible, s’il s’agissait d’une option. L’auto-annulation de l’entreprise transgressive pourrait apparaître comme une perte de temps et un gaspillage de travail. Sauf qu’une caractéristique essentielle d’une loi de ce type (à portée pragmatique) est de n’être rien en dehors de son exercice, et cet exercice est réducteur, excluant et annulateur. C’est une loi qui n’existe que sous la forme de sa mise en œuvre actuelle et effective. Elle devient nécessaire en raison de son exécution, jamais avant, jamais ailleurs. C’est une loi dont l’effet s’exerce sur son propre accomplissement. Et qui pourrait se commenter en disant : même ce qui va de soi doit être accompli. La condition dirimante et constituante que l’attributprivatif caractérise va tellement de soi que la tentative de le rejeter ou transgresser est encore un moyen de l’accréditer. Et qu’une telle entreprise puisse se constater suscite un questionnent voire une stupéfaction. Son caractère impératif tient à une circonstance d’une parfaite trivialité, et difficilement déniable (la chose se fait cependant, et abondamment). Rien n’existe dans l’ordre de l’effectuation matérielle du sens qui ne soit le fait d’un sujet. Ou encore, il n’existe pas de fait de sens quel qu’il soit qui ne soit un acte humain, et la désignation ou la description d’un fait de sens doit être compatible avec cette circonstance. Et c’est un sujet humain qui le stipule, en s’y soumettant, et ce sont des sujets humains qui s’en affranchiraient et nous en affranchissant, en témoignant par un moyen quelconque de l’existence de formations du sensé (formations logiques) catégorielles ou seulement de l’ordre de l’ostension qui ne sont pas imputables à une action humaine. En supputant sans doute qu’un récepteur humain puisse accueillir et comprendre une pareille information. Le possible logique est réduit à ce qui est compatible avec l’existence active du sujet lors de son effectuation mais cette réduction est nulle en dehors de cette effectuation. C’est donc une loi dont l’effet ne s’accomplit que sous forme de négation protocolaire (« agie », ou « en acte ») de sa propre impossibilité. Si on comprend sa transgression comme une négation de...