A la fin du Ve siècle, l angélologie, bien qu elle eût fait des progrès considérables depuis l époque apostolique, était loin d être arrivée à sa forme définitive. Elle avait à subir encore plusieurs retouches d ordre secondaire ; mais il y avait surtout deux points sur lesquels ses conclusions devaient être modifiées nous voulons parler de la nature et de l organisation du monde angélique. Pendant toute la période que nous venons d étudier, la spiritualité absolue des anges avait été tout au plus entrevue par un ou deux Pères initiés à la culture philosophique ; il n y a aucune exagération à dire qu on attribuait unanimement aux esprits célestes des corps subtils et éthérés. Quant à leur organisation, elle était à peine ébauchée. En recueillant les dénominations employées dans l Écriture pour désigner les anges, on arrivait tantôt à sept, tantôt à huit, tantôt à neuf ou même à dix ordres ; mais on n attachait à ces chiffres aucune importance. Beaucoup étaient convaincus en effet que la même catégorie reparaissait dans divers endroits sous des noms différents. D autres, au contraire, pensaient que l énumération fourn