: Victor Hugo
: 14 Livres
: Seltzer Books
: 9781455393404
: 1
: CHF 0.10
:
: Erzählende Literatur
: French
: 5561
: DRM
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: ePUB

'Ce dossier comprend: Han d'Islande (1823), Le Dernier jour d'un condamné (1829), Hernani, drame (1830), Notre-Dame de Paris (1831), Le Roi s'amuse, drame (1832) , Littérature et philosophie mêlées (1834), La Esmeralda, livret (1836), Napoléon le Petit (1852), Les Contemplations, poèmes (1856), La Légende des siècles (1859-1883), Les Misérables (1862) qui Rit (1869), Quatrevingt-treize (1874), et Actes et Paroles (1875-1876) Selon Wikipédia: '' Victor-Marie Hugo (26 février 1802 - 22 mai 1885) était un poète, dramaturge, romancier français , essayiste, plasticien, homme d'État, militant des droits de l'homme et représentant du mouvement romantique en France, la renommée littéraire de Hugo vient en premier lieu de sa poésie mais repose aussi sur ses romans et ses réalisations dramatiques. et La Légende des siècles sont particulièrement estimés, et Hugo est parfois considéré comme le plus grand poète français. Les œuvres les plus connues sont les romans Les Misérables et Notre-Dame de Paris (connus aussi en anglais sous le titre Le Bossu de Notre Dame). Bien que royaliste conservateur engagé lorsqu'il était jeune, Hugo devint plus libéral au fil des décennies; il est devenu un partisan passionné du républicanisme et son travail touche à la plupart des questions politiques et sociales et aux tendances artistiques de son temps. Il est enterré au Panthéon. ''

 


On eût dit que toutes les passions avaient agité

 son coeur, et que toutes l'avaient abandonné; il

 ne lui restait rien que le coup d'oeil triste et

 perçant d'un homme consommé dans la connaissance

 des hommes, et qui voyait, d'un regard, où tendait

 chaque chose.

 

SCHILLER, les Visions.

 

 Quand, après avoir fait parcourir à l'étranger les escaliers en spirale et les hautes salles du donjon du Lion de Slesvig, l'huissier lui ouvrit enfin la porte de l'appartement où se trouvait celui qu'il cherchait, la première parole qui frappa les oreilles du jeune homme fut encore celle-ci:--Est-ce enfin le capitaine Dispolsen?

 

Celui qui faisait cette question était un vieillard assis le dos tourné à la porte, les coudes appuyés sur une table de travail et le front appuyé sur ses mains. Il était revêtu d'une simarre de laine noire, et l'on apercevait, au-dessus d'un lit placé à une extrémité de la chambre, un écusson brisé autour duquel étaient suspendus les colliers rompus des ordres de l'Éléphant et de Dannebrog; une couronne de comte renversée était fixée au-dessous de l'écusson, et les deux fragments d'une main de justice liés en croix complétaient l'ensemble de ces bizarres ornements.--Le vieillard était Schumacker.

 

--Non, seigneur, répondit l'huissier; puis il dit à l'étranger: Voici le prisonnier; et, les laissant ensemble, il referma la porte, avant d'avoir pu entendre la voix aigre du vieillard, qui disait: Si ce n'est pas le capitaine, je ne veux voir personne.

 

L'étranger, à ces mots, resta debout près de la porte; et le prisonnier, se croyant seul,--car il ne s'était pas un moment détourné,--retomba dans sa silencieuse rêverie.

 

Tout à coup il s'écria:--Le capitaine m'a certainement abandonné et trahi! Les hommes.... les hommes sont comme ce glaçon qu'un Arabe prit pour un diamant; il le serra précieusement dans son havre-sac, et quand il le chercha, il ne trouva même plus un peu d'eau.

 

--Je ne suis pas de ces hommes, dit l'étranger.

 

Schumacker se leva brusquement.--Qui est ici? qui m'écoute? Est-ce quelque misérable suppôt de ce Guldenlew?

 

--Ne parlez point mal du vice-roi, seigneur comte.

 

--Seigneur comte! est-ce pour me flatter que vous m'appelez ainsi? Vous perdez vos peines; je ne suis plus puissant.

 

--Celui qui vous parle ne vous a jamais connu puissant, et n'en est pas moins votre ami.

 

--C'est qu'il espère encore quelque chose de moi; les souvenirs que l'on conserve aux malheureux se mesurent toujours aux espérances qui en restent.

 

--C'est moi qui devrais me plaindre, noble comte; car je me suis souvenu de vous, et vous m'avez oublié. Je suis Ordener.

 

Un éclair de joie passa dans les tristes yeux du vieillard, et un sourire qu'il ne put réprimer entr'ouvrit sa barbe blanche, comme le rayon qui perce un nuage.

 

--Ordener! soyez le bienvenu, voyageur Ordener. Mille voeux de bonheur au voyageur qui se souvient du prisonnier!

 

--Mais, demanda Ordener, vous, m'aviez donc oublié?

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