: Danilo Clementoni
: Nous Sommes De Retour Les Aventures D'atzakis Et Pétri
: Tektime
: 9788873043997
: 1
: CHF 2.60
:
: Fantasy
: French
: 240
: DRM
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
' Nous étions repartis. Une seule de nos années solaires s'était écoulée depuis que nous avions été obligés d'abandonner leur planète de toute urgence, mais pour eux, pour les Terriens,
3600 années étaient passées.
Qu'allions-nous trouver? '
Nibiru, la douzième planète de notre système solaire, a une orbite elliptique à l'extrême, rétrograde et remarquablement plus grande que celle de toutes les autres planètes. Elle met en effet 3600 ans environ à faire un tour complet autour du Soleil. Depuis des centaines de milliers d'années, ses habitants, profitant de ces rapprochements cycliques, nous ont systématiquement rendu visite, influençant à chaque fois notre culture, nos connaissances, notre technologie et jusqu'à l'évolution même de l'espèce humaine. Nos prédécesseurs leur ont donné bien des noms, mais celui qui, depuis toujours, les représente le mieux, est celui de « Dieux ». Atzakis et Pétri, deux sympathiques habitants de cette étrange planète, reviennent sur Terre à bord de leur vaisseau spatial Théos pour récupérer un mystérieux chargement, très précieux, caché lors de leur dernière visite. Un récit captivant, drôle, mais aussi plein de suspense, et qui propose une relecture d'événements historiques qui pourrait bien vous bouleverser.

PUBLISHER: TEKTIME

Nassiriya - Restaurant Masgouf


Nerveusement, le colonel Hudson parcourait en diagonale le dégagement desservant la salle principale du restaurant, dans un sens, puis dans l’autre. Il regardait presque à chaque minute la montre tactique qu’il portait à son poignet gauche et qu’il n’enlevait jamais, même pour dormir. Il était agité comme un adolescent à son premier rendez-vous.

Pour tromper l’attente, il s’était fait servir unMartini sur glace avec une rondelle de citron par le barman moustachu qui, sous ses sourcils broussailleux, l’observait avec curiosité tout en essuyant paresseusement un défilé de verres au long pied.

L’alcool était bien évidement interdit dans les pays musulmans mais ce soir-là, on avait fait une exception. Le petit restaurant avait été entièrement réservé pour eux.

Aussitôt après sa conversation avec le Professeur Hunter, le colonel avait contacté le propriétaire de l’établissement, lui demandant expressément la spécialité deMasgouf qui donnait son nom au restaurant. Étant donné la difficulté de se fournir de l’ingrédient principal, l’esturgeon du Tigre, il voulait s’assurer que le restaurant n’en manquait pas. Bien conscient, de plus, qu’il fallait au moins deux heures pour le préparer, il souhaitait que tout soit cuisiné sans hâte, et avec une perfection absolue.

Pour la soirée, l’uniforme n’étant évidemment pas adapté à la situation, il avaitdécidé de ré-exhumer son costume sombreValentino assorti d’une cravate de soie styleOxford, à rayures grises et blanches. Les chaussures noires, cirées comme seul un militaire sait le faire, étaient également italiennes. La montre tactique n’avait vraiment rien à faire là, mais il n’aurait pas pu s’en priver.

 

— Ils arrivent.

La voix sortit en grinçant du récepteur, en tous points semblable à un téléphone portable, qu’il gardait dans la poche intérieure de sa veste. Il l’éteignit et regarda à l’extérieur par la porte vitrée.

La grosse voiture sombre évita un sac froissé qui, poussé par la brise légère du soir, roulait paresseusement au milieu de la route. D’une manœuvre rapide, elle s’arrêta juste devant l’entrée du restaurant.Le chauffeur attendit que la poussière soulevée par la voiture retombe au sol, puis il descendit du véhicule avec circonspection.De l’oreillette à moitié dissimulée dans son oreille droite lui parvint une suite de « all clear ». Il regarda attentivement vers toutes les positions déterminées à l’avance pour être sûr d’avoir bien repéré tous les soldats qui, en formation de combat, allaient assurer la sécurité des deux convives pendant la durée du dîner. 

La zone était sûre.

Il ouvrit la portière arrière et, présentant délicatement sa main droite, aida sa passagère à descendre. 

Après avoir remercié le militaire pour sa gentillesse, Élisa sortit souplement de la voiture. Elle regarda le ciel et, emplissant ses poumons de l’air pur du soir, elle s’accorda un instant pour admirer le spectacle extraordinaire que seul le ciel étoilé du désert peut offrir. 

Le colonel hésita un instant entre sortir à sa rencontre et attendre son entrée à l’intérieur du restaurant. Il choisit finalement de rester assis, espérant ainsi dissimuler davantage son agitation. L’air indifférent, il s’approcha donc du comptoir, s’assit sur un tabouret haut, appuya le coude gauche sur le bois sombre, fit rouler le reste d’alcool au fond de son verre, et s’absorba dans la contemplation de la pulpe de citron qui se déposait lentement au fond.

La porte s’ouvrit avec un léger