: Marie Darrieussecq
: Nicolas Ehler
: Hausbesuch. Naples-Dresde en Europe (Neapel-Dresden in Europa, Nápoles-Dresde en Europa, Napoli-Dresda in Europa, Napels - Dresden in Europa, Nápoles-Dresden na Europa)
: Frohmann Verlag
: 9783947047000
: 1
: CHF 2.70
:
: Europa
: Dutch
: 202
: kein Kopierschutz
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
Pendant plus de sept mois, ce projet du Goethe-Institut a mis en contact dix écrivains connus, de sept pays différents (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Luxembourg, Portugal) avec des personnes, dans l'intimité de leur foyer. Il revenait ensuite aux écrivains de raconter par l'écriture les expériences qu'ils avaient vécues. C'est ainsi que dix miniatures littéraires ont vu le jour : Marie Darrieussecq se demande pourquoi elle a trouvé à Dresde une pizzeria appelée Napoli mais aucun restaurant à Naples s'appelant Dresden. Über sieben Monate hinweg brachte das vom Goethe-Institut initiierte Projekt zehn bekannte Autorinnen und Autoren aus den Ländern Portugal, Spanien, Frankreich, Luxemburg, Belgien, Italien und Deutschland mit Privatleuten ins Gespräch. So sind zehn literarische Miniaturen entstanden: Marie Darrieussecq stellt sich die Frage, warum sie in Dresden eine Pizzeria Napoli findet, bei ihrer Reise in Neapel hingegen kein Restaurant, das nach Dresden benannt ist. A lo largo de siete meses, el proyecto impulsado por el Goethe-Institut ha invitado a diez escritores reconocidos de Portugal, España, Francia, Luxemburgo, Bélgica, Italia y Alemania a encontrarse con ciudadanos de estos países. El resultado fueron diez miniaturas literarias: Marie Darrieussecq se pregunta por qué encuentra en Dresde una pizzería llamada Napoli y, en cambio, en Nápoles no encuentra ningún restaurante que deba su nombre a Dresde. Per sette mesi, il progetto avviato dal Goethe-Institut ha permesso a dieci autrici e autori noti - provenienti dal Portogallo, dalla Spagna, dalla Francia, dal Lussemburgo, dal Belgio, dall'Italia e dalla Germania - di incontrare e parlare con molti privati cittadini. Così si sono delineate dieci miniature letterarie: Marie Darrieussecq si è chiesta invece perché a Dresda c'è una Pizzeria Napoli mentre a Napoli non esiste alcun Ristorante Dresda. Dit project, een initiatief van het Goethe-Institut, bracht over een periode van zeven maanden tien bekende schrijfsters en schrijvers uit Portugal, Spanje, Frankrijk, Luxemburg, België, Italië en Duitsland met mensen in gesprek. Op die manier ontstonden tien literaire miniaturen: Marie Darrieussecq vraagt zich af waarom ze in Dresden wel een Pizzeria Napoli vindt, maar op reis in Napels geen restaurant dat naar Dresden vernoemd is ... Durante sete meses, o projecto da iniciativa do Goethe-Institut levou dez autoras e autores conhecidos, vindos de Portugal, Espanha, França, Luxemburgo, Bélgica, Itália e Alemanha, para encontros com pessoas comuns. Surgiram assim dez miniaturas literárias: Marie Darrieussecq pergunta-se por que razão encontra uma Pizzeria Napoli em Dresden, mas em contrapartida, na viagem a Nápoles, não encontra nenhum restaurante com Dresden no nome.

Marie Darrieussecq
Naples-Dresde en Europe


« Naples est une Pompéi qui n’a jamais été ensevelie. »
Curzio Malaparte

« Dresde est une Pompéi moderne. »
Victor Klemperer

 

 

C’estla Peau, de Malaparte, qui m’a donné ma première idée de la guerre. Ce livre était dans la bibliothèque de mes parents. Je l’ai pris à cause du titre peut-être, j’avais quoi, quatorze ans ? Il y avait le Liban en guerre à la télé mais je ne comprenais pas. Avec Malaparte la guerre est restée en moi liée à la faim, à la maladie, à la prostitution, et aussi, plus bizarrement, à des animaux marins qui peuplaient les grottes en Méditerranée.

« Qu’importe l’âme désormais ? Il n’y a que la peau qui compte. »1 Je viens de le relire, plus de trente ans après, invitée à Naples pour le projetHausbesuch. Ce projet propose à des écrivains de se rendre dans deux villes en Europe, une allemande, l’autre ailleurs. J’ai choisi Naples et Dresde, intuitivement. Le projet m’accordait la magie de bâtir un viaduc mental entre deux villes. De les relier par un pont et de les poser comme deux capitales d’un texte à écrire. Dresde, Naples. Géographie européenne.

Entre les deux, Gernika. Au large, Hiroshima.

J’avais passé l’été à lire le journal de Klemperer. Victor Klemperer était un intellectuel juif allemand de Dresde2. Son journal court de 1933 à sa mort en 1960. Klemperer, sous le Troisième Reich, est frappé par les lois anti-juives. Il perd son poste de professeur en 1935, est interdit de tramway, de conduire, de cinéma, de bibliothèque, de vivre dans sa maison et même d’avoir un chat. Avec sa femme Eva, qui n’est pas juive, ils tombent dans une sorte de limbe nazie sur le statut des “couples mixtes”.

Pendant ce temps, sur les parapets de Naples, Malaparte songe à l’Europe. Il contemple ce qu’il appelle la « peste » : la vente de tous par tous pour survivre, sous la cendre d’un Vésuve moral. Il songe au Christ qui était napolitain et prêchait non la solidarité, mais la pitié. Il fait référence à Rimbaud et à sonBateau ivre : « Je r