: Victor Hugo
: Han d'Islande
: Seltzer Books
: 9781455355198
: 1
: CHF 0.10
:
: Erzählende Literatur
: French
: 656
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Roman classique, d'abord publié en 1823, en français original. Selon Wikipedia: 'Victor-Marie Hugo (26 février 1802 - 22 mai 1885) était un poète, dramaturge, romancier, essayiste, artiste visuel, homme d'État, militant des droits de l'homme et représentant du mouvement romantique en France. La renommée littéraire vient d'abord de sa poésie, mais repose aussi sur ses romans et ses réalisations dramatiques Parmi les nombreux volumes de poésie, Les Contemplations et La Légende des siècles sont particulièrement estimés et Hugo est parfois identifié comme le plus grand poète français. La France, ses œuvres les plus connues sont les romans Les Misérables et Notre-Dame de Paris (connu aussi en anglais sous le titre de Le Bossu de Notre-Dame), bien que conservateur conservateur dans sa jeunesse, Hugo devint plus libéral au fil des décennies. il est devenu un partisan passionné du républicanisme et son travail touche à la plupart des questions politiques et sociales et aux tendances artistiques de son temps: il est enterré au Panthéon.

 XII


 

... L'homme qui est en ce moment assis près de

 lui, qui rompt avec lui son pain et boit à sa

 santé la coupe qu'ils ont partagée ensemble, sera

 le premier à l'assassiner.

 

  SHAKESPEARE, Timon d'Athènes.

 

 Que le lecteur se transporte maintenant sur la route de Drontheim à Skongen, route étroite et pierreuse qui côtoie le golfe de Drontheim jusqu'au hameau de Vygla, il ne tardera pas à entendre les pas de deux voyageurs qui sont sortis de la porte dite de Skongen à la chute du jour, et montent assez rapidement les collines étagées sur lesquelles serpente le chemin de Vygla.

 

Tous deux sont enveloppés de manteaux. L'un marche d'un pas jeune et ferme, le corps droit et la tête levée; l'extrémité d'un sabre dépasse le bord de son manteau, et, malgré l'obscurité de la nuit, on peut voir une plume se balancer au souffle du vent sur sa toque. L'autre est un peu plus grand que son compagnon, mais légèrement voûté; on voit sur son dos une bosse, formée sans doute par une besace que cache un grand manteau noir dont les bords profondément dentelés annoncent les bons et loyaux services. Il n'a d'autre arme qu'un long bâton dont il aide sa marche inégale et précipitée.

 

Si la nuit empêche le lecteur de distinguer les traits des deux voyageurs, il les reconnaîtra peut-être à la conversation que l'un d'eux entame après une heure de route silencieuse, et par conséquent ennuyeuse.

 

--Maître! mon jeune maître! nous sommes au point d'où l'on aperçoit à la fois la tour de Vygla et les clochers de Drontheim. Devant nous, à l'horizon, cette masse noire, c'est la tour; derrière nous; voici la cathédrale, dont les arcs-boutants, plus sombres encore que le ciel, se dessinent comme les côtes de la carcasse d'un mammouth.

 

--Vygla est-il loin de Skongen? demanda l'autre piéton.

 

--Nous avons l'Ordals à traverser, seigneur; nous ne serons pas à Skongen avant trois heures du matin.

 

--Quelle est l'heure qui sonne en ce moment?

 

--Juste Dieu, maître! vous me faites trembler. Oui, c'est la cloche de Drontheim, dont le vent nous apporte les sons. Cela annonce l'orage. Le souffle du nord-ouest amène les nuages.

 

--Les étoiles, en effet, ont toutes disparu derrière nous.

 

--Doublons le pas, mon noble seigneur, de grâce. L'orage arrive, et peut-être s'est-on déjà aperçu à la ville de la mutilation du cadavre de Gill et de ma fuite. Doublons le pas.

 

--Volontiers. Vieillard, votre fardeau paraît lourd; cédez-le-moi, je suis jeune et plus vigoureux que vous.

 

--Non, en vérité, noble maître; ce n'est point à l'aigle à porter l'écaille de la tortue. Je suis trop indigne que vous vous chargiez de ma besace.

 

--Mais, vieillard, si elle vous fatigue? Elle paraît pesante. Que contient-elle donc? Tout