: Victor Hugo
: Les Contemplations
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Poésie classique, dans le français original. Selon Wikipedia: 'Victor-Marie Hugo (26 février 1802 - 22 mai 1885) était un poète, dramaturge, romancier, essayiste, artiste visuel, homme d'État, militant des droits de l'homme et représentant du mouvement romantique en France. La renommée littéraire vient d'abord de sa poésie, mais repose aussi sur ses romans et ses réalisations dramatiques Parmi les nombreux volumes de poésie, Les Contemplations et La Légende des siècles sont particulièrement estimés et Hugo est parfois identifié comme le plus grand poète français. La France, ses œuvres les plus connues sont les romans Les Misérables et Notre-Dame de Paris (connu aussi en anglais sous le titre de Le Bossu de Notre-Dame), bien que conservateur conservateur dans sa jeunesse, Hugo devint plus libéral au fil des décennies. il est devenu un partisan passionné du républicanisme et son travail touche à la plupart des questions politiques et sociales et aux tendances artistiques de son temps: il est enterré au Panthéon.

II  MELANCHOLIA


 

Écoutez. Une femme au profil décharné,

Maigre, blême, portant un enfant étonné,

Est là qui se lamente au milieu de la rue.

La foule, pour l'entendre, autour d'elle se rue.

Elle accuse quelqu'un, une autre femme, ou bien

Son mari. Ses enfants ont faim. Elle n'a rien;

Pas d'argent; pas de pain; à peine un lit de paille.

L'homme est au cabaret pendant qu'elle travaille.

Elle pleure, et s'en va. Quand ce spectre a passé,

O penseurs, au milieu de ce groupe amassé,

Qui vient de voir le fond d'un coeur qui se déchire,

Qu'entendez-vous toujours? Un long éclat de rire.

 

Cette fille au doux front a cru peut-être, un jour,

Avoir droit au bonheur, à la joie, à l'amour.

Mais elle est seule, elle est sans parents, pauvre fille!

Seule!--n'importe! elle a du courage, une aiguille!

Elle travaille, et peut gagner dans son réduit,

En travaillant le jour, en travaillant la nuit,

Un peu de pain, un gîte, une jupe de toile.

Le soir, elle regarde en rêvant quelque étoile,

Et chante au bord du toit tant que dure l'été.

Mais l'hiver vient. Il fait bien froid, en vérité,

Dans ce logis mal clos tout en haut de la rampe;

Les jours sont courts, il faut allumer une lampe;

L'huile est chère, le bois est cher, le pain est cher.

O jeunesse! printemps! aube! en proie à l'hiver!

La faim passe bientôt sa griffe sous la porte,

Décroche un vieux manteau, saisit la montre, emporte

Les meubles, prend enfin quelque humble bague d'or;

Tout est vendu! L'enfant travaille et lutte encor;

Elle est honnête; mais elle a, quand elle veille,

La misère, démon, qui lui parle à l'oreille.

L'ouvrage manque, hélas! cela se voit souvent.

Que devenir? Un jour, ô jour sombre! elle vend

La pauvre croix d'honneur de son vieux père, et pleure;

Elle tousse, elle a froid. Il faut donc qu'elle meure!

A dix-sept ans! grand Dieu! mais que faire?...--Voilà

Ce qui fait qu'un matin la douce fille alla

Droit au gouffre, et qu'enfin, à présent, ce qui monte

A son front, ce n'est plus la pudeur, c'est la honte.

Hélas, et maintenant, deuil et pleurs éternels!

C'est fini. Les enfants, ces innocents cruels,

La suivent dans la rue avec des cris de joie.

Malheureuse! elle traîne une robe de soie,

Elle chante, elle rit... ah! pauvre âme aux abois!

Et le peuple sévère, avec sa grande voix,

Souffle qui courbe un homme et qui brise une femme,

Lui dit quand elle vient: «C'est toi? Va-t'en, infâme!»

 

Un homme s'est fait riche en vendant à faux poids;

La loi le fait juré. L'h