: George Sand
: Cesarine Dietrich
: Seltzer Books
: 9781455352227
: 1
: CHF 0.10
:
: Erzählende Literatur
: French
: 172
: DRM
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB

Roman français classique en français original. Selon Wikipedia: 'Amandine Aurore Lucile Dupin, Baronne Dudevant (1 juillet 1804 - 8 juin 1876), mieux connue sous son pseudonyme George Sand, était une romancière et féministe française .... Une liaison avec l'écrivain Jules Sandeau a annoncé ses débuts littéraires. Ils ont publié quelques histoires en collaboration, en les signant 'Jules Sand.' Elle a par conséquent adopté, pour son premier roman indépendant, Indiana (1832), le nom de plume qui l'a rendue célèbre - George Sand. Rose et Blanche (1831), écrit en collaboration avec Jules Sandeau, puisant dans son enfance à la campagne, elle écrit les romans ruraux La Mare au Diable (1846), François le Champi (1847-1848), La Petite Fadette ( 1849) et Les Beaux Messieurs Bois-Doré (1857). Un hiver à Majorque décrit la période qu'elle et Chopin ont passée sur cette île entre 1838 et 1839. Ses autres romans incluent Indiana (1832), Lélia (1833), Mauprat ( 1837), Le Compagnon du Tour de France (1840), Consuelo (1842-1843), et Le Meunier d'Angibault (1845). Parmi les autres pièces de théâtre et pièces autobiographiques figurent Histoire de ma vie (1855), Elle et Lui (1859) (sur son affaire avec Musset), Journal Intime (publié à titre posthume en 1926) et Correspondance. Sand exécutait souvent ses œuvres théâtrales dans son petit théâtre privé du domaine de Nohant. Sand est l'auteur de critiques littéraires et de textes politiques. Sa citation la plus répandue étant «Il n'ya qu'un seul bonheur dans la vie: aimer et être aimé».

»--Non, il me l'a défendu au contraire. Comme il ne veut recevoir ici aucun de ses amis, il cache son petit ménage, et l'appartement n'est ni à son nom ni au mien. Je dois me cacher aussi à cause de ma mère, qui me _repincerait_, je suis encore mineure, et je ne sors que le soir au bras de Paul, dans les rues où il ne fait pas bien clair. Quand vous avez demandé madame Paul Gilbert, j'ai eu un moment de bêtise ou de fierté; mais personne ne me connaît sous ce nom-là. À vrai dire, personne ne me connaît. Je ne me montre pas. C'est madame Féron qui achète tout, qui fait les commissions, qui porte l'ouvrage, qui promène le petit. Moi, je m'ennuie bien un peu d'être enfermée comme ça, mais je travaille de mes mains, et je tâche que ma pauvre tête ne travaille pas trop....»

 

Je lui ai promis d'aller la voir, et je tiendrai parole, car je veux encore causer avec elle. J'avais peur de te voir revenir, bien que j'eusse un prétexte tout prêt pour motiver devant Marguerite ma présence chez elle. Je lui ai dit que l'heure du rendez-vous que tu m'avais donné était passée, et que j'étais forcée de m'en aller.

 

«--Tant pis, a-t-elle dit en me baisant les mains; je vous aime bien, vous, et je voudrais causer avec vous toute la journée. Si, au lieu de me prendre d'amour pour Paul, j'avais rencontré une jolie et bonne dame comme vous, qui m'aurait prise avec elle, je serais plus heureuse, et, sans me vanter, pour coudre, ranger vos affaires, vous blanchir, vous servir et _vous faire la conversation_, j'aurais été bonne fille de chambre.

 

»--Ça pourra venir, lui ai-je répondu en riant: qui sait? Si M. Gilbert vous renvoyait, je vous prendrais volontiers à mon service.»

 

Le mot _renvoyer_ a frappé un peu plus fort que je ne l'eusse souhaité. Elle s'est récriée, et un instant j'ai cru que notre amitié allait se changer en aversion. Elle est violente, la chère petite; mais j'ai su étouffer l'explosion en lui disant:

 

«--Je vois bien que vous n'êtes pas de ces personnes qu'on renvoie; mais il y a manière d'éloigner les personnes fières: quelquefois un mot blessant suffit.

 

»--Vous avez raison; mais jamais Paul ne me dira ce mot-là. Il a le coeur trop grand. Il n'aurait qu'une manière de me renvoyer, comme vous dites: c'est de me faire voir qu'il serait malheureux avec moi; alors je n'attendrais pas mon congé, je le prendrais.

 

»--Et l'enfant, qu'en feriez-vous?

 

»--Oh! l'enfant, il ne voudrait pas me le laisser, il l'aime trop!

 

»--Est-ce qu'il l'a reconnu?

 

»--Bien sûr qu'il l'a reconnu, même qu'il l'a fait inscrire fils de mère inconnue, afin que ma famille, qui est mauvaise, n'ait jamais de droits: sur lui.

 

»--Alors vous n'en avez pas non plus sur votre enfant? Vous le perdriez en vous séparant de M. Gilbert?

 

«--C'est cela qui me retiendrait auprès de lui, si je m'y trouvais malheureuse, mais s'il était malheureux lui, mon pauvre Paul, je lui laisserais son Pierre,... et je n'irais pas vous trouver, ma petite dame, je n'aurais plus besoin de rien. Je m'en irais mourir de chagrin dans un coin....»

 

Voilà sur quelles conclusions nous nous sommes séparées.

 

--Fort bien, et après cela tu as été réfléchir au bois de Boulogne; peut-on savoir ta conclusion, à toi?

 

--La voici: Paul me convient tout à fait, je l'aime, et c'est le mari qu'il me faut.

 

--Sauf à faire