: Jules Verne
: Un Billet de Loterie
: Seltzer Books
: 9781455350537
: 1
: CHF 0.10
:
: Erzählende Literatur
: French
: 436
: DRM
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB

Roman d'aventure classique, en français original. Selon Wikipédia: «Jules Gabriel Verne (8 février 1828 - 24 mars 1905) est un auteur français qui a été le pionnier du genre de la science-fiction, notamment des romans comme Voyage au centre de la terre (1864), Vingt mille lieues sous la mer (1870) et autour du monde en quatre-vingts jours (1873) Verne a écrit sur l'espace, l'air et les voyages sous-marins avant que les voyages aériens et les sous-marins pratiques soient inventés. Selon Index Translationum, il est le troisième auteur le plus traduit au monde, certains de ses livres ont été transformés en films ... Verne, avec HG Wells, est souvent surnommé le «père de la science-fiction».

Chapitre 14


 

Le jour même où Sylvius Hog avait quitté Bergen, une scène grave s'était passée dans l'auberge de Dal.

 

Après le départ du professeur, on eût dit que le bon génie de Hulda et de Joël avait emporté, avec son dernier espoir, toute la vie de cette famille. C'était comme une maison morte que Sylvius Hog laissait derrière lui.

 

Pendant ces deux jours, d'ailleurs, aucun touriste ne vint à Dal. Joël n'eut donc point l'occasion de s'absenter, et il put rester près de Hulda qu'il eût été très anxieux de laisser seule.

 

En effet, dame Hansen était de plus en plus dominée par ses secrètes inquiétudes. Elle semblait s'être détachée de tout ce qui touchait ses enfants, même de la perte du _Viken. _Elle vivait à l'écart, retirée dans sa chambre, ne se montrant qu'aux heures des repas. Mais, quand elle adressait la parole à Hulda ou à Joël, c'était toujours pour leur faire des reproches directs ou indirects au sujet du billet de loterie, dont ils ne voulaient à aucun prix se défaire.

 

C'est que les offres n'avaient cessé de se produire. Il en arrivait de tous les coins du monde. C'était comme une folie qui s'était emparée de certains cerveaux. Non! Il n'était pas possible qu'un pareil billet ne fût pas prédestiné à gagner le lot de cent mille marks. Il semblait qu'il n'y eût qu'un seul numéro dans cette loterie, et ce numéro, c'était le 9672! En somme, l'Anglais de Manchester et l'Américain de Boston tenaient toujours la corde. L'Anglais en était arrivé à distancer son rival de quelques livres. Mais, à son tour il fut bientôt dépassé de plusieurs centaines de dollars. La dernière surenchère était de huit mille marks -- ce qui ne pouvait s'expliquer que par une véritable monomanie, à moins qu'il ne s'agît là d'une question d'amour-propre entre l'Amérique et la Grande-Bretagne.

 

Quoi qu'il en soit, Hulda répondait négativement à toutes ces propositions, si avantageuses qu'elles fussent -- ce qui finit par provoquer les plus amères récriminations de dame Hansen.

 

-- Et si je t'ordonnais de céder ce billet! dit-elle un jour à sa fille. Oui! si je te l'ordonnais!

 

-- Ma mère, je serais désespérée, mais il me faudrait vous répondre par un refus!

 

-- Et s'il le fallait, cependant!

 

-- Pourquoi le faudrait-il? demanda Joël. Dame Hansen ne répliqua rien. Elle était devenue toute pâle devant cette question nettement posée, et elle se retira en murmurant d'inintelligibles parol